COM­MENT LA TECH­NO­LO­GIE RÉVOLUTIONNE LE MODE DE TRA­VAIL

Le Progrès Weekend - - CARRIÈRES -

La trans­for­ma­tion nu­mé­rique touche toutes les or­ga­ni­sa­tions, pe­tites ou grandes.

Les vagues de chan­ge­ments tech­no­lo­giques sont fré­quentes et s’ac­cé­lèrent, de­man­dant une adap­ta­tion constante des en­tre­prises et de leurs em­ployés.

L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, l’au­to­ma­ti­sa­tion et les ou­tils nu­mé­riques bous­culent la struc­ture or­ga­ni­sa­tion­nelle clas­sique et les fa­çons de tra­vailler.

Quelles sont les nou­velles réa­li­tés des res­sources hu­maines (RH) dans ce contexte ?

Com­ment peuvent-elles ac­com­pa­gner ces chan­ge­ments ?

Le vi­rage nu­mé­rique en­traîne une mo­di­fi­ca­tion in­trin­sèque des tâches des em­ployés.

« La tech­no­lo­gie change fon­da­men­ta­le­ment la ma­nière dont le tra­vail est fait, pré­cise France Du­fresne, MBA, CRIA, lea­der ca­na­dienne de la ligne d’af­faires Ta­lent chez Willis To­wer Wat­son. Cer­taines tâches vont être sup­pri­mées, faites dif­fé­rem­ment ou en col­la­bo­ra­tion avec les tech­no­lo­gies. »

À me­sure que des ou­tils nu­mé­riques prennent en charge les ac­tions ré­pé­ti­tives ou à faible va­leur ajou­tée, les postes se pro­fes­sion­na­lisent. Le ni­veau de com­pé­tences re­quis pour les as­su­mer est donc bien plus éle­vé, ce qui cause une ra­re­té de la maind’oeuvre pour des postes spé­cia­li­sés.

« Les ou­tils tech­no­lo­giques ont éga­le­ment ré­vo­lu­tion­né les fa­çons de tra­vailler en­semble, ac­cen­tuant le par­tage d’in­for­ma­tions, et fa­vo­ri­sant une struc­ture plus ma­tri­cielle », constate Ma­rie Chan­tal Le­doux, CRHA, par­te­naire prin­ci­pale chez Le­doux Conseils. On peut dé­sor­mais tra­vailler en tout temps, de n’im­porte où, avec n’im­porte qui. Gé­rer la main-d’oeuvre comme au­pa­ra­vant est im­pos­sible. « Nous de­vons par­fois cas­ser les pa­ra­digmes des ges­tion­naires pour les ame­ner à adop­ter un nou­veau style de ma­na­ge­ment mi­sant sur la contri­bu­tion, la res­pon­sa­bi­li­sa­tion et les li­vrables en mode col­la­bo­ra­tion, plu­tôt que sur la pré­sence phy­sique », pré­ci­set-elle. Dans un contexte de pé­nu­rie

La professionnalisation des em­plois en­traîne une mu­ta­tion pro­fonde du re­cru­te­ment des ta­lents. « Notre rap­port à l’em­ploi a chan­gé et le contrat d’em­ploi lui-même évo­lue », se­lon Mme Du­fresne, qui cite no­tam­ment le re­cours à des bas­sins d’ex­perts, par­fois ex­ternes à l’or­ga­ni­sa­tion (plateformes de ta­lent, par­te­na­riats, etc.), ca­pables de ré­pondre à des be­soins ci­blés et ponc­tuels, en de­hors du sa­la­riat traditionnel.

Les res­sources hu­maines doivent éga­le­ment se rap­pro­cher des équipes dé­jà en place pour mieux ap­pré­hen­der leur nou­velle réa­li­té. Elles pour­ront ain­si éva­luer la ca­pa­ci­té des em­ployés à prendre le vi­rage tech­no­lo­gique et en­vi­sa­ger la for­ma­tion, la mise à jour des com­pé­tences ou le re­clas­se­ment, se­lon les pro­fils ren­con­trés.

La tech­no­lo­gie mo­di­fie par ailleurs la re­la­tion entre em­ployés et res­sources hu­maines. « Elle est en me­sure de pro­duire des don­nées dont les RH doivent se sai­sir pour ana­ly­ser et me­su­rer l’im­pact de la trans­for­ma­tion sur le po­ten­tiel hu­main », ex­plique Jean-Sé­bas­tien Bou­lard, CRHA, conseiller principal chez Nor­man­din Beau­dry.

« On peut dire que la trans­for­ma­tion tech­no­lo­gique d’une en­tre­prise est réus­sie lors­qu’elle ar­rive à faire conver­ger ex­pé­rience em­ployé, per­for­mance de l’or­ga­ni­sa­tion et ex­pé­rience client » se­lon M. Bou­lard. Il est donc ca­pi­tal que les RH puissent se rap­pro­cher des fonc­tions tech­no­lo­giques, pour mieux an­ti­ci­per et com­prendre les be­soins hu­mains, et ain­si gé­rer ef­fi­ca­ce­ment le chan­ge­ment. Dans ce contexte, « la tech­no­lo­gie doit res­ter un ou­til, au ser­vice de l’hu­main, et non le contraire », conclut-il.

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