La­beaume dé­fend Do­rion et s’en prend aux mé­dias

Le maire les ac­cuse de vou­loir « cas­ser » les po­li­ti­ciens

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - STÉ­PHA­NIE MAR­TIN

Le maire de Qué­bec conseille à Ca­the­rine Do­rion de « res­ter elle-même » et en pro­fite pour écor­cher les mé­dias, qu’il ac­cuse de vou­loir « cas­ser » les po­li­ti­ciens.

Ré­gis La­beaume a croi­sé briè­ve­ment la dé­pu­tée de Ta­sche­reau, jeu­di, après qu’elle eut com­pa­ré le troi­sième lien à une ligne de coke, dans une vi­déo qui a ob­te­nu un vif suc­cès sur les ré­seaux so­ciaux.

Il lui a don­né un con­seil. « J’ai dit à Ca­the­rine de conti­nuer à es­pé­rer et de conti­nuer à être elle-même. [...] Je lui ai dit : “Tiens-toi de­bout et as­sume” », a-t-il ré­vé­lé lors d’une mê­lée de presse hier.

Le maire a même cor­ri­gé un homme âgé qui as­sis­tait à la sor­tie mé­dia­tique et qui a dit à voix basse qu’elle était « po­pu­liste ». « Non, ce n’est pas une po­pu­liste », a cou­pé M. La­beaume. « C’est quel­qu’un qui est ex­tra », au sens d’« ex­tra­ver­tie ».

Il n’a pas vou­lu com­men­ter les pro­pos qui ont tant fait ja­ser, mais il s’est li­vré à une cri­tique en règle des mé­dias.

« Les mé­dias vont réus­sir à la cas­ser, Ca­the­rine. C’est ça qui va ar­ri­ver. Comme les mé­dias ar­rivent à cas­ser tous les po­li­ti­ciens du Qué­bec. Vous faites votre job. Les mé­dias veulent des gens ori­gi­naux, avec des idées et qui sont dif­fé­rents. [...] Il peut-tu y en avoir une couple qui soient un peu dif­fé­rents ? »

Il af­firme ne pas vou­loir se lan­cer dans la po­lé­mique, « parce que ça va réus­sir à cas­ser Ca­the­rine un peu plus ».

APPROUVÉE PAR QS

En jour­née hier, le par­ti Qué­bec so­li­daire (QS) a confir­mé avoir ap­prou­vé la vi­déo avant sa dif­fu­sion. La porte-pa­role Sté­pha­nie Guè­vre­mont sou­tient qu’elle mé­ri­tait d’être ren­due pu­blique, prin­ci­pa­le­ment pour faire connaître la po­si­tion de QS à l’égard du pro­jet de troi­sième lien.

En ma­ti­née, hier, sur les ondes de QUB ra­dio, la dé­pu­tée a ba­layé les cri­tiques et a af­fir­mé qu’elle n’a pas l’in­ten­tion de se confor­mer à ce que l’on at­tend ha­bi­tuel­le­ment des po­li­ti­ciens, peu im­porte ce que les mé­dias et les « trolls » en pensent. Elle per­siste et signe : sa mé­ta­phore était « vrai­ment bonne ».

« Ce qui me fait ca­po­ter, c’est que, parce que je fais de la po­li­tique, je de­vrais être un per­son­nage qui ne s’ex­prime pas fort, qui s’ex­prime avec peu de cou­leur, qui ne bouge pas beau­coup, qui s’ha­bille de fa­çon à ce qu’on ne la re­marque pas trop », a dé­non­cé Mme Do­rion. — Avec la col­la­bo­ra­tion de Ni­cho­las de la Ro­sa

et de Ge­ne­viève La­joie

« J’AI DIT À CA­THE­RINE DE CONTI­NUER À ES­PÉ­RER ET DE CONTI­NUER À ÊTRE ELLE-MÊME. » — Ré­gis La­beaume

La dé­pu­tée Ca­the­rine Do­rion, ici pho­to­gra­phiée le 30 oc­tobre de­vant l’école Car­di­nal-roy, a fait par­ler d’elle jeu­di après avoir com­pa­ré le troi­sième lien à une ligne de coke. En mor­taise, le maire Ré­gis La­beaume a dé­co­ché une flèche aux mé­dias en af­fir­mant que, se­lon eux, « per­sonne n’a le droit d’être dif­fé­rent ». PHO­TOS JEAN-FRAN­ÇOIS DESGAGNÉS ET D’AR­CHIVES SI­MON CLARK

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