Le se­cret d’une pe­tite ins­ti­tu­tion « tri­co­tée ser­rée » de 250 élèves

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - DAPH­NÉE DION-VIENS

ST-DA­MIEN-DE-BUCKLAND | La com­mu­nau­té « tri­co­tée ser­rée » qui gra­vite au­tour de l’école se­con­daire de Saint-da­mien-de-buckland, dans Bel­le­chasse, per­met à cet éta­blis­se­ment si­tué en mi­lieu dé­fa­vo­ri­sé de se clas­ser par­mi les meilleures écoles pu­bliques de la pro­vince.

Bien loin de la com­pé­ti­tion qui règne entre les éta­blis­se­ments en mi­lieu ur­bain, cette pe­tite école se­con­daire ac­cueille 250 élèves pro­ve­nant de sa propre mu­ni­ci­pa­li­té et des sept écoles pri­maires des vil­lages voi­sins.

On la fré­quente de père en fils et on aime y re­ve­nir: plu­sieurs en­sei­gnants ou membres du per­son­nel sont d’an­ciens élèves. « Quand je suis ar­ri­vé ici, j’ai réa­li­sé à quel point le sen­ti­ment d’ap­par­te­nance à l’école était fort », lance le di­rec­teur, Pa­trick Ga­gnon.

Mi­chel Bra­dette, le con­cierge et sur­veillant d’élèves, en est un bon exemple. Il y a étu­dié pen­dant les an­nées 70 avant d’y tra­vailler de­puis 35 ans. C’est main­te­nant au tour de ses pe­tits-en­fants d’y en­trer chaque ma­tin. « J’ai l’école ta­touée sur le coeur », dit-il.

D’autres profs qui ont adop­té l’école ne veulent plus la quit­ter. « On a des pe­tits groupes, on a le temps de s’oc­cu­per de notre monde », af­firme l’en­sei­gnante Ju­lie Le­mieux.

La com­mu­nau­té et la mu­ni­ci­pa­li­té s’im­pliquent aus­si dans l’école, ce qui a per­mis de dé­ve­lop­per un pro­jet d’ac­ti­vi­tés pa­ra­sco­laires in­ter­gé­né­ra­tion­nel, où ado­les­cents et aî­nés se cô­toient dans des cours de des­sin ou de yo­ga.

SUI­VI PER­SON­NA­LI­SÉ

Au fil des ans, l’école a aus­si mi­sé sur un en­ca­dre­ment aca­dé­mique ser­ré et per­son­na­li­sé. Elle a été l’un des pre­miers éta­blis­se­ments se­con­daires de la com­mis­sion sco­laire à em­bau­cher une or­tho­pé­da­gogue, il y a une di­zaine d’an­nées, ra­conte M. Ga­gnon.

Les en­sei­gnants ont aus­si ra­pi­de­ment adop­té des mé­thodes d’enseignement ef­fi­caces, qui ont fait leurs preuves.

La vi­ta­li­té éco­no­mique de la mu­ni­ci­pa­li­té, avec ses en­tre­prises qui manquent de main-d’oeuvre qua­li­fiée, per­met aus­si à des jeunes d’en­vi­sa­ger un ave­nir à quelques pas de leur école se­con­daire. Plu­sieurs optent pour la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, alors que d’autres ob­tiennent leur di­plôme à l’édu­ca­tion aux adultes.

L’an der­nier, un seul élève a quit­té l’école pour se re­trou­ver sur le mar­ché du tra­vail. « De vrais dé­cro­cheurs, on n’en a pas vrai­ment », lance la conseillère en orien­ta­tion Chan­tale La­chance, qui est aus­si une an­cienne élève de l’école.

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