En pri­son pour un tex­to au vo­lant

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - DA­VID PRINCE

ROUYN-NO­RAN­DA | Un homme de 30 ans de l’abi­ti­bi se­ra l’un des pre­miers au­to­mo­bi­listes condam­nés à une peine de pri­son pour avoir cau­sé un ac­ci­dent en tex­tant au vo­lant.

Le 26 juillet 2015, Guillaume Cré­peault condui­sait sa Maz­da Pro­té­gé 2001 sur la route 117, dans le quar­tier Évain, à Rouyn-no­ran­da, lors­qu’il a dé­vié de sa voie pour al­ler heur­ter une mo­to qui cir­cu­lait en sens in­verse.

Il rou­lait à ce mo­ment à en­vi­ron 120 km/h dans une zone de 90 km/h. La conduc­trice a su­bi plu­sieurs frac­tures et a fi­na­le­ment dû être am­pu­tée d’une jambe. Près de trois ans plus tard, le 19 juin der­nier, Cré­peault a été re­con­nu cou­pable de né­gli­gence cri­mi­nelle cau­sant des lé­sions.

Il était de re­tour en cour hier pour les ob­ser­va­tions sur la peine.

Après l’im­pact, Cré­peault a ef­fa­cé deux tex­tos en­voyés à 19 h 04 et 19 h 14, mais il n’a pas ef­fa­cé la ré­ponse de sa soeur, re­çue à 19 h 14. L’ap­pel au 911 à la suite de la col­li­sion est aus­si en­tré à 19 h 14.

Pen­dant son pro­cès, Cré­peault avait dit qu’il s’était ran­gé sur l’ac­co­te­ment pour en­voyer les tex­tos à sa soeur et que l’ac­ci­dent s’était pro­duit parce qu’il avait je­té un coup d’oeil à sa fille, assise à l’ar­rière.

Le juge Jean-pierre Ger­vais a es­ti­mé cette ver­sion peu pro­bable en rai­son du peu de temps écou­lé entre l’en­voi de tex­tos, l’ac­ci­dent et l’ap­pel au 911.

Se­lon la pro­cu­reure de la Cou­ronne, Me Émi­lie La­rose, il est très dif­fi­cile de prou­ver qu’une per­sonne tex­tait au vo­lant au mo­ment d’un im­pact. Ce se­rait une des pre­mières fois que le Di­rec­teur des pour­suites cri­mi­nelles et pé­nales (DPCP) réus­sit à ob­te­nir un ver­dict de culpa­bi­li­té.

EX­CUSES

Hier ma­tin, Cré­peault s’est ex­cu­sé à la victime, qui n’était pas pré­sente.

« Je de­mande par­don à cette dame-là. Je m’ex­cuse. [...] J’ai fait du mal à quel­qu’un par ma né­gli­gence », a-t-il dit.

Son avo­cat, An­dré Le­vas­seur, de­mande une peine de 90 jours de dé­ten­tion à pur­ger les wee­kends ain­si que 240 heures de tra­vaux com­mu­nau­taires.

L’avo­cate de la Cou­ronne, Émi­lie La­rose, exige beau­coup plus et de­mande 20 mois de dé­ten­tion.

« Il faut en­voyer un mes­sage clair de dis­sua­sion et de dé­non­cia­tion à la so­cié­té », a-t-elle plai­dé.

Après l’au­dience, l’avo­cate a fait re­mar­quer que très peu de per­sonnes ont éco­pé de peines de pri­son, au Québec, pour né­gli­gence cri­mi­nelle liée au tex­tage au vo­lant.

Le juge Jean-pierre Ger­vais a pris la cause en dé­li­bé­ré et ren­dra sa dé­ci­sion le 11 oc­tobre.

GUILLAUME CRÉ­PEAULT Cou­pable

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