QS : piège à cons

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - JO­SEPH FACAL jo­[email protected]­be­cor­me­dia.com

Jus­tin Tru­deau veut aug­men­ter le nombre d’im­mi­grants en­trant au Ca­na­da.

Fran­çois Le­gault veut ré­duire le nombre d’im­mi­grants en­trant au Qué­bec.

Qué­bec so­li­daire vient d’an­non­cer qu’il choi­sis­sait le camp… de Jus­tin Tru­deau. Si ce­la vous étonne, où étiez­vous ces der­nières an­nées ?

TRA­HI­SON

On ap­prend aus­si que QS, qui sou­te­nait, du temps de Fran­çoise Da­vid et Amir Kha­dir, l’in­ter­dic­tion des signes re­li­gieux pour cer­tains agents de l’état, re­con­si­dère cette po­si­tion.

Ce strict mi­ni­mum se­rait dé­jà trop pour la frange mul­ti­cul­tu­ra­liste et fé­dé­ra­liste de ce par­ti sup­po­sé­ment sou­ve­rai­niste, si la sou­ve­rai­ne­té vient ac­com­pa­gnée de 8743 condi­tions.

Pour ceux-là, exac­te­ment comme pour MM. Tru­deau et Couillard, cette in­ter­dic­tion ves­ti­men­taire se­rait une in­to­lé­rable « dis­cri­mi­na­tion », car il fau­drait dis­tin­guer la neu­tra­li­té théo­rique de l’état et l’ap­pa­rence de neu­tra­li­té de ceux qui in­carnent l’état au quo­ti­dien. Ils disent ce­la sé­rieu­se­ment… Certes, QS se dit « in­ter­cul­tu­ra­liste », mais vous at­ten­drez long­temps la dé­mons­tra­tion que son « in­ter­cul­tu­ra­lisme » est autre chose que du mul­ti­cul­tu­ra­lisme au­quel on ajoute la loi 101.

QS est em­blé­ma­tique des di­va­ga­tions de la gauche ra­di­cale mo­derne. Pour sché­ma­ti­ser, pen­dant 150 ans, la gauche ra­di­cale a dé­fen­du la classe ou­vrière.

Un jour, cette gauche ra­di­cale s’est ren­du compte que les ou­vriers ne vou­laient pas li­qui­der les bour­geois. Ils vou­laient de­ve­nir des bour­geois.

Pire, ces ou­vriers vo­taient sou­vent à droite, étaient na­tio­na­listes et ne s’ex­ta­siaient pas de­vant toutes les di­ver­si­tés. En­core plus scan­da­leux, ils ai­maient le sport pro­fes­sion­nel, les té­lé­sé­ries, et le jour­nal que vous avez entre les mains.

Ouache ! Hor­reur ! Sa­cri­lège ! Des gens aus­si dé­plo­rables et ré­ac­tion­naires, aus­si dé­ce­vants, ne mé­ri­taient plus les fa­veurs de la gauche.

Comme il fal­lait ce­pen­dant de nou­velles vic­times au nom des­quelles faire le pro­cès de toute la so­cié­té, on rem­pla­ça l’ou­vrier par la mi­no­ri­té eth­nique, re­li­gieuse ou sexuelle, « sys­té­mi­que­ment op­pri­mée ».

Évi­dem­ment, pour dé­fendre ces nou­velles clien­tèles, il ne fal­lait pas être trop re­gar­dant sur des dé­tails em­bar­ras­sants.

Tant pis si les gens qu’on dé­fend ont par­fois, au nom de la re­li­gion, des po­si­tions mi­so­gynes, ho­mo­phobes, sec­taires, sé­gré­ga­tion­nistes, obs­cu­ran­tistes, et in­to­lé­rantes en­vers ceux dont on exige la to­lé­rance.

COM­PLICE

Dans le cas de QS, cri­ti­quant sans re­lâche la CAQ et le PQ, il est l’al­lié ob­jec­tif des forces qu’il pré­tend com­battre : ceux qui veulent que le Qué­bec rentre com­plè­te­ment dans le moule ca­na­dien, donc les fé­dé­ra­listes et le grand ca­pi­tal mon­dia­li­sé.

Je reste aba­sour­di, si­dé­ré, conster­né de voir avec quelle can­deur le PQ a ac­cep­té d’être l’in­vi­té du dî­ner de cons très par­ti­cu­lier or­ga­ni­sé par QS, qui pro­je­tait de le dé­truire après le des­sert.

La ligne de par­tage des eaux, au Qué­bec, n’est plus, pour l’ave­nir pré­vi­sible, entre la gauche et la droite, entre les fé­dé­ra­listes et les sou­ve­rai­nistes.

Elle op­pose les mul­ti­cul­tu­ra­listes – QS, PLQ, PLC, etc. – à ceux qui croient qu’il y a une spé­ci­fi­ci­té qué­bé­coise à pro­té­ger et une laï­ci­té à af­fir­mer, afin de contri­buer à la vraie di­ver­si­té du monde.

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