La sai­son de la gé­né­ro­si­té

Le Nouvelliste - - LA UNE - MAR­TIN FRAN­COEUR m.fran­[email protected]­nou­vel­liste.qc.ca

Louis Audet n’avait que huit ans en 1958 quand son père Hen­ri a dit oui à l’idée que lui pro­po­saient Gilles Bou­let et Claude Blain, celle d’or­ga­ni­ser un té­lé­thon pour ve­nir en aide aux per­sonnes dé­mu­nies de la ré­gion. Mais il s’en sou­vient comme si c’était hier. Son père lui a dit: «On va faire l’his­toire!».

Soixante ans plus tard, on peut dire que Mon­sieur Audet père avait rai­son.

Le Noël du Pauvre cé­lèbre cette an­née son soixan­tième an­ni­ver­saire. Mais Hen­ri Audet n’au­rait pro­ba­ble­ment pas vou­lu qu’il y ait un jour un tel an­ni­ver­saire. En créant le Noël du Pauvre avec son épouse Ma­rie, il avait men­tion­né qu’il es­pé­rait que l’ac­ti­vi­té al­lait être ponc­tuelle, qu’elle n’ait pas à se per­pé­tuer.

Mal­heu­reu­se­ment pour le fon­da­teur de Co­ge­co, l a pau­vre­té existe en­core en 2018 et elle frappe en­core trop de fa­milles ou de per­sonnes seules. Mais heu­reu­se­ment pour celles- ci, le Noël du Pauvre existe en­core, fort d’une his­toire de soixante ans et fort de l’im­pli­ca­tion de mil­liers de bé­né­voles au fil des ans. Fort, sur­tout, de cette in­dé­fec­tible so­li­da­ri­té que la po­pu­la­tion de la ré­gion ma­ni­feste an­née après an­née.

Alors tant qu’à avoir un évé­ne­ment qui tra­verse ain­si les an­nées, aus­si bien tout mettre en oeuvre pour que ce soit un suc­cès. Que ce soit non seu­le­ment une oc­ca­sion de don­ner, mais aus­si une grande fête, une sorte de cé­lé­bra­tion de la gé­né­ro­si­té des gens de la ré­gion.

C’est ce qu’est de­ve­nu le Noël du Pauvre.

Et le soixan­tième té­lé­thon a lieu ce soir, sous la pré­si­dence d’hon­neur de Louis Audet, main­te­nant pré­sident exé­cu­tif du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de Co­ge­co et de Co­ge­co Com­mu­ni­ca­tion. C’est la deuxième fois qu’il agit comme pré­sident d’hon­neur, ce qui té­moigne, une fois de plus, de l’en­ga­ge­ment de Co­ge­co et de la fa­mille Audet dans notre com­mu­nau­té.

Mais avec la pé­riode des Fêtes qui ap­proche à grands pas, c’est un autre en­ga­ge­ment qui est sol­li­ci­té. C’est le vôtre. C’est le mien. C’est ce­lui d’une com­mu­nau­té en­vers elle- même. En­vers ses membres moins chan­ceux. En­vers ceux qui sont seuls, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un re­pas des Fêtes digne de ce nom, ceux qui ne pour­ront pas of­frir un ca­deau à leurs en­fants, ceux qui ont toutes les dif­fi­cul­tés à joindre les deux bouts, ceux qui sont ma­lades, ceux qui vivent l’iso­le­ment, la dé­tresse, la so­li­tude.

Ils sont plus nom­breux qu’on pense.

En 2017, plus de 4600 fa­milles de la ré­gion ont re­çu de l’aide dans le cadre du Noël du Pauvre. Le té­lé­thon avait per­mis d’amas­ser plus d’un de­mi-mil­lion de dol­lars.

Le mois de dé­cembre, en plus d’être in­évi­ta­ble­ment as­so­cié aux fes­ti­vi­tés, aux ras­sem­ble­ments et à la consom­ma­tion, voit se mul­ti­plier les oc­ca­sions de ma­ni­fes­ter de la gé­né­ro­si­té, de té­moi­gner de notre so­li­da­ri­té. Jeu­di, la Grande Gui­gno­lée des mé­dias a été cou­ron­née de suc­cès parce que vous avez dit oui. Parce que vous avez contri­bué. Ajou­tons à ce­la le Noël des Nôtres, le Gâ­teau la­tu­quois, les pa­niers de Noël, le par­rai­nage d’en­fants dé­fa­vo­ri­sés et on se rend vite compte que la gé­né­ro­si­té est maintes fois sol­li­ci­tée dans cette sai­son de la so­li­da­ri­té. Mais chaque fois, vous êtes nom­breux à dire oui, à ou­vrir votre coeur et à faire un geste de par­tage.

Ré­pon­dons, dans la me­sure où on peut le faire, aux ap­pels à la so­li­da­ri­té qui nous sont lan­cés en cette pé­riode de forte consom­ma­tion. Il y a long­temps que la ré­gion n’avait pas connu des taux de chô­mage aus­si bas. Mais on parle moins du fait que le taux d’as­sis­tés so­ciaux y est tou­jours plus éle­vé qu’ailleurs, que le re­ve­nu dis­po­nible y est plus bas.

Pour Noël, fai­sons en sorte que ces dis­pa­ri­tés s’es­tompent et que tout le monde puisse pas­ser des bons mo­ments. Sa­chons, une fois de plus, dé­mon­trer un peu d’al­truisme, de gé­né­ro­si­té et de sens de la com­mu­nau­té.

Fai­sons- nous le plus beau des ca­deaux: ce­lui d’ai­der et de don­ner. Ça pro­cure une belle et grande sa­tis­fac­tion.

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