Notre pre­mier mi­nistre est- il «Phi­lou»?

Le Nouvelliste - - ÉDITORIAL -

Sur les planches du Zoo­fest, où l’on re­çoit même les bêtes cu­rieuses, Ma­rie-Lyne Jon­cas, hu­mo­riste à ses heures, se­ra pas­sée du vou­voie­ment au tu­toie­ment, puis de Phi­lippe à Phil, et de Phil à Phi­lou, dans le cadre d’une heure d’en­tre­vue avec le pre­mier mi­nistre du Qué­bec, mon­sieur Phi­lippe Couillard.

Voi­ci donc notre pre­mier mi­nistre de­ve­nu « Phi­lou». On ima­gine les grands titres au len­de­main d’une autre vic­toire li­bé­rale: « Phi­lou, quatre ans de plus.» Ou en­core la ré­ac­tion des li­bé­raux cé­lé­brant leur vic­toire: « Notre Phi­lou à la tête du gou­ver­ne­ment.»

Et que dire en­suite des cris d’in­di­gna­tion je­tés à la face du pou­voir quand les ha­bi­tuelles pro­messes élec­to­rales se trans­forment une fois de plus en in­évi­tables com­pres­sions bud­gé­taires: « Phi­lou un jour, tou­jours Phi­lou.»

Le pre­mier mi­nistre du Qué­bec n’est pas « Phi­lou » . Que l’on soit li­bé­ral ou non im­porte peu. Il n’est « Phi­lou» que dans l’ombre. À l’abri des re­gards du pu­blic. Entre « Phi­lou» du même mi­lieu.

Pour les autres, simples ci­toyens et ci­toyennes du Qué­bec, la fonc­tion de pre­mier mi­nistre exige un mi­ni­mum de res­pect, d’hon­neur, d’in­té­gri­té, où un « Phi­lou» n’a pas sa place. Ne se­rait-ce que pour évi­ter d’hor­ribles mal­en­ten­dus. Christian Bou­chard Pro­fes­seur re­trai­té du Col­lège La­flèche Trois- Ri­vières

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