Avoir du pif pour les af­faires

Au­drey Ber­nard a eu rai­son de per­sé­vé­rer pour mettre sur pied son en­tre­prise Sti­mu­la­tion Dé­jà-vu

Le Journal de Quebec - - ARGENT - SYL­VIE LE­MIEUX

Il y a des mo­ments qui sont dé­ter­mi­nants dans la vie. Pour Au­drey Ber­nard, ce­la a été une ren­contre au­tour d’un ca­fé avec un de ses profs en ma­na­ge­ment à HEC Mon­tréal, Fa­bian Mo­re­no.

Elle a fon­dé une en­tre­prise qui crée des odeurs pour des ex­pé­riences lu­diques et mul­ti­sen­so­rielles. « Il a vu que j’avais le po­ten­tiel pour de­ve­nir en­tre­pre­neure. Il m’a fait réa­li­ser que c’est ce que je vou­lais faire dans la vie », ra­conte la jeune femme qui n’a pas hé­si­té long­temps avant de don­ner sa dé­mis­sion de son poste de fonc­tion­naire à la com­mis­sion sco­laire de Mon­tréal (CSDM), et ce­la même si elle ve­nait tout juste d’ob­te­nir sa per­ma­nence.

« C’était sou­vent long avant de faire abou­tir un pro­jet. J’avais be­soin de faire ar­ri­ver les choses », ra­conte la mère de deux en­fants âgés de 3 et 17 ans.

Avec un par­te­naire, elle se lance donc en af­faires. Un pre­mier pro­jet qui meurt dans l’oeuf. Elle ne re­nonce pas pour au­tant à avoir sa propre en­tre­prise.

« Je n’ai ja­mais pen­sé avoir pris le mau­vais che­min même s’il n’al­lait pas en ligne droite », dit-elle.

Elle a eu rai­son de per­sé­vé­rer. En 2017, elle a fon­dé Sti­mu­la­tion Dé­jà-vu qui connaît un dé­part ca­non.

La jeune en­tre­prise créée des so­lu­tions ol­fac­tives et mul­ti­sen­so­rielles pour des ex­pé­riences client qui sortent de l’or­di­naire.

UN CRÉ­NEAU UNIQUE

Avec son équipe, com­po­sée entre autres de par­fu­meurs, de chi­mistes et de spé­cia­listes du mar­ke­ting ex­pé­rien­tiel, elle concocte des odeurs qui rap­pellent les sous-bois du parc de la Mau­ri­cie, le mar­ché Jean-ta­lon ou Mon­tréal et ses ca­lèches !

« L’odo­rat est le sens le plus puis­sant. Comme il est re­lié aux émo­tions, il a le pou­voir de faire vivre des ex­pé­riences mar­quantes », ex­plique Au­drey Ber­nard, qui a de­puis long­temps dé­ve­lop­pé une pas­sion pour la par­fu­me­rie.

Tous les pro­duits et pro­cé­dés de Sti­mu­la­tion Dé­jà-vu sont éco­res­pon­sables. Ils se pré­sentent sous forme de va­po­ri­sa­teur de poche, de chan­delle ou de ca­non qui lance de fines gou­lettes d’eau par­fu­mée dans l’air. Il y a même une mal­lette ol­fac­tive mu­nie d’un mé­ca­nisme qui dé­gage une odeur quand on la bouge.

Sti­mu­la­tion Dé­jà-vu a aus­si un vo­let san­té qui pour­rait prendre de l’am­pleur. Elle tient no­tam­ment des ate­liers ol­fac­tifs au­près de la So­cié­té Alz­hei­mer.

« Les odeurs font re­mon­ter des sou­ve­nirs à la sur­face. Ce­la per­met de ra­ni­mer les conver­sa­tions entre les pa­tients », ex­plique l’en­tre­pre­neure, qui de­puis le dé­but est as­so­ciée avec un par­te­naire qui la laisse maî­tresse des opé­ra­tions.

DES PRO­JETS QUI SE MUL­TI­PLIENT

En juin der­nier, Sti­mu­la­tion Dé­jà-vu est en­trée à MT Lab, un in­cu­ba­teur d’en­tre­prises dans les do­maines du tou­risme, de la culture et du di­ver­tis­se­ment, qui a pro­pul­sé l’en­tre­prise. Les man­dats se mul­ti­plient pour Au­drey Ber­nard qui est ap­pe­lée à voya­ger beau­coup.

Sti­mu­la­tion Dé­jà-vu a no­tam­ment été em­bau­chée par l’al­liance de l’in­dus­trie tou­ris­tique du Qué­bec pour une créa­tion ol­fac­tive des­ti­née à l’évé­ne­ment Qué­bec ori­gi­nal à Mexi­co! Elle a aus­si me­né un ate­lier lu­dique à ac­ti­va­tion sen­so­rielle à Lyon, en France, pour le Street Food Fes­ti­val.

Avec Tou­risme Mon­tréal, elle est en train de créer un cof­fret ol­fac­tif des odeurs uniques à Mon­tréal pour ai­der à vendre la mé­tro­pole au­près des tou­ristes étran­gers. Il y a même une de­mande pour com­mer­cia­li­ser ce cof­fret. Elle en­vi­sage donc de se lan­cer dans la pro­duc­tion.

Mal­gré ce tour­billon, Au­drey Ber­nard garde la tête bien froide et le cap sur la crois­sance. En un an, elle a dou­blé son chiffre d’af­faires et 2019 s’an­nonce en­core plus pro­met­teuse.

« Il faut de la dé­ter­mi­na­tion, faire les bons choix et sa­voir ra­jus­ter le tir au be­soin, ex­plique-t-elle. En même temps, être en af­faires, c’est tel­le­ment for­ma- teur. Ça me per­met d’évo­luer. Il faut aus­si être “coa­chable” ! J’ai en­core tel­le­ment à ap­prendre. De là l’im­por­tance d’être bien en­tou­rée. »

Jus­qu’à main­te­nant, les ventes ont per­mis de fi­nan­cer le dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­prise qui em­bauche au­jourd’hui cinq per­sonnes en plus de contrac­tuels. Si le pro­jet de com­mer­cia­li­sa­tion du cof­fret ol­fac­tif se concré­tise, elle de­vra tou­te­fois al­ler cher­cher du fi­nan­ce­ment.

PHO­TO BEN PELOSSE

Au­drey Ber­nard, fon­da­trice d’une en­tre­prise spé­cia­li­sée dans les so­lu­tions ol­fac­tives, dans ses bu­reaux de Mon­tréal.

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