LA VALSE DES DÉ­FEN­SEURS

Xa­vier Ouel­let et Mike Reilly se battent pour l’un des der­niers postes à la ligne bleue du Ca­na­dien Jean-fran­çois Chau­mont

Le Journal de Quebec - - SPORTS - l Jf­chau­mont­jdm c jean- fran­cois.chau­mont @que­be­cor­me­dia.com

VAN­COU­VER | Xa­vier Ouel­let n’a pas joué contre les Gol­den Knights de Ve­gas et les Oi­lers d’ed­mon­ton. Mike Reilly a su­bi le même sort lors de la vi­site du Ca­na­dien à Cal­ga­ry. Avec huit dé­fen­seurs en san­té, Claude Ju­lien a ins­tau­ré une com­pé­ti­tion pour les der­niers postes dis­po­nibles à la ligne bleue.

Si Ju­lien parle d’une saine lutte à l’in­terne, cette com­pé­ti­tion a aus­si comme ef­fet d’ap­por­ter une plus grande in­sta­bi­li­té au sein des duos de dé­fen­seurs. De­puis le dé­but de l’an­née, seuls Jeff Pe­try et Jor­die Benn ont en­dos­sé l’uni­forme du CH dans les 19 ren­contres.

« Je suis à l’aise avec la ro­ta­tion, mais en­core là, tu prends des dé­ci­sions ba­sées sur les per­for­mances de cer­tains joueurs, a ra­con­té Ju­lien à la veille du match contre les Ca­nucks à Van­cou­ver, hier. Ça fait de la com­pé­ti­tion in­terne. Je ne veux pas qu’au­cun des joueurs ne de­vienne confor­table. C’est ce qui nous donne une chance de ga­gner. Il n’y a per­sonne qui est à l’écart pen­dant trop long­temps, ce qui n’est pas une mau­vaise chose. »

« Il faut conti­nuer de s’amé­lio­rer du cô­té dé­fen­sif, a ren­ché­ri l’en­traî­neur en chef. Mais aus­si, nos dé­fen­seurs doivent conti­nuer à avoir cette com­pé­ti­tion-là pour faire res­sor­tir le meilleur d’eux-mêmes. »

Dans le jeu de la chaise mu­si­cale, Karl Alz­ner est ce­lui qui s’est re­trou­vé le plus sou­vent sans siège. Il a re­gar­dé 13 des 19 pre­mières ren­contres de la pas­se­relle de presse. Et le re­tour pro­chain du ca­pi­taine Shea We­ber ai­de­ra en­core moins sa cause.

Vic­tor Mete a sau­té son tour à deux re­prises cette sai­son en rai­son d’une bles­sure mi­neure à une main et Noah Juul­sen s’est ab­sen­té pour quatre matchs, deux pour un ma­laise au haut du corps et deux autres fois où le CH di­sait qu’il n’était pas à 100 % et que c’était mieux de faire confiance à un dé­fen­seur en san­té.

OUEL­LET RESTE CALME

Le re­tour en san­té de l’homme en por­ce­laine Da­vid Schlem­ko a bous­cu­lé les plans à la ligne bleue. In­tou­chables de­puis le pre­mier jour du ca­len­drier, Ouel­let et Reilly ont fi­ni par vi­si­ter la pas­se­relle de presse à tour de rôle.

« Ça fait tou­jours mal quand tu te fais dire que tu ne joues pas, a men­tion­né Ouel­let. Il y a tou­jours un pin­ce­ment au coeur. Mais ça fait par­tie de la com­pé­ti­tion et de la réa­li­té d’un ath­lète. Je trouve tou­te­fois que mon jeu a pro­gres­sé de­puis le dé­but du camp. J’en suis fier. Quand je saute sur la glace, j’ai comme dé­sir de m’amé­lio­rer afin d’at­teindre mon réel po­ten­tiel. »

Ouel­let n’a pas mal pris son pur­ga­toire de deux ren­contres dans les gra­dins. Il n’a pas res­sen­ti le même cau­che­mar qu’à sa der­nière sai­son avec les Red Wings de De­troit, alors qu’il a par­ti­ci­pé à seule­ment 45 matchs.

« Ce n’est pas le même sen­ti­ment, a-t-il ré­pon­du. J’ai re­çu une belle oc­ca­sion de jouer ici. Je joue bien de­puis le dé­but de l’an­née, je me sens bien. Mais ça fait par­tie de la bu­si­ness. Il y a des dé­ci­sions que nous ne contrô­lons pas tou­jours. »

TROP DE CHAN­GE­MENTS

Lais­sé de cô­té face aux Flames et tou­jours in­cer­tain de son uti­li­sa­tion contre les Ca­nucks, Reilly n’avait pas pré­vu cette dé­ci­sion de Ju­lien.

« J’étais sous le choc, c’est sûr. Je n’ai pas re­çu de rai­son, mais je sais que je peux cer­tai­ne­ment être meilleur. Je n’ai pas été bon à Ed­mon­ton (-3) et je ne vais pas cri­ti­quer l’ef­fort d’équipe. Moi-même, je n’ai pas été bon. Je ne sais pas quand je vais re­ve­nir, mais quand je vais le faire, je dois haus­ser mon jeu et at­teindre un autre ni­veau. »

Uti­li­sé pour plus de 20 mi­nutes lors des neuf pre­miers matchs de la sai­son, Reilly a per­du de son lustre der­niè­re­ment. Il ca­fouillait plus sou­vent dans son ter­ri­toire. Sans cri­ti­quer Ju­lien, il a re­con­nu que la valse par­mi les duos de dé­fen­seurs lui a fait mal.

« Je crois que oui, a-t-il dit. Les duos de dé­fen­seurs ont chan­gé beau­coup. Il n’y a rien de cou­lé dans le bé­ton. J’ai joué un mo­ment avec Juul­sen, puis il a été re­ti­ré de la for­ma­tion, puis on a joué en­semble à Ed­mon­ton. Ça bouge, il y a des in­cer­ti­tudes, ça crée de la com­pé­ti­tion. »

Au re­tour de We­ber, s’il n’y a pas un bles­sé d’ici là, le por­trait se com­pli­que­ra en­core plus avec neuf dé­fen­seurs. Il y au­ra as­su­ré­ment un homme en trop. Le CH au­ra-t-il l’au­dace de pla­cer Alz­ner au bal­lot­tage et de le ren­voyer à La­val ? La dé­ci­sion fa­cile consis­te­rait à cé­der Mete ou Juul­sen au Ro­cket, mais les deux jeunes ont be­soin de jouer à Mon­tréal pour le bien de leur dé­ve­lop­pe­ment.

PHO­TO D’AR­CHIVES, BEN PELOSSE

Mike Reilly re­con­naît que son ren­de­ment des der­niers matchs n’est pas aus­si bon qu’au dé­but de la sai­son.

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