« Je vais sur­vivre ! »

Le Progres de Coaticook - - Actualités - VINCENT CLICHE vcliche@le­progres.net

Mal­gré un can­cer in­cu­rable au cer­veau, Ro­sa­rio Ma­dore de­meure po­si­tif face à l’ave­nir

COATICOOK. Can­cer du cer­veau. Stade 4. Le diag­nos­tic semble in­sur­mon­table. Pour­tant, Ro­sa­rio Ma­dore re­fuse de se lais­ser abattre. « Les sta­tis­tiques ne sont peut-être pas de mon cô­té, mais je vais sur­vivre. Je vais m’en sor­tir », lance ce grand bé­né­vole, rem­pli d’op­ti­misme.

Tout a dé­bu­té le 20 jan­vier der­nier, du cô­té du Centre ré­créa­tif Gé­rard-Couillard. « Il y avait une com­pé­ti­tion de pa­ti­nage ar­tis­tique, ra­conte le sep­tua­gé­naire qui de­vait alors en­tre­te­nir la glace, bien as­sis sur la re­sur­fa­ceuse. Je ve­nais de fi­nir de par­ler à un de mes chums, puis, ça m’a pris tout mon p’tit change pour me rendre à mon bu­reau. Ma jambe ne vou­lait plus avan­cer. J’ai fait signe à Far­rah [Ca­ba­na] de ve­nir me voir et que ça pres­sait. »

Après cette convul­sion au bas du corps, M. Ma­dore a pas­sé quelques tests du cô­té du CHUS et le diag­nos­tic est tom­bé. « Je sa­vais que c’était in­opé­rable et in­cu­rable. J’étais avec mon épouse et une de mes filles et di­sons que ça pleu­rait. Ce n’était pas fa­cile. Même le mé­de­cin, que je ne connais­sais pas beau­coup, n’ar­rê­tait pas de re­gar­der son écran plu­tôt que de me re­gar­der dans les yeux. C’est dif­fi­cile li­vrer de telles nou­velles. »

« Quant à mon es­pé­rance de vie, je lui ai de­man­dé, mais il a re­fu­sé de se pro­non­cer, du moins dans l’im­mé­diat. Des fois, il m’a dit que l’état pou­vait ra­pi­de­ment se dé­té­rio­rer, tan­dis que d’autres peuvent vivre en­core plu­sieurs an­nées. Avec les trai­te­ments de ra­dio­thé­ra­pie et de chi­mio­thé­ra­pie, on peut stop­per l’évo­lu­tion. Et c’est sur ce cô­té po­si­tif que j’aime mieux me concen­trer. Quand je suis sor­ti du CHUS, j’ai pous­sé un cri et je me suis dit que j’al­lais gué­rir. Et, de­puis ce temps, di­sons que ça va bien. »

UN GRAND BÉ­NÉ­VOLE

De­puis que la nou­velle s’est ré­pan­due un peu par­tout en ville, Ro­sa­rio Ma­dore, que plu­sieurs ont re­bap­ti­sé « Ro­saire » , re­çoit une grande vague d’amour. « Je ne pen­sais pas être une per­sonne aus­si ai­mée, ri­gole-t-il. Les gens viennent me voir, s’in­forment et me disent que je suis dans leurs prières. »

Sa côte d’amour n’est cer­tai­ne­ment pas étran­gère à tout le tra­vail qu’il a ac­com­pli, que ce soit au ni­veau de la vie com­mu­nau­taire ou spor­tive de la mu­ni­ci­pa­li­té. Na­tif de Saint-Ma­lo, il a cé­lé­bré son 50e anniversaire de mariage en juin der­nier, avec Berthe Ma­dore, qu’il cré­dite pour toutes ses im­pli­ca­tions. Après avoir été tra­vaillé au Con­nec­ti­cut dans la construc­tion, il est re­ve­nu dans la ré­gion pour oc­cu­per des postes no­tam­ment chez Meubles Du­puis ain­si qu’à l’aré­na.

Il s’im­plique au sein des Che­va­liers de Co­lomb de­puis 2007, un or­ga­nisme qui fê­te­ra son 100e anniversaire en 2020. Il compte y être. « On a re­par­ti le tour­noi de golf l’an der­nier. Et, même ma­lade, j’y donne de mon temps. » Une de ses grandes peines est d’ailleurs de ne plus pou­voir s’élan­cer sur les vertes al­lées des clubs de golf de la ré­gion.

De 1979 à 2006, M. Ma­dore a joint les rangs du dé­funt Club op­ti­miste de Coaticook. L’un de ses plus beaux sou­ve­nirs a cer­tai­ne­ment été ce­lui d’avoir fait par­tie des Cé­lé­bri­tés du Foyer du sport, à l’oc­ca­sion d’un match-bé­né­fice avec les étoiles des Ca­na­diens de Mon­tréal, édi­tion 1993, ga­gnants de la Coupe Stan­ley. « C’est Jean-Pierre Du­puis qui avait or­ga­ni­sé cet évé­ne­ment et je ne pou­vais pas dire non à ça. Le stade était plein et c’était vrai­ment une am­biance spé­ciale. Tout le monde s’était ras­sem­blé pour ça, que ce soit les Op­ti­mistes, les Che­va­liers et les Ara­mis. »

Et c’est ce que Ro­sa­rio trouve in­croyable au sein de la com­mu­nau­té. « Tout le monde est tis­sé ser­ré. Peu im­porte quel or­ga­nisme tu prends, les gens s’im­pliquent. On amasse des mil­liers de dol­lars pour la Gui­gno­lée, même chose pour la marche du can­cer [Re­lais pour la vie]. Même les grosses villes ne ra­massent pas au­tant que nous », dit-il fiè­re­ment.

Et c’est jus­te­ment une par­tie de cet es­prit de com­mu­nau­té qui l’ai­de­ra fort pro­ba­ble­ment à pas­ser à tra­vers ces mo­ments dif­fi­ciles !

(Photo gra­cieu­se­té)

Ro­sa­rio Ma­dore est ici ac­com­pa­gné de sa conjointe, Berthe, avec qui il a ré­cem­ment cé­lé­bré 50 ans de mariage.

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