De la bière à la ri­vière

Le Nouvelliste - - AFFAIRES - GA­BRIEL DELISLE

TROIS- RI­VIÈRES — Les cuves des Frères Hou­blon ont ces­sé de fonc­tion­ner. Fon­dée en 2003 à TroisRi­vières, la mi­cro­bras­se­rie aban­donne la pro­duc­tion de bière pour em­bras­ser de nou­veaux dé­fis. Les ac­tion­naires de la coopérative de tra­vail sou­haitent prendre une toute nou­velle orien­ta­tion et se lan­cer dans la pro­duc­tion de ca­nots en com­po­site haut de gamme.

Les der­nières bières de la mi­cro­bras­se­rie du che­min Sainte- Mar­gue­rite ont été em­bou­teillées à la fin du mois de juin.

« Ce n’est vrai­ment pas parce que ça n’al­lait pas bien éco­no­mi­que­ment, au contraire. Ce n’est pas en rai­son d’une di­mi­nu­tion des ventes de bières, pas du tout », as­sure Fré­dé­ric Sou­brier, le di­rec­teur gé­né­ral de l’en­tre­prise et un des ac­tion­naires de la coopérative de tra­vail.

« Ça fait un bout que le pro­jet mi­jo­tait. On aug­men­tait tou­jours la pro­duc­tion, avec des aug­men­ta­tions an­nuelles de 8 à 15 %, et on était ren­du qu’on de­vait au­to­ma­ti­ser la pro­duc­tion.»

De­vant l e s a ug­men­ta­tions constantes de la de­mande, les ac­tion­naires de la coopérative de tra­vail se de­vaient d’in­ves­tir pour au­to­ma­ti­ser la pro­duc­tion. L’em­bou­teillage «à la main» n’était plus pos­sible.

«On a re­gar­dé toutes nos op­tions. Si on met­tait la pro­duc­tion en­tiè­re­ment au­to­ma­tique, des in­ves­tis­se­ments de près de 600 000 $ étaient né­ces­saires», pré­cise M. Sou­brier.

Ce pro­jet d’usine de ca­nots en com­po­sites germe de­puis quelques an­nées dans la tête des ac­tion­naires des Frères Hou­blon. Ceux-ci avaient d’ailleurs dé­jà ren­con­tré un conseiller d’In­no­va­tion et dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique Trois-Ri­vières.

« Il y a trois ou quatre ans, on a mis le pro­jet d’en­tre­prise de ca­nots en car­bone sur la glace. Lors­qu’on dé­marre une en­tre­prise, on doit s’in­ves­tir en­tiè­re­ment » , ex­plique Fré­dé­ric Sou­brier. « Lors­qu’est ve­nu le temps d’in­ves­tir pour la pro­duc­tion de bière, on s’est dit que ça se­rait le bon temps de se lan­cer dans les ca­nots.»

Ces em­bar­ca­tions en com­po­site doivent être construites dans les lo­caux de la coopérative à TroisRi­vières. L’idée est de créer des ca­nots haut de gamme et lé­gers (en­vi­ron 40 livres). Au dé­but de la pro­duc­tion qui de­vrait s’amor­cer à l’au­tomne pro­chain, l’en­tre­prise doit pro­po­ser des ca­nots de 16 et 18 pieds.

« Ce sont des ca­nots de ran­don­nées, pas des ca­nots de course comme ceux uti­li­sés lors de la Clas­sique de ca­nots de la Maur i cie » , note M. Sou­brier. « La pre­mière an­née, on ne sait pas com­bien nous al­lons en fa­bri­quer. On vise en faire entre 500 et 100.»

Les ventes se­ront es­sen­tiel­le­ment sur le web et les ca­nots de­vraient se dé­tailler entre 1500 et 2500 $. La pro­duc­tion va d’abord né­ces­si­ter le tra­vail de deux per­sonnes, mais les ac­tion­naires pré­voient que cette équipe pour­rait être dou­blée re­la­ti­ve­ment ra­pi­de­ment.

Même si la struc­ture or­ga­ni­sa­tion­nelle de la coopérative des Frères Hou­blon de­meu­re­ra iden­tique, son nom ne pour­ra per­du­rer. Les Frères Hou­blon est un nom fort ori­gi­nal pour une mi­cro­bras­se­rie, mais il n’évoque au­cu­ne­ment le monde du ca­not. Le nom Ca­nots com­po­site a de très fortes chances d’être re­te­nu pour la fu­ture en­tre­prise.

— PHOTO: FRAN­ÇOIS GER­VAIS

Fré­dé­ric Sou­brier des Frères Hou­blon est prêt pour une nou­velle aven­ture en­tre­pre­neu­riale.

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