Comme une vraie pa­tiente

Le Progrès Weekend - - ACTUALITÉS - ANNIE-CLAUDE BRISSON

Les étu­diants en Tech­nique de soins in­fir­miers du Col­lège d’Alma ap­prennent le mé­tier grâce à une nou­velle in­ter­ve­nante in­usi­tée. L’ajout du man­ne­quin in­tel­li­gent pré­nom­mé Su­zie, qui a né­ces­si­té des in­ves­tis­se­ments de 100 000$, per­met d’of­frir un por­trait réel de ce qui at­tend les in­fir­miers en de­ve­nir. Plu­sieurs éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment col­lé­gial se sont do­tés de l’ou­til, qui n’est pas une obli­ga­tion mi­nis­té­rielle, au cours des der­nières an­nées. En plus d’être uti­li­sé en mé­de­cine de­puis plu­sieurs an­nées, les études dé­montrent sa per­ti­nence dans l’ap­pren­tis­sage des soins in­fir­miers.

« La man­ne­quin Su­zie nous ap­porte une pré­pa­ra­tion aux stages des étu­diants, à ce qui est vé­cu lors de ces pé­riodes. Ce­la per­met aus­si de faire vivre la même si­tua­tion cli­nique à tous les élèves », ex­plique l’en­sei­gnante en soins in­fir­miers et co­or­don­na­trice du pro­gramme, Mar­lène Fil­lion.

Confor­ta­ble­ment ins­tal­lée dans un lit qui se re­trouve dans une re­cons­ti­tu­tion de chambre d’hô­pi­tal, Su­zie est ac­com­pa­gnée d’une salle de contrôle et d’une salle de vi­sion­ne­ment. En salle de contrôle, les en­sei­gnants peuvent si­mu­ler dif­fé­rentes si­tua­tions et ma­laises avec la pa­tiente. Ar­rêt car­dio­res­pi­ra­toire, pneu­mo­tho­rax et baisse de la ten­sion ar­té­rielle peuvent être com­man­dés. Les en­sei­gnants font par­ler Su­zie qui, comme tous pa­tients, a des ques­tions quant à ce qui lui ar­rive.

D’ailleurs, pour la pe­tite his­toire, les étu­diants en Tech­no­lo­gies so­nores du Col­lège d’Alma ont per­mis d’amé­lio­rer la voix de la pa­tiente vir­tuelle. La vé­ra­ci­té du man­ne­quin in­tel­li­gent va aus­si loin que la pos­si­bi­li­té de sen­tir son pouls.

Avant chaque si­mu­la­tion, les étu­diants prennent connais­sance du dos­sier du pa­tient à trai­ter. En com­pa­gnie des en­sei­gnants, ils pré­parent leur in­ter­ven­tion no­tam­ment en ef­fec­tuant de la re­cherche à tra­vers les dif­fé­rents ma­nuels de for­ma­tion. La pré­pa­ra­tion à la si­mu­la­tion né­ces­site 30 mi­nutes alors que l’in­ter­ven­tion avec le man­ne­quin in­tel­li­gent dure une di­zaine de mi­nutes.

Lors du pas­sage du Pro­grès, deux élèves en pre­mière ses­sion ont vé­cu la si­mu­la­tion sous l’ob­jec­tif de notre pho­to­graphe. Elles ont très bien per­for­mé, se­lon leur en­sei­gnante, et ce, mal­gré la pré­sence d’un « agent stres­seur ».

« Puisque ce n’est pas un vrai pa­tient, on a une chance de se re­prendre, de s’amé­lio­rer. Les pro­fes­seurs nous en­cadrent en nous gui­dant sur ce qu’on au­rait dû mieux faire. Nous sommes mieux pré­pa­rées de­vant un vrai pa­tient », té­moigne l’étu­diante Va­nes­sa Gau­thier-La­rouche. « On a moins de stress. On tra­vaille avec nos col­lègues. Après l’in­ter­ven­tion, on note ce qu’on a bien fait ou non. On est tou­jours en­semble et on se com­prend dans les si­tua­tions vé­cues », ajoute Ro­sa­lie Tremblay.

Pen­dant la si­mu­la­tion d’un duo d’étu­diants, le reste du groupe ob­serve dans une salle de vi­sion­ne­ment. Celle-ci pré­sente l’image des dif­fé­rentes ca­mé­ras en plus d’un ta­bleau de bord des signes vi­taux de la pa­tiente.

Au terme des si­mu­la­tions, les étu­diants ac­com­pa­gnés des en­sei­gnants font un re­tour sur leur ac­ti­vi­té. En­semble, ils pro­cèdent à une ré­écoute des sé­quences. C’est l’oc­ca­sion de si­gna­ler les bons coups et les pos­sibles amé­lio­ra­tions. En­semble, les étu­diants par­tagent leur ex­pé­rience et les émo­tions vé­cues.

Les pos­si­bi­li­tés sont in­fi­nies pour le pro­gramme d’études. Des dis­cus­sions sont en cours afin d’ajou­ter de la com­pa­gnie à Su­zie, soit des man­ne­quins in­tel­li­gents ver­sion bé­bé et en­fant ain­si qu’un dé­fi­bril­la­teur com­pa­tible avec l’équi­pe­ment.

« Il faut se gar­der constam­ment à la page des nou­velles tech­no­lo­gies et fa­çons de faire afin de pré­pa­rer adé­qua­te­ment nos fi­nis­sants aux réa­li­tés du mar­ché du tra­vail. Nous avons cette ré­pu­ta­tion de vrai­ment axer sur le concret. C’est un bel exemple de ce qu’on peut faire en com­bi­nant les tech­no­lo­gies et les mé­thodes d’ap­pren­tis­sage », conclut le conseiller en com­mu­ni­ca­tion au Col­lège d’Alma, Fré­dé­ric Tremblay.

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