Le Journal de Quebec

gros défi pour LES CANADIENNE­S

Elles affrontero­nt les Australien­nes en demi-finale

- Denis Poissant

DEODORO | Un commentate­ur français s’est emporté dans les gradins du stade de Deodoro. «Ce serait inespéré pour cette équipe de France», débitait-il vite dans l’énervement du moment.

C’était l’égalité 5à 5 en deuxième demie du match de quarts de finale entre la France et le Canada. La tension sur le terrain transpirai­t dans tout le stade.

Puis la France a perdu le ballon. Une poussée irrésistib­le de plusieurs joueuses, dont Karen Paquin, a mené à l’essai de la Montréalai­se Bianca Farella, qui brisait l’égalité. Le Canada a ajouté cinq autres points dans les derniers instants pour l’emporter 155 en début de soirée, hier.

Le Canada affrontera l’australie, les championne­s en titre de la Série mondiale de rugby à sept, cet après-midi à 13 h 30 dans une demi-finale qui promet.

«Oui, nous sommes contentes!», a soufflé Paquin en quittant la surface de jeu.

ÉCRASÉEPAR LAGRANDE-BRETAGNE

On peut comprendre son sentiment. C’est qu’en matinée, les filles se sont fait démolir 22-0 par la Grande-bretagne. Tout allait mal. Des passes molles qui bondissaie­nt toujours dans les mains des Anglaises plus affamées, mieux préparées. Ça ne regardait pas bien pour la suite des choses.

«On a fait toutes les erreurs qui étaient possibles, en même temps, explique Paquin. C’est la nature du sept, tu peux échapper un match. N’importe quelle équipe aurait pu nous battre le matin. Ensuite, on a fait un bon debriefing».

«Nous nous sommes calmées et reposées. On a laissé cette mauvaise sortie derrière nous en se concentran­t sur notre préparatio­n. On savait que le match serait très physique et on a bien réagi, cette fois-là.»

L’entraîneur John Tait était satisfait de ses troupes. «Ce n’était pas un manque d’effort contre la Grande-bretagne, mais quand on perdait le ballon, on ne réagissait pas assez vite pour le récupérer, explique-t-il. Contre la France, nous avons été plus alertes».

Avec ses deux victoires faciles en ronde préliminai­re contre le Japon et les Brésil, le Canada s’était automatiqu­ement qualifié pour les quarts de finale. Le duel contre la Grande-bretagne n’était qu’une formalité avant le format éliminatoi­re.

«Dans le fond, ce match contre l’angleterre a été un wake up call, estime Tait. C’est une bonne chose que ce soit arrivé dans une rencontre qui n’avait pas d’enjeu.»

UNE AFFAIRE DE MOMENTUM

Le Canada n’a remporté qu’un seul de ses quatre matchs contre l’australie en 2016, dans la Série mondiale, soit le dernier affronteme­nt entre les deux formations, le 29 mai, une victoire de 29 à 19.

Plus tôt, le Canada avait perdu 26-14 (9 avril), 29-0 (21 février) et 24-14 (20 février).

«Ces filles-là ont beaucoup de talent, ce n’est pas pour rien qu’elles sont les championne­s de la Série mondiale cette saison», dit le pilote des Canadienne­s.

«La clé pour avoir du succès sera d’avoir le ballon dans nos mains. Le rugby à sept, c’est une affaire de momentum. Quand vous l’avez de votre côté, tout fonctionne. Si vous ne l’avez pas, c’est difficile de faire tourner les choses en votre faveur.»

TOUT EST POSSIBLE

C’était tout un match, contre la France, pas de score de fou, cette fois-là. Deux équipes qui bataillent fort, comprenant l’enjeu du moment. Dans des matchs ne durant que 14 minutes, chaque seconde a son importance.

Le Canada a saisi sa chance. Maintenant, tout est possible. Une victoire contre l’australie les propulsera­it en finale, qui sera disputée à 18 h.

En cas de défaite, elles joueraient pour la médaille de bronze, à 17 h 30, contre le perdant de l’autre demi-finale entre la Grande-Bretagne et la Nouvelle-zélande.

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