Le «fils de Trump» perd ses armes

Le Nouvelliste - - ACTUALITÉS -

Ju­lien* est le fils de Do­nald Trump. Il a les do­cu­ments of­fi­ciels pour le prou­ver, dit-il, mais pré­fère lais­ser le pré­sident des États-Unis l’an­non­cer lui-même.

De taille moyenne, les che­veux taillés courts comme un mi­li­taire, Ju­lien a 36 ans. Il ar­rive au pa­lais de jus­tice seul, vê­tu d’un com­plet bleu, d’une che­mise blanche et d’une cra­vate rouge, ju­melle de celle por­tée par le pa­tron de la Mai­son-Blanche. Son père, al­lègue-t-il.

Le 23 mai, l a mère de Ju­lien ap­pelle le Ser­vice de po­lice de la Ville de Qué­bec, in­quiète pour son fils. Ju­lien a écrit à un col­lègue de tra­vail qu’il crai­gnait pour sa vie et avait quit­té le pays.

Les po­li­ciers vé­ri­fient au condo de Ju­lien, dans le quar­tier Le Mes­nil. Per­sonne. Les ser­rures ont été chan­gées ré­cem­ment.

Les agents de sé­cu­ri­té de l’aé­ro­port Jean- Le­sage aper­çoivent la Mer­cedes de Ju­lien à l’aé­ro­port. Une géolocalisation du cel­lu­laire de Ju­lien ré­vèle qu’il est aux États-Unis.

Les po­li­ciers réus­sissent à par­ler à Ju­lien. Ce der­nier confirme qu’il est à Wa­shing­ton de­puis une di­zaine de jours. Il ne veut pas être plus pré­cis pour évi­ter d’être re­tra­cé.

An­cien pro­fes­seur de ma­thé­ma­tiques et de sciences, Ju­lien est pro­prié­taire d’une com­pa­gnie de lo­gi­ciels. Il dit avoir conçu un ro­bot per­met­tant les tran­sac­tions au­to­ma­ti­sées en Bourse. L’Au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers éva­lue plu­tôt qu’il a dé­tour­né à des fins per­son­nelles des di­zaines de mil­liers de dol­lars re­cueillis au­près d’in­ves­tis­seurs.

Ju­lien ré­pète qu’il est en sé­cu­ri­té et en bonne santé. Il ajoute avoir dé­cou­vert ré­cem­ment qu’il était adop­té et qu’il ve­nait d’en­le­ver sa fausse mère de son tes­tament. «Pro­pos dé­cou­sus et in­co­hé­rents», note le po­li­cier dans son rap­port.

En fé­vrier der­nier, Ju­lien a ac­quis un pis­to­let Glock 9mm. Il ex­pli­que­ra la­bo­rieu­se­ment avoir un ami ama­teur de tir de pré­ci­sion. Il est ti­tu­laire d’un per­mis d’arme à au­to­ri­sa­tion res­treinte et membre d’un club de tir.

Le 7 juin, en plein G7, les po­li­ciers de Qué­bec dé­barquent chez Ju­lien pour sai­sir l’arme, en at­ten­dant la ré­vo­ca­tion du per­mis. Ils vont trou­ver le Glock char­gé dans une ar­moire ver­rouillée ain­si qu’un pis­to­let à plombs Be­ret­ta.

Pen­dant la per­qui­si­tion, Ju­lien va ren­con­trer les en­quê­teurs à la cen­trale de po­lice du parc Vic­to­ria.

Par la fe­nêtre ou­verte, Ju­lien en­tend les bruits des hé­li­co­ptères. C’est là qu’il an­nonce aux ser­gents­dé­tec­tives Vé­ro­nique Le­clair et De­nis Car­di­nal qu’il est le fils du pré­sident des États- Unis Do­nald Trump.

C’est d’ailleurs à la de­mande de POTUS que des hé­li­co­ptères sur­volent le parc Vic­to­ria au mo­ment même, pour le sur­veiller, ajoute Ju­lien. Sans comp­ter le Five Eyes (al­liance des ser­vices de ren­sei­gne­ment de l’Aus­tra­lie, du Ca­na­da, de la Nou­velle-Zé­lande, du Royau­meU­ni et des États-Unis) qui le suit à la trace.Les deux en­quê­teurs pro­posent à Ju­lien les ser­vices d’in­ter­ve­nants en santé men­tale. Ju­lien re­fuse. Il n’a, ré­pète-t-il, au­cun pro­blème. «Je suis très stable.»

Il pré­vient les po­li­ciers que si les pro­cé­dures contre lui ne sont pas aban­don­nées, le pré­sident va s’en mê­ler. «Je suis dans les hautes sphères des ser­vices se­crets amé­ri­cains», rap­pelle-t-il.

Ju­lien est convain­cu que les po­li­ciers ont ins­tal­lé des mi­cros chez lui. «Je peux les ac­ti­ver à dis­tance!», an­nonce-t-il.

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