... Comme si tu de­vais mou­rir de­main

Le Journal de Quebec - - PAUSE CAFÉ EXTRA - PAR JACQUES LA­FON­TAINE

Un lec­teur, P. Tru­del, dit avoir tou­jours cru que la lo­cu­tion

comme si ne s’em­ployait qu’avec l’im­par­fait ou le plus-que-par­fait de l’in­di­ca­tif. Mais il en ar­rive à se de­man­der si cette règle tient tou­jours : « J’en­tends (presque) tous les jours des com­men­ta­teurs nous as­sé­ner des phrases comme “il joue comme s’il s’en­traîne tous les jours”, “il agit comme s’il a 20 ans” », se dé­so­let-il. L’em­ploi du pré­sent de l’in- di­ca­tif avec l’ex­pres­sion comme

si se­rait-il de­ve­nu cor­rect ? Non. La lo­cu­tion conjonc­tive comme

si s’em­ploie avec l’im­par­fait de l’in­di­ca­tif pour ex­pri­mer la si­mul­ta­néi­té et avec le plusque-par­fait (de l’in­di­ca­tif) pour ex­pri­mer l’an­té­rio­ri­té : il joue comme s’il s’en­traî­nait tous les jours ; il a joué comme s’il s’était en­traî­né tous les jours. Dans le lan­gage (très… trop) soi­gné, on pour­rait rem­pla­cer le plusque-par­fait de l’in­di­ca­tif par le plus-que-par­fait du subjonctif et s’en­far­ger (qué­bé­cisme un peu tré­bu­chant) dans une phrase du genre : il joua comme s’il se fût en­traî­né tous les jours. On se re­tient un peu ?

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