1000 pintes par mois pour payer la Ville

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - JEAN-LUC LAVALLÉE

Exas­pé­ré par les taxes éle­vées, le pro­prié­taire de L’inox es­time que l’ar­gent de ses 1000 pre­mières pintes de bière, ven­dues chaque mois, s’en va dans les coffres de la Ville.

« C’est ex­ces­si­ve­ment cher… Moi ça me coûte 5200 $ par mois. Les 1000 pre­mières pintes, elles vont à La­beaume. Et là, je ne te parle pas des ma­tières pre­mières [pour fa­bri­quer la bière], je ne te parle pas non plus de l’élec­tri­ci­té ni de mes per­mis d’al­cool », dé­plore Phi­lippe Des­ro­siers, qui a dé­non­cé à plu­sieurs re­prises la si­tua­tion dans les der­nières an­nées.

« Les gens sont “po­gnés” à la gorge, le sa­laire mi­ni­mum a mon­té à 12 $ l’heure, tout coûte plus cher, mais à un mo­ment don­né, je ne peux plus re­fi­ler la fac­ture à mon client », ajoute-t-il.

M. Des­ro­siers dé­plore aus­si l’« achar­ne­ment » de la Ville qui l’a obli­gé à mo­di­fier son pro­jet de ter­rasse, ac­tuel­le­ment en construc­tion, pour qu’il in­tègre de la pierre ori­gi­naire de Saint-marc-des-car­rières, pour des consi­dé­ra­tions pa­tri­mo­niales.

NORMES « AR­CHAÏQUES »

« Juste ça, ça me coûte qua­si­ment 12 000 $ de plus sur un pro­jet de 54 000 $. Ils m’obligent aus­si à mettre des rampes de fer or­ne­men­tal. C’est des pro­blèmes comme ça. Les normes sont ar­chaïques, mais il faut vivre avec. Je l’ai sur le coeur et les taxes, c’est la même af­faire.

« Le maire, il va fal­loir qu’il écoute ses com­mer­çants à un mo­ment don­né. On ne de­mande pas la lune, on ne de­mande pas 50 % de baisse, mais si on avait eu un gel aus­si [comme le sec­teur ré­si­den­tiel], ça au­rait été pas pire. »

Le maire a sou­vent ré­pé­té qu’il n’y avait pas de pro­blème de taxa­tion à Qué­bec pour le sec­teur non ré­si­den­tiel. Le groupe de tra­vail sur l’en­vi­ron­ne­ment éco­no­mique des en­tre­prises, qu’il a lui-même man­da­té, concluait pour­tant en mars der­nier que le far­deau fis­cal des en­tre­prises était dé­jà « suf­fi­sam­ment éle­vé ». M. Jean St-ge­lais, qui pré­si­dait ce groupe, avait in­vi­té la Ville à la pru­dence, mais n’avait pas re­com­man­dé un gel de taxes, es­ti­mant que la si­tua­tion éco­no­mique était « bonne ».

PHI­LIPPE DES­RO­SIERS Pro­prié­taire de L’inox

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