Le­gault a per­du ses re­pères

Le Journal de Quebec - - LA UNE - JONATHANTRUDEAU

Ça ne va pas bien pour Fran­çois Le­gault. Et ce pas­sage à vide sur­vient au pire moment pos­sible, alors que nous sommes en plein mi­lieu de la se­maine la plus cru­ciale de la cam­pagne, voire même de la vie pro­fes­sion­nelle du chef de la CAQ.

AF­FAI­BLI

Pour­tant, j’étais d’avis que Le­gault n’avait pas trop mal fait lors du débat an­glo­phone de lun­di soir. Comme il sor­tait amo­ché de sa ter­rible fin de se­maine, j’au­rais cru qu’il au­rait tré­bu­ché, qu’il au­rait pa­ru af­fai­bli. Ce qui ne fut pas le cas. Il a bien fait l’ob­jet d’at­taques ré­pé­tées et mus­clées de ses ad­ver­saires, mais il n’a pas com­mis d’er­reurs et il a lui-même as­sé­né quelques bons coups à messieurs Couillard et Li­sée.

Non, c’est plu­tôt hier ma­tin, au len­de­main du débat, que la mau­vaise pos­ture de mon­sieur Le­gault m’est ap­pa­rue évi­dente. L’as­pi­rant pre­mier mi­nistre semble avoir per­du ses re­pères. Il n’a plus les bons ré­flexes et il a constam­ment peur de se faire mettre en boîte par les jour­na­listes qui, ad­met­tons-le tout de même, ont flai­ré la bonne af­faire de­puis que Le­gault s’est mis un pied dans la bouche.

CHUTE

Clai­re­ment, on sent que la pé­riode de grâce de la CAQ a abrup­te­ment pris fin. Lorsque vous com­men­cez à dé­bou­ler du som­met d’une mon­tagne, vous pou­vez prendre de la vi­tesse ra­pi­de­ment. Très ra­pi­de­ment. À un point tel que vous ne pou­vez plus vous ar­rê­ter. C’est ce qui est ar­ri­vé à Thomas Mul­cair et au NPD lors de l’élec­tion fé­dé­rale de 2015.

Reste à voir le­quel des trois autres par­tis pour­ra bé­né­fi­cier le plus des dé­boires de la CAQ et en quoi la per­for­mance des chefs au cru­cial débat de TVA ce jeu­di pour­ra faire bou­ger l’ai­guille. Mais une chose est claire. S’il veut réa­li­ser son rêve, Fran­çois Le­gault doit re­trou­ver son équi­libre, et vite.

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