Un pia­no et une oeuvre d’art

Le Nouvelliste - - ARTS ET SPECTACLES - FRAN­ÇOIS HOUDE

SAINT- ÉLIE- DE- CAX­TON — Le village de Saint- Élie- de- Cax­ton a dé­sor­mais son pia­no pu­blic et comme on ne fait ja­mais les choses comme ailleurs dans cet éton­nant coin de pays, le pia­no est éga­le­ment de­ve­nu une oeuvre d’art pu­blic grâce aux soins de l’ar­tis­te­peintre cax­to­nienne Mi­che­line Du­pont.

Le dé­voi­le­ment de l’oeuvre a eu lieu jeu­di en fin d’après-mi­di au Ga­rage de la culture de la mu­ni­ci­pa­li­té qui abri­te­ra dé­sor­mais le pia­no of­fert à la créa­ti­vi­té mu­si­cale de tout un cha­cun. Le pia­no a été ac­quis en dé­but d’été grâce au don d’une ci­toyenne de Sha­wi­ni­gan, Lu­cie Trous­sard. Mi­che­line Du­pont s’est of­ferte pour lui don­ner bé­né­vo­le­ment une al­lure unique par sa pein­ture. Elle a in­ti­tu­lé l’oeuvre Ima­gi­nons l’ima­gi­naire.

L’a r t i s t e s ’e s t i n s p i r é e d u village et des l égendes de Saint- Élie- de- Cax­ton puis­qu’on re­trouve sur son pia­no cer­taines mai­sons du village de même que l’église pa­rois­siale aux­quelles elle a ajou­té des bâ­ti­ments sor­tis de son ima­gi­naire. « J’aime qu’il y ait une his­toire der­rière cha­cune de mes oeuvres. Dans les sym­po­siums, les gens me parlent sou­vent de l’arbre à pa­par­manes alors, il fal­lait que ça en fasse par­tie comme les lu­tins. Une pe­tite fille me voyant peindre m’a de­man­dé ce que je fai­sais et je lui ai in­ven­té une his­toire comme quoi les lu­tins qui viennent à la mai­son à Noël viennent en­suite pas­ser l’été à Saint-Élie où on a une mai­son de re­pos pour les lu­tins. Le grand maître Élie, qui les garde, oblige les lu­tins qui ont été trop tan­nants à ra­mas­ser des pa­par­manes tout l’été. C’est ce que mon oeuvre illustre.»

Pour ce qui est du titre, i l se jus­ti­fie tout aus­si sim­ple­ment: « J e pense que t ous l es gens au­jourd’hui ont be­soin d’avoir quelque chose à s’ima­gi­ner et quand on entre dans son ima­gi­naire, on est heu­reux.» Peindre le pia­no a exi­gé trois se­maines de tra­vail à l’ar­tiste-peintre qui a tra­vaillé à par­tir de son propre des­sin. À son village très co­lo­ré et quelque peu en­fan­tin, elle a ajou­té des élé­ments comme un da­mier qui rap­pelle les tour­nois de dame qui se dé­rou­laient à l’époque où Léo Dé­ziel gé­rait le ga­rage du village.

Mi­che­line Du­pont es­time que l’oeuvre va contri­buer à la faire connaître, par­ti­cu­liè­re­ment au­près des vi­si­teurs au village. « L’oeuvre re­pré­sente bien une fa­cette de mon tra­vail de peintre alors, j’en suis bien fière. Quand les tou­ristes viennent vi­si­ter le village, ils sont sou­vent hé­si­tants à en­trer dans nos ate­liers parce qu’ils se sentent obli­gés d’ache­ter. Je veux juste les in­vi­ter à ne pas se gê­ner pour en­trer et je­ter un simple coup d’oeil sur nos oeuvres. Ça nous fait plai­sir de ren­con­trer les gens et de ja­ser avec eux, même s’ils n’achètent pas.»

Pour le maire de la mu­ni­ci­pa­li­té, Ro­bert Gau­thier, le pia­no pu­blic vient en­ri­chir le vo­let cultu­rel de la mu­ni­ci­pa­li­té pour­tant dé­jà foi­son­nant. « La culture, c’est très im­por­tant ici. On a dé­ve­lop­pé une in­dus­trie tou­ris­tique ba­sée sur le tra­vail d’un ar­tiste, Fred Pel­le­rin. Mais on a aus­si plein d’ar­tistes et ar­ti­sans dans toutes sortes de dis­ci­plines. On pense que le dé­ve­lop­pe­ment de Saint-Élie-de-Cax­ton passe par le dé­ve­lop­pe­ment de la culture. Si on fait émer­ger d’autres car­rières et d’autres ta­lents lo­caux, ça va at­ti­rer en­core da­van­tage de vi­si­teurs. On connaît dé­jà un phé­no­mène de concen­tra­tion d’ar­tistes qui est plus éle­vé qu’ailleurs et plu­sieurs sont ve­nus d’un peu par­tout au Qué­bec pour s’éta­blir ici au cours des der­nières an­nées. On de­meure convain­cus que ça va conti­nuer de s’ac­cen­tuer d’an­née en an­née.»

Le pia­no est lais­sé à l’ins­pi­ra­tion des pas­sants à l’ex­té­rieur du Ga­rage de la culture tous les jours de 11 h à 18 h pen­dant la sai­son es­ti­vale.

J’aime qu’il y ait une his­toire der­rière cha­cune de mes oeuvres. Dans les sym­po­siums, les gens me parlent sou­vent de l’arbre à pa­par­manes alors, il fal­lait que ça en fasse par­tie comme les lu­tins.

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