Soyons bien­veillants et bien trai­tants en­vers nos ma­lades et nos aî­nés !

Le Progrès Weekend - - SPIRITUALITÉ - Chan­tale Gou­pil, Intervenant spi­ri­tuel au CIUSSS Co­or­don­na­trice du Co­mi­té des usa­gers de Chi­cou­ti­mi

La Jour­née mon­diale des ma­lades, qui se dé­roule le 11 fé­vrier de chaque an­née, nous in­vite à être so­li­daires des per­sonnes au­tour de nous qui ex­pé­ri­mentent la dure réa­li­té de la ma­la­die et de la souf­france. Cette jour­née rap­pelle la di­gni­té de toute per­sonne, qu’elle soit ma­lade ou âgée.

Cette an­née, le Co­mi­té des usa­gers et le Ser­vice des soins spi­ri­tuels du Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et ser­vices so­ciaux (CIUSSS) du Sa­gue­nay–LacSaint-Jean ont choi­si pour thème « La bien­veillance et la bien­trai­tance ». Ce thème est une in­vi­ta­tion à dé­ve­lop­per une culture de bien­veillance et de bien­trai­tance au­près des ma­lades et des aî­nés. C’est par le biais d’ate­liers de ré­flexion en Centres d’hé­ber­ge­ment de soins de longue durée (CHSLD) ain­si que par la distribution de si­gnets qu’il a été dé­ci­dé de pro­mou­voir cette an­née la Jour­née mon­diale des ma­lades et de sus­ci­ter la ré­flexion.

AS­SU­RER UNE PRÉ­SENCE AIMANTE

Lorsque la ma­la­die frappe, la pré­sence bien­veillante des gens qui en­tourent la per­sonne ma­lade est apai­sante. Et c’est ce qu’il y a de plus pré­cieux comme res­source. Quel ré­con­fort et quel sou­la­ge­ment pour cette per­sonne, lors­qu’un proche ou un membre du per­son­nel soi­gnant la traite avec res­pect et em­pa­thie ! Quelle conso­la­tion lorsque ces mots de­viennent une ex­pé­rience de vie, une convic­tion in­té­rieure que quel­qu’un est là, bien­veillant et agis­sant avec bien­trai­tance !

En tant qu’intervenant spi­ri­tuel, ma ré­flexion per­son­nelle m’oblige à re­con­naître que la ma­la­die nous conduit ra­pi­de­ment au sen­ti­ment d’im­puis­sance. Que l’on soit la per­sonne ma­lade, un proche ou un membre du per­son­nel, nous sommes brus­que­ment for­cés de re­con­naître nos li­mites et notre im­puis­sance, la­quelle ne s’as­sument pas ai­sé­ment !

Pire en­core, le ma­lade, lui, se re­trouve en exil. Il de­vra peu­têtre re­gar­der l’ho­ri­zon au­tre­ment ou, dans le meilleur des cas, as­su­mer ce qu’il fau­dra pour tra­ver­ser cet exil. Il se­ra, plus que ja­mais, face à lui­même, à ses bles­sures et à ses souf­frances pas­sées.

Il au­ra be­soin d’un Autre, qui est so­li­daire et qui l’en­cou­rage à avan­cer dans sa quête.

De là sur­gi­ront toute une ré­flexion et une re­mise en ques­tion des en­jeux or­di­naires de la vie.

Dans cer­tains cas, ce qui était au­pa­ra­vant évident ne l’est peu­têtre plus.

Les va­leurs et les croyances se re­trouvent par­fois au banc des ac­cu­sés.

La vie est alors, pour cer­tains, sai­sit au­tre­ment, avec une autre vi­sion de ce qui est es­sen­tiel !

Heu­reu­se­ment, plu­sieurs vont ar­ri­ver à dé­pas­ser cet exil pour s’en­ra­ci­ner de nou­veau et don­ner un sens en­core plus pro­fond à leur vie.

Mais ce che­mi­ne­ment et cette ré­si­lience sont im­pos­sibles à vivre sans qu’il y ait pré­sence de bien­veillance.

La bien­veillance es­tompe la brume de l’im­puis­sance en nous ré­vé­lant qu’un vivre au­tre­ment reste pos­sible.

LA MA­LA­DIE

Lieu d’épreuve et de gran­deur. Lieu de so­li­tude et de so­li­da­ri­té.

Lieu pour la science et pour son age­nouille­ment.

Lieu où l’on est face à nous­mêmes et face à l’Autre.

Lieu de so­li­da­ri­té et de dé­ta­che­ment.

Lieu de ré­con­ci­lia­tion et d’aban­don.

Lieu de ques­tion­ne­ment et de tré­sor se­cret in­soup­çon­né.

Lieu de doute et de convic­tion pro­fonde. Lieu de dé­tresse et de ten­dresse. Lieu de cé­ci­té et de lu­ci­di­té. Lieu de pu­ri­fi­ca­tion et de fausses croyances. Lieu de dé­pouille­ment. Lieu de sé­ré­ni­té. Pre­nons donc le temps d’ha­bi­ter ces lieux de crois­sance. Ni­co­las Beau­che­min,

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