Le Journal de Quebec

Un film prévisible et peu convaincan­t

- ISABELLE HONTEBEYRI­E

Refonte du long métrage argentin Corazón de León, de Marcos Carnevale, Un homme à la hauteur ne convainc pas, l’histoire étant bien mal servie par les effets spéciaux.

Diane (Virginie Efira), belle avocate en pleine rupture – depuis trois ans! – d’avec Bruno (Cédric Kahn), également son associé, reçoit un coup de fil. Un inconnu a retrouvé son téléphone cellulaire dans un restaurant. Charmant (et charmeur), aimable, attentif, l’homme lui propose une rencontre pour lui rendre son appareil. Séduite et intriguée, elle accepte.

Or, Alexandre (Jean Dujardin) ne mesure qu’1 m 36 (soit environ 4,5 pieds)! Par contre, en personne, il se révèle tout aussi gen- til et intéressan­t qu’au téléphone et Diane accepte un autre rendezvous. Au fur et à mesure de ces rendez-vous galants, Diane et Alexandre tombent amoureux l’un de l’autre. Par contre, la jeune femme a du mal à s’adapter à la taille de l’homme qu’elle aime, situation qui la confronter­a à ses préjugés, à ses principes et à ses valeurs.

DES RATÉS

Si l’idée de base ne manque pas de sel et permet de toucher aux thématique­s de l’importance du regard des autres, des attentes dans une relation amoureuse et de l’image physique qu’on se fait de l’homme idéal, la mise en images de cet Homme à la hauteur ne fonctionne pas.

En effet, pour faire de Jean Dujardin un homme de 1,36 m, le cinéaste Laurent Tirard a eu re- cours aux effets spéciaux. Du coup, les proportion­s sont étranges, l’acteur étant donc «rapetissé» en long, comme en large… ce qui ne marche pas du tout! De plus, les gros plans – notamment les scènes de baiser entre les deux comédiens – n’étant pas retouchés, on passe son temps à alterner entre les deux tailles de Jean Dujardin, la «normale» et la plus petite.

Autre inconvénie­nt majeur d’un homme à la hauteur, le fait qu’il est éminemment prévisible, et ce, dès les premières images. Oui, on sait que ce premier coup de téléphone sera suivi d’une histoire d’amour parfaite. On sait que Diane aura du mal à se faire à la taille de son compagnon. On sait également qu’elle luttera contre elle-même et ses préjugés et on sait, bien évidemment, que tout finira bien.

Quelques bons moments s’insinuent çà et là au milieu de cette médiocrité, notamment les conversati­ons émouvantes entre Alexandre et son fils (César Domboy). Dommage!

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Les effets spéciaux utilisés par la production pour rapetisser Jean Dujardin sont loin d’être réussis.

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