La vie de couple a-t-elle en­core un ave­nir ?

Le Journal de Quebec - - VIE -

Le mot « cé­li­ba­taire », ce que je suis pré­sen­te­ment, vien­drait d’un mot sans­krit qui si­gni­fie « cas­trat ». C’est-à-dire ce genre d’homme qui n’est pas dans une re­la­tion de couple, dont la mis­sion est de pro­créer. Je sou­ligne qu’à part pour les prêtres et les soeurs, le cé­li­bat était fort mal vu au­tre­fois. C’est pour ça qu’au Qué­bec de ja­dis, on trai­tait les cé­li­ba­taires de vieux gar­çons et de vieilles filles.

Lais­sez-moi vous dire que de nos jours, la réa­li­té est to­ta­le­ment à l’in­verse. Il semble que c’est le fait de vivre à deux, en couple, qui est de­ve­nu vieux jeu, donc à mé­pri­ser. Pour vous en don­ner la preuve évi­dente, je vais vous faire part de mon ex­pé­rience per­son­nelle. Ça fait plus de six mois que je fré­quente as­si­dû­ment les sites de ren­contre et je vous as­sure que je suis amè­re­ment dé­çue du com­por­te­ment des hommes qui sé­vissent sur ces sites.

Ah ! Pas de pro­blème pour me faire in­vi­ter dans leur lit ! Cer­tains en font même leur pas­se­temps fa­vo­ri. Cer­tains tiennent d’ailleurs un agen­da dé­taillé de leurs conquêtes et s’en font une gloire. Mais pour ce qui est de l’en­ga­ge­ment, on re­pas­se­ra ! Ils en ont peur comme de la peste.

À titre d’exemple, ma der­nière flamme, qui pour­tant me di­sait se consu­mer d’amour pour moi quand il m’écri­vait ou quand il était en ma pré­sence, a to­ta­le­ment chan­gé de dis­cours quand je lui ai par­lé d’em­mé­na­ger en­semble ! Tout à coup, mon bra­sier d’amour s’est trans­for­mé en fée de l’air, ou plu­tôt en cou­rant d’air. « J’au­rais trop peur de te dé­ce­voir et de perdre ma li­ber­té ! » fut son ul­time mes­sage. Et moi, j’ai ré­pon­du à son cour­riel de m… que « … je la lui lais­sais com­plè­te­ment sa chère li­ber­té ! » Mais bor­del ! Qu’est-ce que fait une fille de 30 ans comme moi qui veut fon­der une fa­mille ? Veux-tu ben me le dire, Louise ? Ju­liette sans Ro­méo

Se pour­rait-il que vos choix de sites de ren­contre soient mau­vais parce que vous en ci­blez mal les ob­jec­tifs ? Se pour­rait-il que le pro­fil que vous y pré­sen­tez in­cite le type d’homme que vous avez ren­con­tré à ce jour à al­ler vers vous en re- pous­sant les can­di­dats sus­cep­tibles de s’en­ga­ger ? À 30 ans, vous êtes cer­tai­ne­ment en mi­lieu de tra­vail. Comme on dit que c’est ma­jo­ri­tai­re­ment là que les couples se forment, comment se fait-il que vous n’en par­liez pas comme « ter­rain de chasse » pour uti­li­ser une ex­pres­sion à la mode ? Pas plus que vous ne par­lez d’un groupe d’amis po­ten­tiel dans le­quel vous pour­riez éga­le­ment faire des ren­contres in­té­res­santes et construc­tives ? Peut-être aus­si y al­lez-vous trop vite et trop brus­que­ment pour ex­pri­mer votre en­vie de fon­der une fa­mille ? Créer un cli­mat de confiance, ça de­mande une cer­taine pa­tience et un cer­tain temps avant de se concré­ti­ser entre deux per­sonnes.

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