Les scien­ti­fiques sont nos al­liés

Le Progrès Weekend - - CHRONIQUE -

L’agro­nome Louis Ro­bert, qui a re­fu­sé la sou­mis­sion que vou­lait lui im­po­ser le mi­nistre de l’Agri­cul­ture du Qué­bec, se­rait-il si ex­cep­tion­nel qu’on pour­rait le croire ? L’ex­cep­tion qui confir­me­rait la règle vou­lant que la science et les sa­vants se­raient sé­pa­rés par un fos­sé ? Ces der­niers bâillon­nés et sou­mis aux dogmes des grands prêtres de la fi­nance ? Quoi qu’il en soit, le GIEC est, se­lon moi, la seule ré­fé­rence cré­dible en ma­tière de lutte aux GES.

À quoi pour­rait bien res­sem­bler une Terre où seule l’éner­gie élec­trique pour mou­voir les tran­sports se­rait la norme ? Cer­tains dé­clarent que rien, ou si peu, ne se­rait chan­gé, car, le Qué­bec mis à part, ailleurs dans le monde, la voi­ture élec­trique se dé­pla­ce­rait grâce à de l’élec­tri­ci­té gé­né­rée à par­tir d’éner­gies fos­siles. Donc, il s’agi­rait d’échan­ger quatre trente sous pour une piastre.

De plus, la pro­duc­tion de li­thium ser­vant au fonc­tion­ne­ment des bat­te­ries d’au­tos élec­triques se fait au dé­tri­ment des droits hu­mains les plus élé­men­taires. Ce qui est in­ac­cep­table. Mais, vu de cet angle, il fau­drait éga­le­ment je­ter à la dé­charge la voi­ture au gaz. Le Vé­né­zué­la, la Rus­sie, l’Iran, l’Ara­bie saou­dite pour n’en nom­mer que quelques-uns, nient à leur po­pu­la­tion les droits fon­da­men­taux.

Par ailleurs, sans en­trer dans les dé­tails, l’Al­le­magne et la Nor­vège avancent à grands pas pour mo­di­fier le pa­ra­digme en­vi­ron­ne­men­tal. Les Al­le­mands, de­puis plus de 20 ans, ont de moins en moins re­cours au char­bon, au pro­fit de l’éo­lien et du so­laire, et ça marche ! Même les em­plois de rem­pla­ce­ment créés sont plus nom­breux et, ce­la va sans dire, de meilleure qua­li­té. Les Nor­vé­giens, qui vont de­ve­nir, au pro­ra­ta de leur po­pu­la­tion, les plus grands consom­ma­teurs de vé­hi­cules élec­triques, si ce n’est pas dé­jà le cas, pro­duisent, mal­gré ce­la, beau­coup de pé­trole en mer du Nord. Mais les pé­tro­lières, qui en­ri­chissent leurs ac­tion­naires, doivent payer de fortes re­de­vances qui ali­mentent un fonds vert pour fi­nan­cer la re­cherche exé­cu­tée par des scien­ti­fiques. Et ça marche !

Bien sûr, la science sans scien­ti­fiques ne peut exis­ter. Et les scien­ti­fiques, sans des moyens pour fi­nan­cer leurs re­cherches, non plus. La vo­ca­tion seule n’ap­porte pas à man­ger.

Ce­la dit, plus les sub­sides mis à la por­tée des sa­vants pro­vien­dront de fonds pu­blics gé­né­rés par les re­de­vances de toutes sortes, moins les scien­ti­fiques, ceux du GIEC ne font pas ex­cep­tion, se­ront as­su­jet­tis à la dic­ta­ture de l’ar­gent.

Le pa­ra­digme va de­meu­rer in­chan­gé tant qu’une mi­no­ri­té trop bien nan­tie dé­ci­de­ra pour la ma­jo­ri­té. Au som­met des mul­ti­na­tio­nales, quelque 40 hu­mains contrôlent main­te­nant des ri­chesses égales à celles que pos­sède 50 % de la po­pu­la­tion du globe. Une po­pu­la­tion di­vi­sée de sur­croit sur la ges­tion du chan­ge­ment cli­ma­tique, ce qui sert à mer­veille le 1 % des plus riches.

Au Ca­na­da en par­ti­cu­lier, d’un océan à l’autre, nous sommes une po­pu­la­tion que les po­li­tiques mènent dans la confu­sion la plus to­tale à grands coups de contra­dic­tions à des fins stric­te­ment élec­to­rales. Mar­cel Lapointe Jon­quière Ré­ac­tions à la der­nière chro­nique de Sé­bas­tien Lé­vesque, pu­bliée le 11 fé­vrier et in­ti­tu­lée «Is­la­mo­phobes, les Qué­bé­cois?»

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.