Et pour­tant, ça fonc­tionne

Le Nouvelliste - - CINÉMA - ANDRÉ DU­CHESNE

Après Un homme à la hau­teur, le réa­li­sa­teur Laurent Ti­rard et le co­mé­dien Jean Du­jar­din re­font ici équipe dans ce qu’ils connaissent le mieux : la co­mé­die. Et ils le font as­sez bien.

As­sez, parce que ce long mé­trage sans beau­coup d’épais­seur est re­la­ti­ve­ment pré­vi­sible. Les fi­celles du scé­na­rio sont grosses. Les per­son­nages sont ca­ri­ca­tu­raux et d’une naï­ve­té qui fait mal aux yeux. Les si­tua­tions sont à l’ave­nant. C’est bur­lesque à l’ex­trême. Et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de portes qui claquent que nous ne sommes pas en plein vau­de­ville.

Dans ces condi­tions, on voyait ve­nir la fi­nale de très loin. Et c’est bien, parce que, à notre propre éton­ne­ment, la mé­ca­nique, le rythme, les dia­logues fonc­tionnent.

GRAND PAR­LEUR

En 1809, le ca­pi­taine et grand par­leur Charles-Gré­goire Neu­ville ( Du­jar­din) de­mande la main de Pau­line Beau­grand (Mer­lant) à ses pa­rents, ra­vis. Or, il part sou­dain pour la guerre, en pro­met­tant d’écrire chaque jour. Ce qu’il ne fait pas. Se sub­sti­tuant au hus­sard, Éli­sa­beth (Laurent) écrit des lettres à Pau­line qui croit tout ce qu’elle lit. Jus­qu’au jour où le ca­pi­taine Neu­ville re­vient...

Nous nous sommes sur­pris à sou­rire, voire à écla­ter de rire trois, quatre, cinq fois, si­non plus, au court de ces 90 mi­nutes qui, au bout du compte, font conclure que le vi­sion­ne­ment, en dé­pit du manque de sub­ti­li­té, en va­lait la peine.

C’est tan­tôt en rai­son des ré­pliques, tan­tôt en rai­son des mi­miques. Dans ces deux cas, nous nous in­cli­nons de­vant Mé­la­nie Laurent qui est at­ta­chante, al­lu­mée, très drôle.

CHAT ET SOU­RIS

Lorsque, contre toute at­tente, le per­son­nage du ca­pi­taine Neu­ville re­vient dans la fa­mille Beau­grand, ce der­nier et Éli­sa­beth se lancent dans une vé­rit able j oute, une épreuve de force, un jeu de chat et de sou­ris dans l equel l a co­mé­dienne se jette avec un sou­rire es­piègle, do­mi­nant, presque car­nas­sier. Jean Du­jar­din semble aus­si bien s’amu­ser, mais son per­son­nage n’a pas le même sens du kno­ckout que sa par­te­naire.

Les mé­dias f ran­çais ont f ait grand cas de la com­pli­ci­té liant Du­jar­din et Laurent sur le pla­teau comme à l’écran. Force est d’ad­mettre que cette com­pli­ci­té est pal­pable. Les deux ac­teurs ont évo­qué leur dé­sir de re­tra­vailler en­semble. On ne peut que le sou­hai­ter, mais avec une his­toire ayant un peu plus de sub­stance.

— PHOTO TVA FILMS

En dé­pit du manque de sub­ti­li­té, Le re­tour du hé­ros, met­tant en ve­dette Mé­la­nie Laurent et Jean Du­jar­din, est une co­mé­die qui en vaut la peine.

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