So­phie Ber­nier anime le té­lé­thon du Noël du Pauvre

Le té­lé­thon du Noël du Pauvre prend l’an­tenne ce soir à 17 h

Le Nouvelliste - - LA UNE - PAULE VERMOT- DES­ROCHES pver­[email protected]­nou­vel­liste.qc.ca

TROIS- RI­VIÈRES — Il y a soixante ans, à la clô­ture de la toute pre­mière édi­tion du té­lé­thon du Noël du Pauvre, les fon­da­teurs Hen­ri Audet et Gilles Bou­let an­non­çaient avec en­thou­siasme les ré­sul­tats de la soi­rée: on avait pu amas­ser 6664 $ pour les plus dé­mu­nis. Ven­dre­di soir, en di­rect de la salle J.- An­to­nio-Thomp­son, cette dé­sor­mais grande tra­di­tion de gé­né­ro­si­té en Mau­ri­cie pren­dra l’an­tenne pour une soixan­tième fois, avec pour ob­jec­tif de ve­nir en aide à plus de 4600 fa­milles de chez nous à l’oc­ca­sion de Noël.

En soixante ans, c’est donc plus de 14 095 000 $ qui ont pu être re­dis­tri­bués aux plus dé­mu­nis à quelques jours de Noël en Maur i cie. Au cours des der­nières an­nées, c’est tou­jours un peu plus d’un de­mi- mil­lion de dol­lars que le té­lé­thon a pu al­ler cher­cher an­nuel­le­ment pour les ai­der à pas­ser un temps des Fêtes un peu plus ré­jouis­sant. L’ini­tia­tive du fon­da­teur de l’en­tre­prise Co­ge­co et de son aco­lyte au­ra cer­tai­ne­ment fait boule de neige de­puis six dé­cen­nies. Tou­te­fois, l’ani­ma­trice du pré­sent té­lé­thon, So­phie Ber­nier, i nsiste pour dire que l’or­ga­ni­sa­tion ne se fixe ja­mais réel­le­ment d’ob­jec­tif quant au mon­tant à amas­ser.

« Ce qu’on se dit, c’est que plus on amasse, et plus les fa­milles au­ront de l’aide pour l e temps des Fêtes. C’est ce qui va gui­der cha­cun de nos gestes dans l a pré­pa­ra­tion du t élé­thon, et c’est ce qui gui­de­ra cha­cune de mes i nter­ven­tions en ondes » , ex­plique Mme Ber­nier, qui en se­ra à sa troi­sième an­née à l a barre de ce grand ren­dez- vous té­lé­vi­suel.

La 60e édi­tion du té­lé­thon du Noël du Pauvre re­vê­ti­ra évi­dem­ment un pe­tit ca­chet his­to­rique, à com­men­cer par la pré­sence du pré­sident d’hon­neur, Louis Audet, pré­sident exé­cu­tif du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de Co­ge­co, mais sur­tout le fils du fon­da­teur du té­lé­thon Hen­ri Audet. Par ailleurs, tout au long de la soi­rée, des cap­sules his­to­riques re­la­tant des i mages des tous pre­miers té­lé­thons se­ront aus­si pré­sen­tées, ce qui ré­ser­ve­ra bien des sur­prises, pro­met So­phie Ber­nier.

« Ce q u ’o n p e u t c o nst a t e r, c’est que c’était t rès mi­ni­mal i s t e à l ’é poque... e t que ç a f umait beau­coup en ondes » , re­late l’ani­ma­trice en écla­tant de rire.

Lors­qu’il a fon­dé le té­lé­thon, Hen­ri Audet avait men­tion­né qu’il es­pé­rait que l’ac­ti­vi­té n’ait pas à per­du­rer dans l e temps, sou­hai­tant que la pau­vre­té puisse un jour être en­rayée du pay­sage mau­ri­cien. Or, soixante ans plus tard, force est de consta­ter que l a pau­vre­té est t ou­jours bien pré­sente dans la ré­gion, et l’or­ga­ni­sa­tion du té­lé­thon per­çoit da­van­tage l’exer­cice comme une cé­lé­bra­tion de la gé­né­ro­si­té des gens de la ré­gion. « C’est for­mi­dable de consta­ter qu’après toutes ces an­nées, les gens conti­nuent de se ser­rer les coudes pour ai­der ceux de chez nous qui en ont le plus be­soin. Il n’y a pas beau­coup de causes qui peuvent se van­ter d’être aus­si an­crées dans les tra­di­tions, d’avoir un lien aus­si fort avec la com­mu­nau­té » , constate l’ani­ma­trice.

Pour se pré­pa­rer à ce ma­ra­thon té­lé­vi­suel, So­phie Ber­nier a une nou­velle fois cette an­née te­nu à réa­li­ser elle- même les en­tre­vues avec l es bé­né­fi­ciaires de cette aide, à l’in­té­rieur de cap­sules qui se­ront pré­sen­tées du­rant la soi­rée. « Ça me nour­rit de le faire, ça donne un sens, un vi­sage à tout le tra­vail que les bé­né­voles font du­rant toute l’an­née et à la mis­sion que l’on porte sur nos épaules » , constate- t- elle.

Par­mi ces té­moi­gnages, ce­lui de cet homme qui, avec le chèque qu’il re­ce­vra de la part du Noël du Pauvre, se paie­ra un pe­tit luxe qu’il n’a ja­mais l es moyens de s’of­frir du­rant l’an­née, un steak. « Quand on en­tend ces his­toires, ça re­met bien des choses en pers­pec­tive. On pense à nous, à nos par­tys de fa­mille qui vont se ter­mi­ner en or­gie de bouffe, alors que cer­taines per­sonnes ne peuvent même pas se per­mettre de s’ache­ter du steak pen­dant l’an­née » , com­mente- t- elle.

L’ani­ma­trice dit consta­ter que le vi­sage de la pau­vre­té cô­toie bien souvent le vi­sage de la so­li­tude. « Souvent, l’un rime avec l’autre. Et ça de­vient souvent un cercle vi­cieux car la per­sonne pauvre n’au­ra pas for­cé­ment les moyens de se payer une ac­ti­vi­té, ne se­raitce que d’al­ler prendre un ca­fé, pour bri­ser l’iso­le­ment. Ça fait beau­coup par­tie de notre mis­sion, de bri­ser les pré­ju­gés et de dé­mys­ti­fier la pau­vre­té. Ce n’est pas vrai que l’on naît tous égaux mal­heu­reu­se­ment, et on ne sait ja­mais ce que la vie nous ré­serve. Per­sonne ne peut vrai­ment af­fir­mer qu’il est à l’abri d’un coup dur dans la vie » , men­tionne So­phie Ber­nier.

C’est donc aux cô­tés de ses coa­ni­ma­teurs Sé­bas­tien Bo­vet, McGilles et Jean- Phi­lippe Waut hier que l ’a ni­ma­trice mè­ne­ra ce ma­ra­thon t élé­vi­suel de sept heures, où les ci­toyens des quatre coins de la ré­gion se­ront in­vi­tés à faire preuve de gé­né­ro­si­té. Le té­lé­thon du Noël du Pauvre se­ra en ondes de 17 h à mi­nuit sur les ondes de Ra­dio- Ca­na­da Mau­ri­cie.

«

Quand on en­tend ces his­toires, ça re­met bien des choses en pers­pec­tive. On pense à nous, à nos par­tys de fa­mille qui vont se ter­mi­ner en or­gie de bouffe, alors que cer­taines per­sonnes ne peuvent même pas se per­mettre de s’ache­ter du steak » pen­dant l’an­née. — So­phie Ber­nier, ani­ma­trice du té­lé­thon du Noël du Pauvre

— PHO­TO: OLI­VIER CROTEAU

Pour une troi­sième an­née consé­cu­tive, la tâche d’ani­mer le té­lé­thon du Noël du Pauvre a été confiée à la chef d’an­tenne du Té­lé­jour­nal Mau­ri­cie, So­phie Ber­nier.

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