Pri­vé de 11 re­pas consé­cu­tifs

L’avo­cate de Claude Guillot dit qu’une telle consé­quence n’est ar­ri­vée qu’une fois

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - SO­PHIE CÔ­TÉ

Claude Guillot a in­fli­gé comme « consé­quence » à un de ses élèves une pri­va­tion de 11 re­pas consé­cu­tifs, en lui don­nant un « sandwich le soir pour pas­ser à tra­vers », mais ça ne s’est ja­mais re­pro­duit, a sou­mis l’avo­cate du pas­teur à l’une des pré­su­mées vic­times.

Me Su­san Cor­ri­veau contre-in­ter­roge Maxime (pré­nom fic­tif) de­puis jeu­di au pro­cès du pas­teur bap­tiste de 68 ans, ac­cu­sé de voies de fait, voies de fait cau­sant des lé­sions et sé­ques­tra­tion à l’en­droit de 6 ex-élèves.

Le frêle jeune homme, au­jourd’hui âgé de 21 ans, a ré­fu­té l’af­fir­ma­tion de l’avo­cate. Il est ca­té­go­rique : Guillot l’a sou­vent pri­vé de plu­sieurs re­pas consé­cu­tifs lors­qu’il avait « une mau­vaise at­ti­tude ». Il s’agis­sait même de « la consé­quence prin­ci­pale » dans son cas. « En 2013, j’ai pas­sé deux ou trois mois avec une tranche de pain au beurre de pea­nuts par re­pas », a-t-il aus­si rap­por­té plus tard.

VI­DÉOS DE GUERRE TRAUMATISANTES

Les ques­tions de Me Cor­ri­veau ont me­né Maxime à ra­con­ter qu’il a été trau­ma­ti­sé, vers l’âge de 12 ans, par les films et sé­ries sur la 2e Guerre mon­diale que leur pré­sen­tait Guillot. Maxime a re­je­té la thèse de Me Cor­ri­veau, qui a sou­te­nu que ces vi­sion­ne­ments vi­saient à leur ap­prendre l’his­toire.

« Il nous mon­trait ça pour nous mon­trer qu’on était lâches, qu’on n’était pas ca­pables de se battre, qu’on ne va­lait pas grand-chose par rap­port à ces hommes-là, qui ont fait des ex­ploits dans l’hu­ma­ni­té », a-t-il lâ­ché.

UNE DOUCHE PAR SE­MAINE

Maxime a aus­si évo­qué que lui et les autres gar­çons de l’école chré­tienne clan­des­tine étaient li­mi­tés à une douche par se­maine, et qu’elle ne de­vait pas ex­cé­der 10 mi­nutes, sous peine d’une consé­quence. « Même si je fai­sais des squats par mil­liers, que la sueur me croû­tait sur la tête, je de­vais prendre mon mal en pa­tience jus­qu’au samedi sui­vant », a-t-il af­fir­mé.

Son contre-in­ter­ro­ga­toire a été sus­pen­du tôt hier après-mi­di, alors qu’il sem­blait ex­té­nué par sa se­maine à la barre des té­moins. Maxime ter­mi­ne­ra son té­moi­gnage le lundi 17 dé­cembre alors que le pro­cès pren­dra une pause de quatre se­maines.

PHO­TO D’AR­CHIVES, SO­PHIE CÔ­TÉ

Claude Guillot au­rait fait su­bir des sé­vices psy­cho­lo­giques et phy­siques à des en­fants que des pa­rents lui avaient confiés.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.