« Il n’y a pas de bonne fa­çon de pas­ser des mau­vaises nou­velles »

Le Journal de Quebec - - ARGENT - SYL­VAIN LAROCQUE

Voi­ci trois ex­traits de notre en­tre­vue avec Alain Bel­le­mare :

N’avez-vous pas man­qué de sen­si­bi­li­té en an­non­çant le li­cen­cie­ment de 2500 tra­vailleurs qué­bé­cois par com­mu­ni­qué, sans vous ex­pri­mer de vive voix en fran­çais ? Je ne pense pas qu’on a man­qué de sen­si­bi­li­té, mais s’il y a cette per­cep­tion-là, j’en suis dé­so­lé. Ce n’était pas l’ob­jec­tif. En ver­tu de nos obli­ga­tions ré­gle­men­taires, nous de­vions d’abord an­non­cer la nou­velle aux mar­chés. Il n’y a pas de bonne fa­çon de pas­ser des mau­vaises nou­velles et c’est avec ça qu’on vit pré­sen­te­ment. Je vais ren­con­trer les em­ployés la se­maine pro­chaine. La réa­li­té, c’est qu’on ne peut pas avoir la même taille. C’est ça qui nous a ame­nés à 9 G$ US de dette. Il faut que la taille de l’en­tre­prise soit ajus­tée à notre ni­veau d’ac­ti­vi­té.

Ne de­vriez-vous pas faire un geste à l’en­droit des Qué­bé­cois en re­non­çant à une par­tie de votre ré­mu­né­ra­tion de 14 M$ ? Je pense que ma ré­mu­né­ra­tion, ce n’est pas le pro­blème. Tout le monde est bien payé chez Bom­bar­dier. Ma ré­mu­né­ra­tion est dé­ci­dée par le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion. Le plus im­por­tant pour moi, c’est de res­ter concen­tré à faire ma job. Quand je fais ma job et que la per­for­mance de l’en­tre­prise est meilleure, c’est meilleur pour tout le monde. Et 80 % de ma ré­mu­né­ra­tion est ba­sée sur la per­for­mance de l’en­tre­prise.

Vous avez mis en jeu l’ave­nir des jets ré­gio­naux CRJ, qui ont long­temps été un pi­lier de Bom­bar­dier. Est-ce que la fin est proche ? On ne veut pas vendre ce pro­gramme, on veut le sau­ver! Mais on perd 2 M$ US pour chaque avion qu’on vend. Ce n’est pas ren­table pour nous et ça fait long­temps. Quand Em­braer est en­tré dans le mar­ché, ç’a été très dur. On a per­du des parts de mar­ché. De­puis que j’en ai par­lé, des clients m’ont ap­pe­lé et m’ont de­man­dé ce qu’on al­lait faire. Je leur ai dit : « On veut le sau­ver le pro­gramme, mais pour ça, on a be­soin de votre ap­pui. On a be­soin de com­mandes! »

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