Ja­rome Igin­la en­seigne l’art de mar­quer

Le Progrès Weekend - - SPORTS - OLI­VIER BOSSÉ

«Oui, mar­quer des buts s’en­seigne. J’ai ap­pris à tous les ni­veaux, même dans la LNH. L’en­traî­neur donne des conseils, mais après, ça re­vient au joueur d’y tra­vailler par lui-même, à la mai­son.» Ve­nant de l’un des meilleurs bu­teurs de l’his­toire du ho­ckey, vaut mieux écou­ter. Ja­rome Igin­la ar­rive au 16e rang en car­rière dans la LNH avec 625 buts en sai­son ré­gu­lière. Il est l’un des 13 joueurs dans l’his­toire de la LNH à avoir ins­crit au moins 30 buts au cours de 12 sai­sons, dont 11 de suite dans son cas. Ses 101 buts ga­gnants le placent neu­vième dans ce rayon.

Après avoir dis­pu­té 20 sai­sons sur les plus pres­ti­gieuses pa­ti­noires de 1996 à 2017, Igin­la est à la re­traite. L’homme de 41 ans et père de trois en­fants passe do­ré­na­vant tout son temps... dans les aré­nas.

« Les trois jouent au ho­ckey. Ma fille de 14 ans est dans le ho­ckey sco­laire, tan­dis que je coache mes deux gar­çons, de 12 et 10 ans », a ex­pli­qué ce­lui qui pi­lote l’équipe de son deuxième, au 60e Tournoi pee-wee de Qué­bec.

Fis­ton a bien as­si­mi­lé les conseils de pa­pa, en plus de bé­né­fi­cier d’une bonne gé­né­tique, puisque Tij Igin­la a ins­crit les deux pre­miers buts des Ju­nior Eagles de Bos­ton, ven­dre­di, dans une vic­toire de 6-2 contre Team Min­ne­so­ta.

« C’est six jours par se­maine. Je suis en­traî­neur à temps plein ! Ça me tient oc­cu­pé », s’es­claffe Ja­rome Igin­la. « Tout le monde veut ga­gner, mais je dois frei­ner un peu mes ar­deurs. Ce n’est pas les grandes ligues. J’ai eu des en­traî­neurs in­tenses et ça peut être bien, mais il y a un mo­ment et un en­droit pour chaque chose », af­firme ce­lui qui dit s’être amé­lio­ré de­puis ses dé­buts der­rière le banc, l’an pas­sé.

UNE PRE­MIÈRE DE­PUIS 2014

Igin­la est venu à Qué­bec pour la pre­mière fois en sep­tembre 2014 pour un match pré­sai­son au Co­li­sée entre l’Ava­lanche du Co­lo­ra­do, avec qui il jouait, et le Ca­na­dien de Mon­tréal. Car mal­gré les suc­cès et un titre pro­vin­cial rem­por­té par l’équipe de St. Al­bert à ses an­nées pee-wee, les jeunes Al­ber­tains n’avaient pas ten­té leur chance au Tournoi de Qué­bec.

« On avait un très bon club, mais nos pa­rents trou­vaient que c’était trop loin et trop cher. J’ai re­vu cer­tains de mes co­équi­piers de l’époque et on re­grette de ne pas avoir eu cette oc­ca­sion, ne se­rait-ce pour se com­pa­rer. Mais bon, ce n’est pas ar­ri­vé. »

L’aréna de son vil­lage na­tal de St. Al­bert, juste au nord d’Ed­mon­ton, se­ra re­nom­mé en son hon­neur et les Flames de Cal­ga­ry re­ti­re­ront son nu­mé­ro 12, le 2 mars. Un hon­neur qu’il en­vi­sage avec hu­mi­li­té et un brin de ner­vo­si­té.

« Quand j’avais 12 ans, je rê­vais de jouer dans la LNH, mais pas de voir mon chan­dail re­ti­ré. Et ça me fait réa­li­ser que ça passe tel­le­ment vite ! Quand tu joues, tu es tou­jours fo­ca­li­sé sur la vic­toire et tout d’un coup, tu te ré­veilles et c’est fi­ni. Mais ça va être un beau mo­ment à vivre, mes en­fants trouvent ça cool », ex­plique ce­lui qui a ga­gné deux titres de meilleur bu­teur de la LNH et par­ti­ci­pé à six Matchs des étoiles.

Igin­la ha­bite Bos­ton, mais se voit ren­trer dans l’Ouest avec son épouse quand les en­fants au­ront ter­mi­né l’école se­con­daire et le ho­ckey mi­neur.

Il ad­met s’en­nuyer de jouer, lui qui avait ten­té un re­tour au jeu l’hi­ver der­nier, en vain. Il re­com­mence pe­tit à pe­tit à suivre les matchs de la LNH comme un simple fan. De­ve­nir en­traî­neur dans la LNH ? Pour­quoi pas, on ver­ra, dit-il.

Chose sûre, plu­sieurs joueurs pour­raient pro­fi­ter de ses se­crets sur l’art de mar­quer.

—PHO­TO LE SO­LEIL, ERICK LABBE

Ja­rome Igin­la en­traîne l’équipe de son fils.

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