Mar­ché am­bu­lant

Le Magazine de l'Île-des-Soeurs - - ACTUALITÉS - SO­PHIE POIS­SON so­phie.pois­son@tc.tc

ALI­MEN­TA­TION. La Mis­sion du Sud-Ouest dé­ve­lop­pe­ra bien­tôt son pro­jet de mar­ché am­bu­lant. Si un mi­ni mar­ché existe dé­jà aux deux se­maines dans ses lo­caux de l’école Ver­dun Ele­men­ta­ry, l’ob­jec­tif est d’al­ler di­rec­te­ment des­ser­vir les ha­bi­ta­tions à loyer mo­dique (HLM) de Ver­dun.

L’or­ga­nisme, qui met l’em­phase sur les dif­fi­cul­tés ali­men­taires en pro­po­sant dif­fé­rentes al­ter­na­tives comme des re­pas com­mu­nau­taires et des cours de cui­sine, a re­çu une sub­ven­tion de 45 000 $ par an­née pour trois ans de la part de la Di­rec­tion ré­gio­nale de la san­té pu­blique pour me­ner à bien son pro­jet.

« On achète pour 14 000 $ de fruits et lé­gumes frais par an pour notre mi­ni-mar­ché de­puis 2016 et on les vend pour 14 000 $, donc il n’y a pas de profit. On achète en gros pour les rendre dis­po­nibles à la com­mu­nau­té. […] Les gens qui ont un faible re­ve­nu, ils ne s’en sortent pas. L’idée est donc de leur ap­por­ter de la qua­li­té au vrai prix », in­siste le pas­teur Da­vid Lef­nes­ki, qui tra­vaille dans l’éta­blis­se­ment de la rue Des­mar­chais avec une équipe de bé­né­voles.

POS­SI­BI­LI­TÉS

Le mi­ni-mar­ché ne cor­res­pond tou­te­fois pas aux be­soins de tous. « Quand les gens des HLM sont ve­nus aux re­pas com­mu­nau­taires que l’on or­ga­nise chaque se­maine, ils nous ont fait re­ma­quer que beau­coup de monde ne peut pas se dé­pla­cer. On s’est alors dit qu’il y avait peut-être une fa­çon de col­la­bo­rer », in­siste M. Lef­nes­ki.

Les HLM ci­blés sont com­po­sés de per­sonnes en si­tua­tion pré­caire, prin­ci­pa­le­ment com­po­sés d’aî­nés et de per­sonnes qui ont une in­va­li­di­té, donc qui peuvent être iso­lées.

Une pre­mière vi­site in­for­melle a dé­jà eu lieu dans les HLM Si­mone-Lé­veillée et Ma­rie-Laure-Por­che­ron. « On ne veut rien im­po­ser, on veut que ça vienne na­tu­rel­le­ment, as­sure le pas­teur. On y est al­lé pour voir les pos­si­bi­li­tés, si ce se­rait en in­té­rieur ou en ex­té­rieur, avec une ou plu­sieurs per­sonnes à la fois. Ce se­ra vrai­ment nou­veau. »

La ré­flexion me­née porte aus­si sur la pé­ren­ni­té du pro­jet, no­tam­ment pour voir comment ceux qui ont des moyens li­mi­tés pour­ront se pro­cu­rer des ali­ments.

« On doit ra­pi­de­ment dis­cu­ter pour dé­fi­nir comment une per­sonne qui n’a que 0,75 $ pour­ra se payer une ba­nane qui coûte 1 $. Ça va nous de­man­der de vivre l’ex­pé­rience et de vé­ri­fier les be­soins réels, parce qu’on a une idée pour le mo­ment, mais peut-être que de nou­velles choses vont émer­ger », in­siste M. Lef­nes­ki.

Même si le sen­ti­ment est d’avoir une de­mande gran­dis­sante, la Mis­sion du Sud-Ouest ne dis­pose pas de chiffre pour le prou­ver, donc ce nou­veau ser­vice se­ra l’oc­ca­sion de me­ner une étude avec un re­cher­chiste.

D’ici là, une agente de dé­ve­lop­pe­ment pour le mar­ché am­bu­lant est recherchée pour la mi-août. Des dis­cus­sions se­ront aus­si me­nées, entre autres avec le mar­ché mobile Saint-Paul et Émard, pour voir leur fonc­tion­ne­ment.

(Pho­to : Gra­cieu­se­té – Mis­sion Sud-Ouest)

« On veut of­frir le meilleur ac­cès pos­sible aux fruits et lé­gumes frais au meilleur prix », sou­tient le pas­teur Da­vid Lef­nes­ki, res­pon­sable de la Mis­sion Sud-Ouest.

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