Des études qui pèsent lourd dans le bud­get des pa­rents

Le Journal de Quebec - - ARGENT - Em­ma­nuelle Gril Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Jo­ce­lyn et Ma­rie sont très fiers de leurs en­fants. Ces deux jeunes adultes ont ter­mi­né leurs études uni­ver­si­taires et volent main­te­nant de leurs propres ailes. Mais à quel prix ?

Car pour leur évi­ter de s’en­det­ter avec des prêts étu­diants ou de de­voir cu­mu­ler de nom­breuses heures de tra­vail, le couple a fi­nan­cé une bonne par­tie de leurs études. Ré­si­dant loin des grands centres ur­bains, ils ont aus­si payé le loyer d’un ap­par­te­ment à proxi­mi­té de l’uni­ver­si­té. Même si Jo­ce­lyn et Ma­rie gagnent un bon sa­laire, il reste que ces trois an­nées d’uni­ver­si­té leur ont coû­té cher – 50 000 $ –, et ce, d’au­tant plus qu’ils les ont lar­ge­ment fi­nan­cées avec du cré­dit.

EXA­MI­NER LES OP­TIONS

À cause de ce lourd far­deau fi­nan­cier, le couple doit dé­bour­ser chaque mois la somme de 1500 $ uni­que­ment pour ef­fec­tuer les paie­ments mi­ni­mums. Ils sont coin­cés dans une spi­rale de l’en­det­te­ment et sont in­ca­pables de faire face à leurs autres dé­penses men­suelles sans em­prun­ter à nou­veau. Pour sa­voir quelles so­lu­tions s’of­fraient à eux, ils ont donc consul­té un syn­dic au­to­ri­sé en in­sol­va­bi­li­té.

« La pre­mière op­tion que l’on consi­dère est la conso­li­da­tion de dettes. Elle consiste à ob­te­nir un prêt de son ins­ti­tu­tion fi­nan­cière afin de rem­bour­ser les dettes d’un coup dans leur in­té­gra­li­té », men­tionne Pierre For­tin, syn­dic au­to­ri­sé en in­sol­va­bi­li­té, pré­sident de Jean For­tin et As­so­ciés.

Cette stra­té­gie per­met de ré­duire les frais de taux d’in­té­rêt – puisque ceux re­liés à un prêt de conso­li­da­tion (12 à 14 %) sont ha­bi­tuel­le­ment moindres que ceux des cartes de cré­dit (en­vi­ron 19 %) –, mais aus­si de ré­duire le nombre de créan­ciers et les risques de dé­ra­page que ce­la im­plique.

PRÊT OU PRO­PO­SI­TION DE CONSOM­MA­TEUR ?

Autre pos­si­bi­li­té : uti­li­ser leur pro­prié­té pour ga­ran­tir l’em­prunt et ré­duire ain­si le taux d’in­té­rêt. En ef­fet, le taux ap­pli­qué à une marge de cré­dit va­rie ha­bi­tuel­le­ment, alors que ce­lui d’un prêt ou d’une marge hy­po­thé­caire est d’en­vi­ron 3,5 %. « Mais en­core faut-il que la va­leur de leur ré­si­dence soit plus éle­vée que le solde de l’hy­po­thèque », re­marque Pierre For­tin.

En­fin, der­nière op­tion pos­sible : la pro­po­si­tion de consom­ma­teur, qui per­met de re­grou­per toutes les dettes en né­go­ciant avec les créan­ciers et de leur of­frir un mon­tant ré­duit. « Cette so­lu­tion est consi­dé­rée si le paie­ment men­suel pour un prêt de conso­li­da­tion est trop éle­vé pour le bud­get, ou lorsque l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière re­fuse le prêt en rai­son d’un trop grand ni­veau d’en­det­te­ment ou d’un dos­sier de cré­dit en­ta­ché », ex­plique Pierre For­tin.

LA SO­LU­TION RE­TE­NUE

Parce que Jo­ce­lyn et Ma­rie ont une bonne équi­té sur leur mai­son, ils pour­ront ga­ran­tir l’em­prunt avec la mai­son et ob­te­nir ain­si un taux d’in­té­rêt ré­duit. Mais at­ten­tion : cette so­lu­tion est in­té­res­sante uni­que­ment si le rem­bour­se­ment est ef­fec­tué ra­pi­de­ment et non pas sur une longue pé­riode, ce qui vien­drait en an­nu­ler les avan­tages.

Avec un taux de 3,5 % sur une dette de 50 000 $, une marge de cré­dit hy­po­thé­caire sur cinq ans re­pré­sente un paie­ment men­suel de 900 $ et 4500 $ en frais d’in­té­rêt. Le couple de­vra se ser­rer la cein­ture, mais beau­coup moins que s’ils avaient dû rem­bour­ser leurs cartes de cré­dit à rai­son de 1500 $ par mois pen­dant neuf ans, et ce, avec des frais d’in­té­rêt to­ta­li­sant 58 000 $ !

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