Ven­dre­di fou: un phé­no­mène en­core en évo­lu­tion

Le Journal de Quebec - - LA SEMAINE DU VENDREDI FOU -

Si le Ven­dre­di fou est un phé­no­mène re­la­ti­ve­ment ré­cent chez nous, on constate que d’an­née en an­née, il évo­lue, tant du cô­té des pro­duits re­cher­chés par les consom­ma­teurs que du cô­té des offres faites par les com­mer­çants. Une pé­riode de soldes plus longue, de nou­veaux types de pro­duits of­ferts à prix d’ami, de nou­velles at­tentes du cô­té des clients : le Ven­dre­di fou en ré­vèle beau­coup sur nos com­por­te­ments en ma­tière de consom­ma­tion. UNE TRA­DI­TION QUI A FAIT SON CHE­MIN

Les com­mer­çants étaient plus ou moins chauds à l’idée de cé­der à la vague de fond que re­pré­sen­tait le « Black Fri­day » amé­ri­cain. Mais au bout de quelques an­nées, ils ont conclu qu’ils n’avaient pas le choix et que c’était pour eux une ques­tion de sur­vie. Don­ner le coup d’en­voi à la pé­riode du ma­ga­si­nage des fêtes plus tôt per­met­tait d’évi­ter que leurs clients se tournent vers nos voi­sins du sud pour pro­fi­ter des au­baines.

Heu­reu­se­ment qu’ils l’ont fait. À l’heure où l’on parle « achat lo­cal », 87 % des Ca­na­diens croient qu’il est im­por­tant de faire des achats au pays, si l’on en croit les ré­sul­tats d’un son­dage réa­li­sé par Lé­ger pour le Con­seil ca­na­dien du com­merce de dé­tail. Sur­vol d’un phé­no­mène en pleine mu­ta­tion.

UNE PO­PU­LA­RI­TÉ GRANDISSANTE

Tou­jours se­lon les ré­sul­tats du son­dage du Con­seil ca­na­dien du com­merce de dé­tail en col­la­bo­ra­tion avec la firme Lé­ger, la pé­riode du Ven­dre­di fou au­rait la cote au­près des consom­ma­teurs, bien plus que les soldes d’après les fêtes. En ef­fet, 40 % des Ca­na­diens pré­voient cette an­née faire leurs achats lors du Ven­dre­di fou et 30 % pro­fi­te­ront des soldes pro­po­sés à l’oc­ca­sion du Cy­ber­lun­di.

Au Qué­bec, 42 % des consom­ma­teurs, ce qui cor­res­pond à 2,8 mil­lions de Qué­bé­cois, cher­che­ront à pro­fi­ter des au­baines of­fertes. Pour 67 % d’entre eux, ce se­ra l’oc­ca­sion de ré­gler les achats des fêtes et pour 40 %, de don­ner un coup de fraî­cheur à leur garde-robe. Bud­get moyen : 342 $, presque 100 $ de plus qu’il y a deux ans. Se­lon le Con­seil qué­bé­cois du com­merce de dé­tail, on peut s’at­tendre à ce que les sommes dé­pen­sées au Qué­bec, du Ven­dre­di fou au Cy­ber­lun­di, donc pen­dant les 4 jours tra­di­tion­nel­le­ment ré­ser­vés aux au­baines, soient de 946 M$.

Par com­pa­rai­son au phé­no­mène des soldes d’après les fêtes, men­tion­nons que 35 % des Ca­na­diens en­vi­sagent de faire des achats après les fêtes, mais qu’ils comptent dé­pen­ser moins d’argent que le bud­get qu’ils ont ar­rê­té pour le Ven­dre­di fou.

D’UNE JOUR­NÉE À UNE SE­MAINE

Le Ven­dre­di fou donne le coup d’en­voi au ma­ga­si­nage des fêtes. Cette vaste opé­ra­tion mar­ke­ting or­ches­trée par les com­mer­çants un mois avant les fes­ti­vi­tés de fin d’an­née vise à in­ci­ter les consom­ma­teurs à amor­cer leurs achats des fêtes. Au cours des pre­mières an­nées où le phé­no­mène a tra­ver­sé les fron­tières pour s’im­plan­ter chez nous, les soldes étaient concen­trés le ven­dre­di. Puis le Cy­ber­lun­di est ar­ri­vé avec l’ex­plo­sion du com­merce en ligne. Mais de­puis quelques an­nées, on constate que les com­mer­çants ont com­men­cé à of­frir des au­baines… avant les au­baines. Cha­cun y va à coups de pri­meurs, de pri­vi­lèges à des membres, de pro­lon­ga­tions… Si bien qu’on en est ar­ri­vé à par­ler d’une se­maine pra­ti­que­ment com­plète de soldes.

L’en­goue­ment pour le com­merce en ligne n’est pas étran­ger à cette trans­for­ma­tion. Ain­si, il suf­fit de na­vi­guer sur le web sur le site de ses mar­chands pré­fé­rés pour consta­ter que les soldes an­ti­ci­pés – non pas une ou deux jour­nées avant, mais bien par­fois jus­qu’à une se­maine plus tôt – sont mon­naie cou­rante. Ain­si, cette an­née, un son­dage du Con­seil ca­na­dien du com­merce de dé­tail me­né en col­la­bo­ra­tion avec Lé­ger, la pro­por­tion de consom­ma­teurs qui pré­fèrent se rendre sur place et celle des adeptes de com­merce en ligne sont iden­tiques.

Tou­te­fois, les Qué­bé­cois se­raient plus en­clins à se rendre sur les lieux. Se­lon un son­dage réa­li­sé par le Groupe Al­tus pour le Con­seil qué­bé­cois du com­merce de dé­tail, 48 % op­te­ront pour les centres d’achats avec mail in­té­rieur et 13 %, pour les re­grou­pe­ments de grandes sur­faces. Néan­moins, les achats en ligne gagnent du ter­rain, alors que 35 % des Qué­bé­cois de­vraient ache­ter des ca­deaux sur in­ter­net. Les dé­penses faites en ligne pour­raient at­teindre quelque 187 M$ pour la pé­riode des fêtes.

UNE ÉVO­LU­TION DANS LE CHOIX DES PRO­DUITS

La très grande ma­jo­ri­té des consom­ma­teurs qui pré­voient faire des achats pen­dant la pé­riode du Ven­dre­di fou avaient dé­jà pla­ni­fié leurs achats. De­puis tou­jours, les vê­te­ments et l’élec­tro­nique et les gad­gets tech­no­lo­giques rem­portent la palme. C’est en­core le cas, avec, res­pec­ti­ve­ment 42 % et 24 % des in­ten­tions d’achat ex­pri­mées par les consom­ma­teurs dans le son­dage réa­li­sé par L’ob­ser­va­teur pour le compte du Con­seil qué­bé­cois du com­merce de dé­tail. Mais l’in­dus­trie du di­ver­tis­se­ment gagne du ter­rain, ré­col­tant 12 % des in­ten­tions d’achat.

De plus en plus de voya­gistes, d’en­tre­prises de di­ver­tis­se­ment et même d’éta­blis­se­ments cultu­rels pro­fitent de l’en­goue­ment pour pro­po­ser des offres un peu dif­fé­rentes. À sur­veiller ! C’est peut-être le mo­ment de vous of­frir de bons sièges pour cer­tains spec­tacles ou en­core un voyage. Pour­quoi pas ?

Cré­dit : Shut­ter­stock.com

Les achats en ligne gagnent du ter­rain, alors que 35 % des Qué­bé­cois de­vraient ache­ter des ca­deaux sur in­ter­net. Les dé­penses faites en ligne pour­raient at­teindre quelque 187 M$ pour la pé­riode des fêtes.

Cré­dit : Shut­ter­stock.com

Les Qué­bé­cois se­raient plus en­clins à se rendre sur les lieux, alors que 48 % op­te­ront pour les centres d’achats avec mail in­té­rieur et 13 %, pour les re­grou­pe­ments de grandes sur­faces.

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