Spi­rou fête ses 80 ans

Le Nouvelliste - - ARTS MAGAZINE -

SAINT- MA­LO ( AFP) — Spi­rou, créé en 1938 par l’édi­teur belge Jean Du­puis et le des­si­na­teur fran­çais Rob-Vel, a pris ses quar­tiers d’été à Saint-Ma­lo, dans le nord-ouest de la France, pour une ex­po­si­tion qui dé­voile ses dif­fé­rentes trans­for­ma­tions, d’un des­si­na­teur à l’autre.

Car si à 80 ans Spi­rou n’a pas pris une ride, il a chan­gé ré­gu­liè­re­ment de traits et l’illustre groom doit ses trans­for­ma­tions phy­siques aux crayons de plu­sieurs des­si­na­teurs.

« Grâce aux 150 pages ex­po­sées, on voit net­te­ment les gra­phismes de la bande des­si­née évo­luer. Chaque des­si­na­teur s’est ap­pro­prié l’uni­vers de Spi­rou » , ex­plique Gé­rard Cous­seau, com­mis­saire de l’ex­po­si­tion «Chapeau bas Spi­rou», or­ga­ni­sée par Quai des bulles, as­so­cia­tion du fes­ti­val de bande des­si­née du même nom.

Par­mi les des­si­na­teurs, l’un des plus im­por­tants est Rob-Vel, sans qui Spi­rou n’au­rait ja­mais exis­té. Un es­pace lui est dé­dié dans un pa­que­bot re­cons­ti­tué.

«Du­puis vou­lait que Spi­rou soit un éco­lier, mais Rob-Vel trou­vait que ce­la li­mi­tait les pos­si­bi­li­tés d’his­toire. En pre­nant ré­gu­liè­re­ment les na­vettes entre New York et Le Havre, il voyait de jeunes mousses de son­ne­rie, les an­cêtres des grooms. Ce­la l’a tout de suite ins­pi­ré pour des­si­ner Spi­rou», ex­plique le com­mis­saire.

Il était na­tu­rel pour les res­pon­sables de l’ex­po­si­tion de rendre hom­mage à ce­lui qui a créé l’âme de Spi­rou... d’au­tant plus que Rob-Vel a pas­sé les der­nières an­nées de sa vie à Saint-Ma­lo et y est même en­ter­ré. Une sta­tue en bronze à son ef­fi­gie a été conçue spé­cia­le­ment pour l’évé­ne­ment et se­ra en­suite ins­tal­lée sur une place de la ci­té cor­saire. L’ex­po­si­tion n’ou­blie pas les autres des­si­na­teurs ma­jeurs de la bande des­si­née, par­mi les­quels Ji­jé, Fran­quin, Four­nier, Nic, Jan­ry, Mu­nue­ra et Yo­hann, l’actuel des­si­na­teur du groom.

Mais d’un des­si­na­teur à l’autre, Spi­rou n’a pas tou­jours eu l e même suc­cès. « Avec l’ex­po­si­tion, tout le monde est ca­pable de voir la dif­fé­rence entre un bon et un très grand des­si­na­teur. Le lec­teur est exi­geant et at­ta­ché à l’ap­pa­rence des per­son­nages » , ex­plique M. Cous­seau.

C’est sous Fran­quin que Spi­rou connaît son âge d’or. «Il a ap­por­té le cô­té aven­ture aux bandes des­si­nées de Spi­rou. Il en a fait de vé­ri­tables films en al­ter­nant les gros plans, les plans moyens, les vues du des­sus et les contre-plon­gées. Fran­quin sait ab­so­lu­ment tout des­si­ner là où d’autres des­si­na­teurs s’ar­rachent les che­veux», as­sure le com­mis­saire.

C’est aus­si lui qui dans Spi­rou créa les per­son­nages de Gas­ton La­gaffe, du Mar­su­pi­la­mi, du comte de Cham­pi­gnac ou en­core de Sec­co­tine. «Spi­rou est le per­son­nage prin­ci­pal, mais pas for­cé­ment le plus in­té­res­sant. Avec Fran­quin, les per­son­nages se­con­daires prennent le des­sus», es­time M. Cous­seau.

— PHOTO COUR­TOI­SIE DU­PUIS

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