Trois morts et 23 bles­sés à Ot­ta­wa

Le deuxième étage de l’au­to­bus a été lour­de­ment en­dom­ma­gé par la vio­lence de l’im­pact hier après-mi­di

Le Journal de Quebec - - ACTUALITÉS - AN­TOINE LA­CROIX ET GUILLAUME ST-PIERRE

Au moins trois per­sonnes sont mortes et 23 ont été bles­sées lors­qu’un au­to­bus à deux étages a vio­lem­ment heur­té un abri­bus, hier, à Ot­ta­wa. La conduc­trice a été ar­rê­tée.

« L’au­to­bus était plein. Il s’est mis à dé­vier, je pense qu’il a hap­pé le trot­toir, a ra­con­té au ré­seau CBC Bi­lal Gil, qui était à bord du vé­hi­cule. [La chauf­feuse] n’a pas pu le contrô­ler et il a frap­pé l’abri­bus West­bo­ro. Plu­sieurs per­sonnes se sont mises à crier, d’autres ont été prises sous leur siège. C’était le chaos au dé­but, mais la po­lice est ar­ri­vée ra­pi­de­ment et a bri­sé des fe­nêtres pour nous sor­tir. »

Les images de l’ac­ci­dent parlent d’el­les­mêmes : le haut du vé­hi­cule a été bru­ta­le­ment en­dom­ma­gé par la vio­lence de l’im­pact, sur­ve­nu vers 15 h 50.

Se­lon un té­moin ci­té par le quo­ti­dien Ot­ta­wa Ci­ti­zen, les dom­mages s’éche­lonnent « sur au moins 10 ran­gées de bancs ». Ce­la re­pré­sente près du tiers de la lon­gueur de l’au­to­bus.

Deux des vic­times se trou­vaient dans l’au­to­bus, tan­dis que la troi­sième at­ten­dait sur la pla­te­forme, ont in­di­qué les au­to­ri­tés, qui igno­raient hier soir la cause exacte de l’ac­ci­dent.

Le Ci­ti­zen a évo­qué un pos­sible dé­ra­page de l’au­to­bus sur une plaque de glace avant qu’il ne per­cute l’abri­bus.

Les au­to­ri­tés ont pré­ci­sé que 14 per­sonnes étaient dans un état cri­tique et 11 autres étaient consi­dé­rées dans un état sé­rieux.

UNE AR­RES­TA­TION

La po­lice d’ot­ta­wa a confir­mé dé­te­nir la conduc­trice en rai­son d’« élé­ments de la scène » qui ont obli­gé les agents à pro­cé­der à son ar­res­ta­tion, sans avoir pré­ci­sé les­quels. Elle se­ra in­ter­ro­gée.

« Ce­ci se­ra une longue en­quête », a tou­te­fois pré­ve­nu le chef de la po­lice d’ot­ta­wa, Charles Bor­de­leau.

Plu­sieurs té­moins doivent être ren­con­trés par les en­quê­teurs, dé­ployés pour faire la lu­mière sur l’évé­ne­ment. Des images doivent aus­si être vi­sion­nées.

Pa­ra­mé­di­caux, pom­piers et po­li­ciers ont été en­voyés ra­pi­de­ment sur les lieux et en grand nombre afin de ve­nir en aide aux nom­breux bles­sés.

MORT D’IN­QUIÉ­TUDE

Un grand froid de -26 de­grés Cel­cius avec le re­froi­dis­se­ment éo­lien a com­pli­qué les opé­ra­tions de sau­ve­tage. Des échelles ont été uti­li­sées pour éva­cuer les bles­sés de l’étage su­pé­rieur de l’au­to­bus.

« La scène était vrai­ment dif­fi­cile et chao­tique », a fait va­loir le chef de po­lice Bor­de­leau.

Bray­don Tom­lin­son était mort d’in­quié­tude lorsque Le­jour­nal l’a croi­sé à l’ex­té­rieur d’un centre com­mu­nau­taire d’ot­ta­wa, où les per­sonnes sans nou­velles d’un proche sont conviées pour par­ler aux au­to­ri­tés.

Il cher­chait à ob­te­nir des nou­velles de son père.

« Il pre­nait ce tra­jet de bus tous les jours. Il ai­mait s’as­seoir en haut et de­vant dans l’au­to­bus, a-t-il confié en san­glo­tant. Il ne ré­pond pas à son té­lé­phone cel­lu­laire. Je pense qu’il est mort. »

Se­lon une té­moin avec qui le Ci­ti­zen a pu s’en­tre­te­nir, l’au­to­bus était plein, « chaque siège était pris et il y avait même des gens de­bout dans les ran­gées au centre ». Il n’y « avait rien qui sor­tait de l’or­di­naire » avant l’im­pact.

« Je me rap­pelle la conduc­trice qui a dit : “Oh my God [Oh mon Dieu], oh my God, oh my God”, a-t-elle af­fir­mé peu après l’ac­ci­dent. Les gens ont com­men­cé à crier. Il y avait une fuite d’un li­quide, donc les gens ont juste com­men­cé à vou­loir sau­ter par les fe­nêtres. Il y avait de la vitre par­tout. »

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PHO­TOS COURTOISIE, KA­RI­NA WIESSER ET PA­TRICK CAR­RIÈRE

Au moins 10 ran­gées de bancs ont frap­pé l’abri­bus1. Cette image prise de face dé­montre la vio­lence de l’im­pact. 2. Pa­ra­mé­di­caux, pom­piers et po­li­ciers ont été dé­ployés ra­pi­de­ment et en grand nombre afin de trai­ter tous les bles­sés. 3. La par­tie su­pé­rieure de l’au­to­bus à deux étages est al­lée s’en­cas­trer pro­fon­dé­ment dans l’abri­bus. 3

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