La­beaume est « in­digne » de la fonc­tion de maire

Gos­se­lin en a as­sez de ses at­taques personnelles

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - JEAN-LUC LAVAL­LÉE

Écoeu­ré des in­sultes et at­taques personnelles du maire à son en­droit, Jean-fran­çois Gos­se­lin es­time que Ré­gis La­beaume est in­digne de sa fonc­tion.

Ri­di­cu­li­sé pour une énième fois par le maire, lors de la séance du con­seil mu­ni­ci­pal lun­di, le chef de Qué­bec 21 es­time que le maire est al­lé beau­coup « trop loin », cette fois, en re­met­tant en ques­tion son pas­sé dans le sec­teur pri­vé.

« On doute qu’il a été en affaires le chef de l’op­po­si­tion quand on l’en­tend… On est plusieurs à Qué­bec à dou­ter de ça », avait lar­gué le maire en ré­ponse aux in­ter­ro­ga­tions de M. Gos­se­lin sur l’aide fi­nan­cière ac­cor­dée par la Ville aux en­tre­prises.

Dans la même soi­rée, Ré­gis La­beaume a aus­si ac­cu­sé son vis-à-vis d’être « fake » et de dire « n’im­porte quoi » sur le Mar­ché du Vieux-port. Ses sor­ties cin­glantes lui ont va­lu des re­mon­trances de la pré­si­dente du con­seil, membre de son propre par­ti.

En en­tre­vue avec Le Jour­nal, hier, le chef de Qué­bec 21 n’en re­ve­nait tou­jours pas de la vi­ru­lence des at­taques du maire la veille. Il a rap­pe­lé qu’il était dé­ten­teur d’un MBA, qu’il a dé­jà oeu­vré pour East­man Ko­dak, le Groupe Al­ta-hauts-monts et qu’il a di­ri­gé la cli­nique fa­mi­liale Amis-maux. Il s’est même dit prêt à dé­battre avec le maire de leurs qua­li­tés en­tre­pre­neu­riales res­pec­tives dans un autre fo­rum.

« À COURT D’AR­GU­MENTS »

« Le maire, au lieu d’es­sayer de convaincre les ci­toyens de la per­ti­nence de ses décisions, il est à court d’ar­gu­ments et il décide d’in­sul­ter. Il ra­mène ça dans le personnel. Ce n’est cer­tai­ne­ment pas digne du maire de Qué­bec. Y’a pas une jour­née qui passe sans qu’on s’en fasse par­ler par les ci­toyens », a confié ce­lui qui ré­clame le « re­tour du res­pect » à l’hô­tel de ville de­puis son saut en po­li­tique mu­ni­ci­pale.

« Il a l’air fa­ti­gué, désa­bu­sé, ça n’a plus l’air de lui ten­ter. Est-ce que c’est le man­dat de trop qu’on est en train de vivre ? Quand t’es ren­du à une cer­taine étape dans ta car­rière po­li­tique et que tu re­fuses de ré­pondre à l’op­po­si­tion, aux ci­toyens, aux jour­na­listes, peut-être qu’il est le temps de pas­ser à autre chose », a-t-il mar­te­lé.

LA LI­MITE A ÉTÉ FRAN­CHIE

Son col­lègue de Beau­port, Ste­vens Mé­lan­çon, dé­plore lui aus­si la force de frappe dé­me­su­rée d’un maire qui ne to­lère, se­lon lui, aucune cri­tique.

« Les at­taques personnelles, c’est ren­du loin, ça vient faire quoi à l’hô­tel de ville ? Moi, je ne fouille pas dans son pas­sé d’homme d’affaires. On com­prend la game po­li­tique, mais à un moment donné, il y a une li­mite à ne pas fran­chir et elle est fran­chie de fa­çon très ré­gu­lière par le maire. Il va fal­loir que ça ar­rête. »

Ap­pe­lé à jus­ti­fier ses dures at­taques, le maire a ré­pon­du hier que l’op­po­si­tion le mé­ri­tait « parce qu’on leur ré­pète et qu’ils ne com­prennent pas ». « L’op­po­si­tion, c’est payé pour dire que tout va mal », a-t-il pes­té. – Avec la col­la­bo­ra­tion

de Sté­pha­nie Martin

PHO­TO D’ARCHIVES, JEAN-FRAN­ÇOIS DESGAGNÉS

Le chef de l’op­po­si­tion, Jean-fran­çois Gos­se­lin, dé­plore le com­por­te­ment « ir­res­pec­tueux » et « in­digne » du maire Ré­gis La­beaume à l’hô­tel de ville.

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