Les fonds pu­blics pour pré­pa­rer sa dé­fense

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - STÉ­PHA­NIE MAR­TIN

Aus­si­tôt qu’il a su que Le Jour­nal en­quê­tait sur des al­lé­ga­tions de har­cè­le­ment psy­cho­lo­gique le concer­nant, le maire de Lé­vis a pré­pa­ré sa dé­fense aux frais des contri­buables.

Dès le dé­but de 2018, Gilles Le­houillier a mis en place un plan de com­mu­ni­ca­tion.

Aux frais des contri­buables de Lé­vis, il a envoyé des mises en de­meure à d’an­ciennes em­ployées, les avi­sant qu’« il est clai­re­ment in­ter­dit d’uti­li­ser, dif­fu­ser, trans­fé­rer, don­ner, re­pro­duire ou au­tre­ment com­mu­ni­quer à quelque per­sonne que ce soit des ren­sei­gne­ments confi­den­tiels ac­quis dans le cadre de votre em­ploi ». La mis­sive ve­nait de Ri­vard Four­nier, Avo­cats, s’iden­ti­fiant comme « les pro­cu­reurs du ca­bi­net de la mai­rie de la Ville de Lé­vis ».

Les pro­cu­reurs met­taient en de­meure les an­ciennes em­ployées de « nous re­mettre dans les 24 heures de la pré­sente tous les fi­chiers, quels qu’ils soient […] et de n’en conser­ver, sans ex­cep­tion, au­cune co­pie ».

M. Le­houillier a aus­si fait ap­pel à une firme de re­la­tions pu­bliques, tou­jours aux frais des ci­toyens, afin de le conseiller dans la ges­tion de cette crise. Se­lon nos sources, des em­ployés mu­ni­ci­paux ont été avi­sés de se te­nir prêts à ré­agir jour et nuit si la

nou­velle de­vait être pu­bliée.

REN­CONTRES CONVOQUÉES D’UR­GENCE

Se­lon nos in­for­ma­tions, le maire a aus­si avi­sé le di­rec­teur gé­né­ral de la Ville, Si­mon Rous­seau, que di­verses per­sonnes se confiaient au Jour

nal. Deux ren­contres ont ain­si été convoquées d’ur­gence à l’hô­tel de ville.

La pre­mière, sol­li­ci­tée par le maire, a re­grou­pé les membres de son ca­bi­net. La se­conde a été or­ga­ni­sée par M. Rous­seau, qui a convo­qué les hauts fonc­tion­naires. Il a in­vi­té les di­rec­teurs à dire à leurs em­ployés de ne pas hé­si­ter à dé­po­ser des plaintes s’ils ont été té­moins ou vic­times de pro­pos ou de gestes dé­pla­cés.

Hier, M. Rous­seau était en va­cances et c’est Christian Tan­guay, di­rec­teur gé­né­ral ad­joint qui a par­lé au nom de la di­rec­tion gé­né­rale. Il a af­fir­mé que la Ville n’a pas le pou­voir de sus­pendre le maire ou de lui de­man­der de se re­ti­rer. Lé­vis ne compte pas me­ner une en­quête in­terne, mais « col­la­bo­re­ra en­tiè­re­ment » à celle de la CNESST.

La Com­mis­sion mu­ni­ci­pale pour­rait ce­pen­dant être sai­sie d’une plainte pour man­que­ment au code d’éthique. Ce­lui-ci pré­voit à Lé­vis que les membres du con­seil doivent agir avec res­pect en­vers les em­ployés et « faire preuve de ci­vi­li­té, de po­li­tesse ». Les sanc­tions peuvent al­ler de la ré­pri­mande à la sus­pen­sion sans ré­mu­né­ra­tion pen­dant un maxi­mum de 90 jours.

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