552 400 $ pour les plus dé­mu­nis

Le Nouvelliste - - ACTUALITÉS - MAT­THIEU MAX- GESSLER

TROIS- RI­VIÈRES — L’al­truisme et la bonne hu­meur étaient au ren­dez-vous, ven­dre­di soir, à la salle J.- An­to­nio-Thomp­son, lors du 60e Téléthon du Noël du Pauvre. Cette an­née en­core, la gé­né­ro­si­té des gens a été sol­li­ci­tée afin d’of­frir un Noël plus heu­reux aux fa­milles de la ré­gion dans le be­soin, dont le nombre ne di­mi­nue mal­heu­reu­se­ment pas.

Au mo­ment de mettre sous presse, l’évé­ne­ment dif­fu­sé de 17 h à mi­nuit sur les ondes de Ra­dioCa­na­da avait per­mis d’amas­ser 552 400 $, qui se­ra re­dis­tri­bué équi­ta­ble­ment dans les sec­teurs des­quels ils pro­viennent. «Chaque sec­teur est au­to­nome dans l a re­dis­tri­bu­tion des dons, ex­plique Nan­cy Sa­bou­rin, chef des ser­vices fran­çais de Ra­dio- Ca­na­da en Mau­ri­cie et Centre- du- Qué­bec. L’ar­gent qui est don­né par quel­qu’un à Loui­se­ville n’ira pas à Trois-Ri­vières: il va à Loui­se­ville.»

De nom­breux ar­tistes se sont suc­cé­dé sur la scène, dont Les Res­pec­tables, Mar­co Cal­lia­ri, Steve Hill, Ma­non Bé­dard, Pas­cale Pi­card et les Pe­tits Chan­teurs de TroisRi­vières. La soi­rée était ani­mée à tour de rôle par So­phie Ber­nier, ani­ma­trice du Té­lé­jour­nal Mau­ri­cie- Centre- du- Qué­bec de Ra­dioCa­na­da, Sé­bas­tien Bo­vet, MC Gilles et Jean- Phi­lippe Wau­thier. La di­rec­tion ar­tis­tique de l’évé­ne­ment a été confiée à Mar­tine Gi­rard, du Groupe À l’in­fi­ni, et la di­rec­tion mu­si­cale a été mise entre les mains d’Yvon Bel­le­mare.

À l ’e xté­rieur des murs de l a salle J. - A.-Thomp­son, de cou­ra­geux bé­né­voles ont bra­vé l e froid, ven­dre­di, pour ré­col­ter les dons des au­to­mo­bi­listes, dans plu­sieurs villes de la ré­gion. « Les gens ont ha­bi­tuel­le­ment moins d’ar­gent sur eux, mais ce n’était pas le cas au­jourd’hui, se ré­jouit Mme Sa­bou­rin. Ça se passe très bien.»

En plus du téléthon, plu­sieurs ac­ti­vi­tés ont eu lieu au cours des der­nières se­maines pour re­cueillir des fonds pour les moins bien nan­tis. C’était le cas à Saint- Étien­nedes- Grès, où les élèves de l’école Ami-Joie- et- des- Grès ont ven­du aux Sté­pha­nois des am­poules à ins­tal­ler dans un sa­pin de Noël si­tué sur la rue Prin­ci­pale, à la Caisse Des­jar­dins de l’Ouest de la Mau­ri­cie. Le sa­pin a été il­lu­mi­né ven­dre­di soir, lors du dé­voi­le­ment du mon­tant re­cueilli par cette ini­tia­tive, soit 2312 $.

LA MI­SÈRE TOU­JOURS PRÉ­SENTE

Le Noël du Pauvre a vu le jour en 1958, à l’ins­ti­ga­tion du père Gilles Bou­let, ani­ma­teur d’une émis­sion re­li­gieuse à CKTM-TV, et de Hen­ri Au­det, pro­prié­taire de cette sta­tion de té­lé­vi­sion et fon­da­teur de Co­ge­co. Le fils de ce der­nier, Louis Au­det, pré­sident d’hon­neur du Noël du Pauvre, constate que la réa­li­té so­ciale a bien chan­gé dans la ré­gion en 60 ans.

« Quand j ’étais en­fant, l e fi­let so­cial au Qué­bec était qua­si in­exis­tant. On avait des cas ter­ribles, on les li­sait en ondes, sans nom­mer les per­sonnes. Ça pou­vait être une mère mo­no­pa­ren­tale qui vi­vait dans un l oge­ment dont l e toit cou­lait. De nos jours, il y a le lo­ge­ment so­cial, l’as­su­rance mé­di­cale gra­tuite, mais dans ce temps- là, des cas de gens très ma­lades, qui n’avaient pas d’as­su­rance mé­di­cale gra­tuite, c’était des cas sé­rieux » , ra­conte-t-il.

N’em­pêche que la mi­sère est tou­jours bien pré­sente en 2018. « Le fi­let so­cial s’est res­ser­ré, mais il y a tou­jours des gens qui ont des mal­chances, qui perdent leur em­ploi ou t ombent ma­lades, aj oute M. Au­det. Il y a tou­jours des si­tua­tions dif­fi­ciles et le Noël du Pauvre vient ai­der ces gens- là à avoir un beau Noël.»

RAJEUNIR L’ÉQUIPE

Bon an mal an, le Noël du Pauvre compte sur de très nom­breux bé­né­voles pour or­ga­ni­ser le téléthon et les ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment qui le pré­cèdent. Cette an­née en­core, ils étaient près de 2000 à mettre l’épaule à la roue. Plu­sieurs d’entre eux sont d’ailleurs des bé­né­voles de la pre­mière heure.

« Les bé­né­voles font un tra­vail ab­so­lu­ment mer­veilleux, sou­ligne M. Au­det. Il y a beau­coup de gens qui sont là de­puis 15 ans, 20 ans. D’autres, plus vieux que moi, vont dire que ça fait 60 ans qu’ils sont ici. C’est très bien, c’est très beau, mais il faut ren­trer des gens un peu plus jeunes pour que ça se conti­nue.»

Ce dé­fi n’in­quiète tou­te­fois pas Nan­cy Sa­bou­rin, qui af­firme que les bé­né­voles qui sou­haitent pas­ser le flam­beau trouvent gé­né­ra­le­ment des vo­lon­taires. « Les gens fi­nissent tou­jours par trou­ver quel­qu’un pour les rem­pla­cer, ils as­surent la re­lève, in­dique- t- elle. De ce cô­té-là, on est une or­ga­ni­sa­tion en san­té!»

— PHO­TO: KRYSTINE BUIS­SON

Des élèves du Col­lège Ma­rie- de- l’In­car­na­tion ont ré­chauf­fé les coeurs avec leur voix.

— PHO­TO: KRYSTINE BUIS­SON

Les lu­tins Lau­riane L’Hé­rault, Ra­phaelle L’Hé­rault et Lin­da Bois­vert ont re­cueilli les dons des spec­ta­teurs dans la salle J.-A.-Thomp­son.

BUIS­SON — PHO­TO: KRYSTINE

S’il était aus­si pos­sible de le faire par in­ter­net, nom­breux étaient ceux et celles qui ont dé­cro­ché leur com­bi­né pour faire un don, ven­dre­di soir.

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