OP­PO­SI­TION À LA FERMETURE

Le Magazine de l'Île-des-Soeurs - - LA UNE - SO­PHIE POIS­SON so­phie.pois­son@tc.tc

ÉCO­NO­MIE. Une pétition cir­cule contre le re­trait du der­nier gui­chet au­to­ma­tique de la Caisse Des­jar­dins de L’Île-des-Soeurs-Ver­dun. Elle est dis­po­nible en ver­sion pa­pier jus­qu’à la fin août dans les dé­pan­neurs Va­rié­té Tren­more et Pro­vi­sion Sa­vare. La di­rec­trice générale de la Caisse, Ma­rie-France Boyer, est consciente du chan­ge­ment d’ha­bi­tude im­po­sé aux clients, mais ex­plique qu’il est im­por­tant de s’adap­ter à l’évo­lu­tion des tran­sac­tions.

De­puis 1987, Lin­da Ga­gné uti­lise le gui­chet de l’ave­nue Ban­nan­tyne où son ma­ri y dé­pose leurs paies chaque se­maine, en plus d’y re­ti­rer de l’ar­gent. À comp­ter du 27 août, elle se ren­dra de­vra se rendre à ce­lui si­tué au coin de la 5e Ave­nue et de la rue de Ver­dun, à une quin­zaine de mi­nutes de marche en­vi­ron.

« On va de­voir prendre notre au­to au lieu d’y al­ler à pied, donc l’hi­ver, on risque de man­quer de place pour se sta­tion­ner », sou­tient celle qui est à l’ori­gine de la pétition avec le Ver­du­nois Daniel Rol­land.

En tant que gé­rante du dé­pan­neur Va­rié­té Tren­more, et même si le gui­chet est tou­jours en opé­ra­tion, elle a dé­jà un aper­çu de la si­tua­tion dû aux plu­sieurs dé­fec­tuo­si­tés de l'ap­pa­reil.

« Les gens viennent me voir pour me de­man­der de l’ar­gent, ra­conte Mme Ga­gné. Je peux ai­der pour 20 $, mais 100 $, ce n’est pas pos­sible. Ça nous prend plus d’ar­gent dans le com­merce, ce qui veut aus­si dire plus de risques de vol. Et quand les clients viennent à quatre ou cinq parce que le gui­chet ne marche pas, ça nous re­tarde dans notre tra­vail. »

Ils se­raient en moyenne 25 clients à lui de­man­der le ser­vice qu’ils ne re­trouvent pas au gui­chet. « Si la pétition ne porte pas ses fruits, je chan­ge­rais pro­ba­ble­ment de banque parce que TD avait fait la même af­faire et je suis par­tie», as­sure Mme Ga­gné.

ENTRETIEN

Même s’il est membre d’une autre Caisse de­puis en­vi­ron 45 ans, Daniel Rol­land fré­quente lui aus­si le gui­chet de l’ave­nue Ban­nan­tyne, plus près de son do­mi­cile ac­tuel. Comme il y fait la ma­jo­ri­té de ses tran­sac­tions, il a aus­si re­mar­qué les nom­breuses dé­fec­tuo­si­tés. Il croit même que le manque d’entretien peut ex­pli­quer la di­mi­nu­tion d’usa­gers.

La dé­ci­sion du re­trait re­po­se­rait prin­ci­pa­le­ment sur le fait que l'uti­li­sa­tion a bais­sé de plus de 43 % au cours des cinq der­nières an­nées.

« Quelques jours avant la ca­ni­cule, le sys­tème de chauf­fage fonc­tion­nait dans la pièce, c’était une étuve, sou­tient-il. Et à deux re­prises, j’ai ap­pe­lé à la suc­cur­sale pour me plaindre parce qu’il n’y avait plus de fonds dans le gui­chet. Ils ont mis la faute sur l’agence de sé­cu­ri­té Guar­da qui n’avait pas fait la ronde de rem­plis­sage. »

M. Rol­land cer­ti­fie que la mis­sion du fon­da­teur Al­phonse Des­jar­dins était d’avoir des ins­ti­tu­tions de proxi­mi­té, ce qui irait à l’en­contre du re­trait du gui­chet. La pétition vise à le gar­der, mais avec un meilleur entretien.

CEN­TRA­LI­SA­TION

« La proxi­mi­té pour nous au­jourd’hui, c’est d’avoir nos gui­chets au­to­ma­tiques à même nos centres de ser­vice, là où le client rencontre son con­seiller et peut aus­si se rendre au comp­toir, sou­ligne la di­rec­trice générale de la Caisse, Ma­rie France Boyer. Elle est ain­si plus grande que lors­qu’il s’agit de faire une tran­sac­tion où il n’y a qu’un gui­chet au­to­ma­tique et per­sonne pour t’ai­der. »

L’échéance du bail cette an­née est aus­si un pa­ra­mètre qui a été pris en consi­dé­ra­tion, tout comme la fin de vie de la ma­chine qui au­rait une di­zaine d’an­nées.

« On va chan­ger l’en­semble de nos gui­chets au­to­ma­tiques en 2019. Il va no­tam­ment y avoir la nu­mé­ri­sa­tion des chèques, donc il ne se­ra plus né­ces­saire d’uti­li­ser des en­ve­loppes. Ça va aus­si ré­duire les risques de fraude avec des gens qui mettent des en­ve­loppes vides », rap­porte Mme Boyer.

La di­rec­trice des ser­vices aux membres, Maude Thi­beault, sou­tient que son équipe a avi­sé par té­lé­phone les plus grands uti­li­sa­teurs du gui­chet en juin et en­voyé une lettre à tous les membres de la Caisse dont elle a les co­or­don­nées. Elle a en plus ré­pon­du à une ving­taine d’ap­pels pour pro­po­ser des solutions per­son­na­li­sées.

« Chaque an­née, on fait l’ate­lier Ac­cèsD. Étant don­né qu’on en­lève le gui­chet au­to­ma­tique, on est prêt à faire des mi­ni ateliers avec moins de gens pour faire de l’ac­com­pa­gne­ment et ai­der les gens à trou­ver des solutions. Par exemple d’uti­li­ser une autre fa­çon de payer leurs fac­tures», an­nonce Mme Thi­beault.

Les in­té­res­sés peuvent ap­pe­ler pour s’ins­crire à l’une des pré­sen­ta­tions don­nées à dif­fé­rentes heures de la jour­née.

(Photos : IDS/Ver­dun Heb­do – So­phie Pois­son)

Un peu plus de deux heures après avoir été lan­cée par Lin­da Ga­gné et Daniel Ro­land le 20 juillet, la pétition pa­pier dis­po­nible au dé­pan­neur Va­rié­té Tren­more avait dé­jà re­çu quelque 40 si­gna­tures.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.