Qué­bec «ignore les élus sco­laires»

Le Progrès Weekend - - CARRIÈRES - CA­RO­LINE PLANTE

Le gou­ver­ne­ment Le­gault en­tre­prend d’am­bi­tieuses ré­formes en édu­ca­tion tout en tour­nant le dos aux élus sco­laires, dé­nonce la Fé­dé­ra­tion des com­mis­sions sco­laires du Qué­bec (FCSQ), qui sou­ligne l’ab­sur­di­té de la si­tua­tion.

Plus la ré­forme est am­bi­tieuse, plus le gou­ver­ne­ment de­vrait avoir be­soin de l’en­semble des par­te­naires, a plai­dé le pré­sident de la FCSQ, Alain For­tier, en confé­rence de presse à Qué­bec, ven­dre­di.

« De­puis que le gou­ver­ne­ment est en place, il semble faire fi de son ré­seau po­li­tique sco­laire, a-t-il dé­cla­ré. Le gou­ver­ne­ment de­mande notre contri­bu­tion pour faire abou­tir ses pro­jets, mais il re­fuse de nous écou­ter pour te­nir compte de nos opi­nions.

« Force est d’ad­mettre que les dé­ci­sions sont uni­for­mi­sées et cen­tra­li­sées à Qué­bec », a-t-il ajou­té.

De­puis quelques se­maines, le gou­ver­ne­ment ca­quiste s’af­faire à mettre en branle plu­sieurs pro­jets en édu­ca­tion, y com­pris une ré­forme de la taxe sco­laire, des chan­ge­ments au temps de ré­créa­tion et l’im­plan­ta­tion de la ma­ter­nelle à 4 ans par­tout au Qué­bec.

Il planche au même mo­ment sur son pro­jet de loi pour abo­lir les élec­tions sco­laires et trans­for­mer les com­mis­sions sco­laires en centres de ser­vices.

Alors qu’il mul­ti­plie les man­dats aux com­mis­sions sco­laires, il mar­tèle qu’elles sont désuètes.

Les mi­nistres de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec manquent d’écoute, a ren­ché­ri M. For­tier, qui, ven­dre­di, a te­nu à faire une dé­mons­tra­tion de force. Il était ac­com­pa­gné pour l’oc­ca­sion d’une quin­zaine de pré­si­dents de com­mis­sions sco­laires ve­nus de toutes les ré­gions du Qué­bec.

Le mi­nistre des Fi­nances, Éric Girard, n’a d’ailleurs pas dai­gné ren­con­trer la FCSQ dans le cadre de ses consul­ta­tions pré­bud­gé­taires, a-t-il illus­tré.

Rap­pe­lons que le 18 oc­tobre der­nier, alors qu’il for­mait son conseil des mi­nistres, le pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault avait com­man­dé aux mi­nistres de tout faire pour ob­te­nir « l’adhé­sion du plus grand nombre » afin d’avoir des « ré­sul­tats ».

La « marque de com­merce » du gou­ver­ne­ment ca­quiste se­ra « la proxi­mi­té, l’hu­ma­ni­té et l’ou­ver­ture », avait-il in­di­qué.

« Près de 125 groupes ont été en­ten­dus par le mi­nistre (des Fi­nances) ou par le mi­nis­tère lors de ces ren­contres (pré­bud­gé­taires). De notre cô­té, mal­gré des re­lances mul­tiples, le bu­reau du mi­nistre nous a dit qu’il n’avait pas le temps dans son ho­raire pour nous ren­con­trer, alors que nous sommes im­pu­tables et res­pon­sables de la réus­site des élèves du Qué­bec », a dé­plo­ré M. For­tier.

Les com­mis­sions sco­laires gèrent un bud­get de plus de 10 mil­liards $. Elles sont res­pon­sables d’en­vi­ron 3300 éta­blis­se­ments pré­sco­laires, pri­maires, se­con­daires ain­si que des centres de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle et de l’édu­ca­tion des adultes.

La FCSQ de­mande un ré­in­ves­tis­se­ment en édu­ca­tion d’au moins 2,6 mil­liards $. Elle pré­cise que ce­la ne tient pas compte du fi­nan­ce­ment des prio­ri­tés du gou­ver­ne­ment : la ma­ter­nelle à 4 ans, l’heure ad­di­tion­nelle en pa­ra­sco­laire an­non­cée et la ré­créa­tion ajou­tée obli­ga­toire.

Ce­la ne tient pas compte non plus du mon­tant de plus de 900 mil­lions $ qui se­ra re­tran­ché du bud­get de l’édu­ca­tion par la baisse de la taxe sco­laire.

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