« Ça suf­fit, je vais sa­voir ce qui se passe »

Une femme té­moigne au pro­cès de la pous­sière rouge

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - SO­PHIE CÔ­TÉ

Le long com­bat que mène la ci­toyenne Vé­ro­nique La­lande a com­men­cé le 26 oc­tobre 2012, quand elle a consta­té avec stu­peur que son bé­bé de 9 mois avait de la pous­sière rouge jusque dans la bouche.

L’ins­ti­ga­trice du re­cours col­lec­tif contre Ar­ri­mage Qué­bec et le Port de Qué­bec est re­ve­nue sur cette jour­née char­nière, hier, à l’oc­ca­sion de son té­moi­gnage, au troi­sième jour du pro­cès.

« Ça fait six ans que j’at­tends de ra­con­ter cette his­toire, parce qu’il y a plu­sieurs per­sonnes qui l’ont racontée à ma place », a ex­pri­mé avec sa­tis­fac­tion Mme La­lande qui avait, à l’époque, ra­pi­de­ment dé­non­cé cette tem­pête rouge dans les pages du Jour­nal.

« C’EST ROUGE PAR­TOUT »

De­puis leur dé­mé­na­ge­ment deux ans plus tôt dans leur du­plex de la 2e Rue dans le Vieux-li­moi­lou, Mme La­lande et son conjoint étaient très pré­oc­cu­pés par la pré­sence de pous­sière constante, a-t-elle re­la­té. Mais le 26 oc­tobre 2012, l’in­quié­tude a dé­cu­plé quand elle a vu de la pous­sière sur les mains et le vi­sage de son bé­bé as­sis dans sa pous­sette, puis dans sa bouche. En le­vant les yeux au ciel, en pleine rue, elle constate que « c’est le quar­tier qui est rouge, c’est rouge par­tout ».

« Ça suf­fit, ça fait deux ans qu’on se ques­tionne, je vais sa­voir ce qui se passe », a-t-elle dit à son conjoint. Mme La­lande a dé­taillé hier toutes les dé­marches qu’elle a aus­si­tôt en­ta­mées, aler­tant les au­to­ri­tés pu­bliques.

Elle se rap­pelle que la voi­ture d’un tech­ni­cien d’ur­gence-environnement s’est re­cou­verte de pous­sière en plein jour quelques mi­nutes après son ar­ri­vée, comme quoi l’événement « se pas­sait » tou­jours.

Si son conjoint et elle dou­taient que le Port puisse être en cause même s’il avait été évo­qué ce jour-là, ils ont été convain­cus quand ils ont fouillé, le soir, sur le site web du Port, et vu « des im­menses tas de pous­sière ».

« On s’est dit : “C’est tel­le­ment ça.” Là, le ni­veau d’an­xié­té a aug­men­té », a-t-elle sou­te­nu. L’in­quié­tude était vive, alors qu’ils igno­raient tou­jours la na­ture de cette pous­sière.

Son té­moi­gnage se pour­suit au­jourd’hui.

VÉ­RO­NIQUE LA­LANDE Té­moin

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