L’art dif­fi­cile d’être pa­rent

Le Journal de Quebec - - PSYCHO / LECOURRIER -

De­puis deux ans, je file le par­fait bon­heur avec un nou­veau conjoint qui en a rem­pla­cé un autre qui me fai­sait la vie dure de­puis quinze ans. Pas be­soin de vous dire que j’en pro­fite à plein, pour ne pas dire que j’en abuse. Nous sommes dans la jeune soixan­taine et avons en­core de belles an­nées de­vant nous puisque nous sommes en san­té. Je n’ai ja­mais eu d’en­fant, mais lui a un gar­çon de 40 ans qui, jus­qu’à l’an der­nier, tra­vaillait en in­for­ma­tique dans l’une des grandes firmes dans ce do­maine au Qué­bec.

La rai­son pour la­quelle je vous écris est spé­ciale. Ima­gi­nez-vous que son père, avec qui il en­tre­te­nait des re­la­tions étroites, ne par­vient à avoir des nou­velles de lui qu’après de nom­breux ap­pels in­fruc­tueux, mais qu’en plus, ce fils, au­tre­fois ou­vert, n’a rien vou­lu lui dire à pro­pos de son nou­veau tra­vail, à part le fait que ça l’oblige à voya­ger constam­ment. Où et pour­quoi voyage-t-il ? C’est un se­cret to­tal !

Mon conjoint se fait du mau­vais sang avec ça, sur­tout qu’à l’ado­les­cence, son fils avait eu une mau­vaise passe de drogue avec des amis peu re­com­man­dables. Et voi­là que la se­maine der­nière, le fils pro­dige s’est poin­té à la mai­son un soir, en nous di­sant qu’il était de pas­sage à Mon­tréal pour la nuit. Très bien vê­tu et très en forme, il a ac­cep­té notre in­vi­ta­tion à cou­cher.

La soi­rée s’est très bien dé­rou­lée, à part le fait qu’il a de­man­dé à son père de ces­ser de lui po­ser des ques­tions sur son tra­vail et sur ses dé­pla­ce­ments parce que tout ce­la était stric­te­ment confi­den­tiel. Il nous a aus­si an­non­cé qu’il avait chan­gé de té­lé­phone et que dé­sor­mais si nous vou­lions le re­joindre, il fau­drait que nous uti­li­sions son adresse Gmail. Louise, je vous avoue ne plus sa­voir quoi faire pour cal­mer l’an­xié­té de mon conjoint, qui s’in­quiète de l’ave­nir, même de la sur­vie de son fils, et qui ima­gine les pires scé­na­rios. Que nous conseillez-vous de faire ? Belle-mère conta­mi­née par l’an­xié­té

Si vous vou­lez ser­vir à quelque chose dans les cir­cons­tances et le faire ef­fi­ca­ce­ment, il ne faut sur­tout pas vous lais­ser conta­mi­ner par l’an­xié­té am­biante. Il faut gar­der la tête froide au maxi­mum pour désa­mor­cer la mèche al­lu­mée dans la tête de votre conjoint. Et très hon­nê­te­ment, à moins d’en­ga­ger un dé­tec­tive pri­vé pour suivre ce gar­çon, il n’y a rien d’autre à faire que d’at­tendre la suite des choses en es­pé­rant pour le mieux. Comme il est ma­jeur, son père n’a plus au­cun pou­voir sur ses actes.

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