Pré­pa­rez-vous à payer plus cher vos prêts

Le Journal de Quebec - - ARGENT - Sté­phane Des­jar­dins Spé­cia­liste en consom­ma­tion

La Banque du Ca­na­da a aug­men­té son taux di­rec­teur hier, à 1,75 %. Des tas de gens vont souf­frir da­van­tage.

À une époque où un Ca­na­dien sur trois vit d’une paie à l’autre et que le ra­tio d’en­det­te­ment moyen des mé­nages dé­passe 169 % (ils doivent 1,69 $ pour chaque dol­lar ga­gné), chaque aug­men­ta­tion du taux di­rec­teur, aus­si mi­nime soit-elle, a des ré­per­cus­sions dra­ma­tiques pour des cen­taines de mil­liers d’em­prun­teurs.

COMMENT ÇA MARCHE ?

C’est ré­jouis­sant de sa­voir que l’éco­no­mie tourne à plein ré­gime et qu’on vit une si­tua­tion de plein em­ploi, n’est-ce pas ? La consé­quence, c’est l’in­fla­tion (une hausse gé­né­ra­li­sée des prix et des sa­laires). Elle joue dans les 2 % de­puis des mois. Or, la Banque du Ca­na­da a la res­pon­sa­bi­li­té de ju­gu­ler l’in­fla­tion pour évi­ter une sur­chauffe de l’éco­no­mie (une in­fla­tion trop éle­vée di­mi­nue le pou­voir d’achat des consom­ma­teurs) en aug­men­tant son taux di­rec­teur. Elle l’a fait cinq fois en 18 mois et a aver­ti que de nou­velles hausses sont presque in­évi­tables.

Le taux di­rec­teur, c’est le taux d’in­té­rêt au­quel les prin­ci­pales ins­ti­tu­tions fi­nan­cières se prêtent de l’ar­gent entre elles pour une jour­née. Nor­ma­le­ment, quand ce taux va­rie, les banques et les caisses po­pu­laires ajustent en consé­quence les taux qu’elles ap­pliquent aux hy­po­thèques et marges de cré­dit de leurs clients. Ça coûte donc plus cher pour em­prun­ter.

MOINS DE FRIC DANS VOS POCHES

Hier, la Banque du Ca­na­da a aug­men­té son taux de 0,25 point de pour­cen­tage. Nor­ma­le­ment, les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières em­boîtent le pas en quelques heures, haus­sant leur taux pré­fé­ren­tiel (qu’elles ac­cordent à leurs meilleurs clients). Le consom­ma­teur moyen, lui, paie un taux ma­jo­ré en fonc­tion de sa cote de cré­dit et de l’état de ses fi­nances per­son­nelles au mo­ment où il a contrac­té son hy­po­thèque, sa marge de cré­dit ou son prêt per­son­nel.

Con­crè­te­ment, une per­sonne qui a un solde de 360 000 $ sur l’hy­po­thèque de son condo, au taux de 4 % amor­ti sur 25 ans, a un paie­ment men­suel de 1893,67 $. Avec une hausse de 0,25 %, son paie­ment passe à 1942,78 $, soit une dif­fé­rence de 49,11 $.

Pour une marge de cré­dit de 30 000 $ à un taux de 10,5 % (échéance de 5 ans), le paie­ment men­suel passe de 641,51 $ à 645,07 $.

Vous es­ti­mez que ces hausses ne sont pas ter­ribles ? Dé­trom­pez-vous. Je connais des con­seillers bud­gé­taires des ACEF qui vont avoir beau­coup de bou­lot dans les pro­chaines se­maines, à épau­ler les gens qui se­ront pris à la gorge parce qu’ils n’ont plus les moyens de rem­bour­ser leurs dettes.

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