Le prix mi­ni­mum de l’es­sence in­exact

Le Nouvelliste - - POLITIQUE - PA­TRI­CIA CLOU­TIER pclou­[email protected]­so­leil.com

Le pre­mier mi­nistre du Qué­bec Fran­çois Le­gault s’est dit «très cho­qué» d’ap­prendre que la Ré­gie de l’éner­gie éva­lue mal le prix mi­ni­mum de l’es­sence.

Le gou­ver­ne­ment de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec a rap­pe­lé ce tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif à l’ordre jeu­di. « Le mi­nistre de l’Éner­gie va s’as­su­rer avec la Ré­gie de l’éner­gie qu’on mo­di­fie l a mé­thode [ de cal­cul du prix de l’es­sence], qui est pas ac­cep­table», a sou­te­nu M. Le­gault.

Le mi­nistre de l’Éner­gie Jo­na­tan Ju­lien sou­haite que les au­to­mo­bi­listes « paient le juste prix » à la pompe. « Je com­prends dif­fi­ci­le­ment comment ça se fait que le cal­cul de ces coûts d’ap­pro­vi­sion­ne­ment ne soit pas plus agile.»

La Ré­gie de l’éner­gie avait l’ha­bi­tude de consi­dé­rer le coût d’un ba­ril de pé­trole Brent, qui pro­vient de la mer du Nord, dans ses cal­culs pour éta­blir le prix mi­ni­mum. Sauf que de­puis quelques an­nées, les raf­fi­ne­ries qué­bé­coises s’ap­pro­vi­sionnent à plus de 50 % de pé­trole ca­na­dien ou amé­ri­cain, dont le prix au ba­ril est net­te­ment moindre.

« Le prix de ré­fé­rence n’est pas exact », a dé­plo­ré le mi­nistre Ju­lien en fin de jour­née. Il de­mande à ce que la Ré­gie de l’éner­gie trouve une so­lu­tion au pro­blème «le plus ra­pi­de­ment pos­sible», car les sources d’in­for­ma­tion sur les­quelles comp­tait la Ré­gie ont chan­gé.

« Je com­prends que ça peut être com­plexe, mais pour que la Ré­gie puisse jouer son rôle, elle doit le faire sur des bases exactes.»

PRIX TROP ÉLE­VÉ?

Le mi­nistre Ju­lien n’est pas en me­sure de dire tou­te­fois si les Qué­bé­cois ont vrai­ment payé un prix à la pompe trop éle­vé ces der­nières an­nées. Les ana­lyses pré­li­mi­naires qu’il a ob­te­nues jeu­di montrent un écart « net­te­ment moindre» que les 15 à 20 ¢ le litre d’es­sence payés en trop qu’évo­quait Le Jour­nal de Qué­bec.

Pré­ci­sons que la Ré­gie de l’éner­gie ne fixe pas le prix de l’es­sence au Qué­bec, qui est sou­mis au libre mar­ché. Sa mis­sion est plu­tôt de « sur­veiller les prix des pro­duits pé­tro­liers afin de ren­sei­gner les consom­ma­teurs à ce su­jet » . Elle éta­blit éga­le­ment un prix mi­ni­mum en des­sous du­quel les dé­taillants ne peuvent pas al­ler.

Dans un do­cu­ment en­voyé aux jour­na­listes et in­ti­tu­lé Ré­ta­blisse

ment des faits, la Ré­gie de l’éner­gie a ten­té de s’ex­pli­quer jeu­di. Elle re­con­naît que le prix du Brent « ne cor­res­pon­dait pas avec exac­ti­tude au prix du pé­trole brut ap­pro­vi­sion­né par les pé­tro­lières qué­bé­coises » . Elle a donc ces­sé de l’uti­li­ser, sans ar­ri­ver à le rem­pla­cer par un autre ou­til de me­sure. « Afin de ne pas in­duire une ré­fé­rence in­exacte pour les consom­ma­teurs, de­puis le 6 juin 2018, la Ré­gie a ces­sé de pré­sen­ter les prix du pé­trole brut de ma­nière quo­ti­dienne».

DI­ENNE, JACQUES BOIS­SI­NOT — PHO­TO LA PRESSE CANA-

Le mi­nistre de l’Éner­gie et des Res­sources na­tu­relles, Jo­na­tan Ju­lien, sou­haite que les au­to­mo­bi­listes «paient le juste prix» à la pompe.

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