POUR LE SPOR­TIF ET LA FA­MILLE

Le Progrès Weekend - - VOYAGES - JEAN-FRAN­ÇOIS NÉRON jf­ne­[email protected]­so­leil.com

À vélo, en ski, en ra­quettes ou à la marche, une vi­site dans la Val­lée des glaces du Parc na­tio­nal des Hautes-Gorges-de-la-Ri­viè­reMal­baie de­vient un pré­texte à la contem­pla­tion des lieux plus qu’à la vo­lon­té de gar­der la forme. J’ai une his­toire per­son­nelle avec les Hautes-Gorges pour y avoir été guide, puis pi­lote du ba­teau-mouche de 1988 à 1990, au mo­ment où nais­sait le parc ré­gio­nal après l’ar­rêt de la drave sur la ri­vière Malbaie. De­ve­nues un parc na­tio­nal en 2000, les Hautes-Gorges sont ou­vertes pour une pre­mière sai­son aux ac­ti­vi­tés hi­ver­nales. Même si je suis « fils du pays », comme dit un ami, je n’y avais ja­mais mis les pieds l’hi­ver. Au risque de pa­raître biai­sé, j’af­firme avoir com­blé mes pu­pilles.

Sous la neige et la glace, les hautes pa­rois ro­cheuses offrent une tout autre pers­pec­tive qu’en été. Dans le re­gard du vi­si­teur ni­ché au creux de la val­lée prin­ci­pale, elles prennent un air tan­tôt pro­tec­teur sous un ciel bleu, tan­tôt in­quié­tant par temps gris ou nei­geux. Mais tou­jours, elles dé­gagent une im­pres­sion de force tran­quille, en­ve­lop­pées d’un si­lence ab­so­lu, à l’ex­cep­tion du vent et du cris­se­ment de la neige.

L’hi­ver, le sec­teur des « eaux mortes », coeur de ce vaste ter­ri­toire de 225 ki­lo­mètres car­rés, re­tient l’in­té­rêt. Un bar­rage est tou­jours éri­gé où la val­lée gla­ciaire de­vient plus en­cais­sée. Il per­met de haus­ser le ni­veau de la ri­vière sur un peu plus de six ki­lo­mètres, jus­qu’à l’Équerre. À cet en­droit, La Malbaie tourne vers l’ouest, for­mant un angle de 90 de­grés, avant de re­prendre son cours tu­mul­tueux.

À l’époque de la drave, cette por­tion de ri­vière ser­vait de ré­ser­voir pour le bois cou­pé en amont. Au­jourd’hui, elle per­met l’été d’y na­vi­guer tran­quille­ment en ca­not comme en ba­teau­mouche. Tan­dis que l’hi­ver…

VÉLO SUR RI­VIÈRE

Le vélo à pneus sur­di­men­sion­nés, mieux connu sous son nom an­glo­phone fat­bike, est le coup de coeur de l’ex­pé­rience de deux jours vé­cue en jan­vier dans la Val­lée des glaces des Hautes-Gorges. Un sen­tier sur ri­vière est ba­li­sé et en­tre­te­nu par une mo­to­neige. Il est pos­sible de faire un al­ler-re­tour ou un al­ler simple, au gré des hu­meurs ou de la ca­pa­ci­té phy­sique. C’est ac­ces­sible aux dé­bu­tants, mais il faut quand même « faire gaffe », di­rait un dra­veur, aux en­droits où la neige ne re­cou­vri­rait pas la glace. Vous de­vi­nez que la sur­face est glis­sante.

Au pas­sage, vous jet­te­rez un oeil sur l’im­pres­sion­nante Pomme d’or, une voie d’es­ca­lade de glace pour ini­tiés seule­ment. Si la tem­pé­ra­ture le per­met, vous ar­rê­te­rez peut-être à la pointe aux Inuk­shuks.

C’est une avan­cée de roches

dans la ri­vière, ves­tige d’un ébou­lis sur­ve­nu en 1996, lors des pluies qui avaient pro­vo­qué le Dé­luge, à Sa­gue­nay.

De­puis, les vi­si­teurs s’amusent à y as­sem­bler les re­pères inuits, d’où son nom. S’il fait froid, vous pour­rez vous ré­chauf­fer dans la tente chauf­fée qui est ins­tal­lée à mi-che­min.

Le par­cours de la ri­vière se fait aus­si en ski de fond, en ra­quettes ou même à la marche, se­lon les condi­tions. Toutes ces ac­ti­vi­tés sont pra­ti­cables sur le sen­tier lon­geant la ri­vière, en­tre­te­nu par une da­meuse. Avis aux ama­teurs de pho­tos, vous ne sau­rez plus où don­ner de la len­tille.

Un autre sen­tier de fat­bike in­ter­mé­diaire de quatre ki­lo­mètres avec des pentes abruptes est amé­na­gé dans le sec­teur de l’Éra­blière, à par­tir du pont des Érables, en aval du bar­rage. La des­cente fi­nale vaut le dé­tour ; un brin d’adré­na­line en prime. La vue sur les eaux vives de la ri­vière, le cran des Érables et la fo­rêt forment un en­semble apai­sant.

DANS LES HAU­TEURS

Il faut être re­la­ti­ve­ment en forme pour em­prun­ter le sen­tier in­ter­mé­diaire des Ri­ve­rains. Au dé­part du pont des Érables, le ran­don­neur longe la ri­vière et amorce une mon­tée jus­qu’à 170 mètres de dé­ni­vel­la­tion. Mais la ré­com­pense qu’offre la vue sur la val­lée vaut l’ef­fort. Le tra­jet de neuf ki­lo­mètres, al­ler seule­ment, se ter­mine au bar­rage où se trouve aus­si le centre de ser­vices Le Dra­veur.

VI­RÉE FA­MI­LIALE

Pas be­soin d’être un ath­lète pour pro­fi­ter des beau­tés du site. Les per­sonnes qui ont une forme phy­sique li­mi­tée peuvent y trou­ver leur compte. De plus, l’en­droit se po­si­tionne dé­jà comme une des­ti­na­tion fa­mi­liale.

En ef­fet, les pa­rents et les tout-pe­tits ont ac­cès à une pa­ti­noire amé­na­gée sur la ri­vière et peuvent faire de la glis­sade sur tube. On va se le dire, ja­mais ou ra­re­ment, vous ne vous se­rez adon­nés à ces ac­ti­vi­tés dans un dé­cor aus­si ma­jes­tueux.

À l’Équerre, le sym­pa­thique sen­tier de la Chute-du-Ruis­seauB­lanc, d’un ki­lo­mètre al­ler-re­tour, per­met d’ob­ser­ver la chute gla­cée de 45 pieds de hau­teur. À la marche, en ra­quettes ou en ski Hok – skis avec peaux, plus pe­tits que des skis de fond –, la randonnée peut s’avé­rer une pre­mière aven­ture douce en fa­mille avec les nom­breuses mon­tées et des­centes de quelques pieds, ja­mais éprou­vantes, mais qui de­mandent par­fois de l’en­ga­ge­ment.

CONFORT, COMMODITÉS ET CHENILLETTE

Un sta­tion­ne­ment vous at­tend près du bar­rage des Érables où est si­tué le centre de ser­vices Le Dra­veur. Dès l’ar­ri­vée, l’acro­pole des Dra­veurs, plus haute pa­roi du parc avec ses 800 mètres, ne man­que­ra pas de vous im­pres­sion­ner. Mgr Fé­lix-An­toi­neSa­vard, au­teur du clas­sique

Me­naud, maître dra­veur, l’avait nom­mée ain­si en l’hon­neur des va­leu­reux tra­vailleurs fo­res­tiers.

Le centre de ser­vices est spa­cieux et cha­leu­reux.

On y trouve le centre de lo­ca­tion, une bou­tique, des tables pour se res­tau­rer et de l’in­for­ma­tion au­près du per­son­nel. Un foyer ajoute à l’am­biance.

À par­tir du centre, vous pou­vez aus­si lon­ger la ri­vière jus­qu’à l’Équerre en mon­tant à bord de la na­vette des glaces. Une da­meuse tire une chenillette de 22 pas­sa­gers. La durée du tra­jet al­ler dure en­vi­ron une heure. Vous pou­vez re­ve­nir au centre en na­vette ou en pra­ti­quant une des ac­ti­vi­tés dé­crites dans le texte.

Vous vou­lez pas­ser la nuit dans les Hautes-Gorges, bien au chaud ? C’est main­te­nant pos­sible, grâce à l’élec­tri­fi­ca­tion du parc. De­puis l’été, la Sépaq a construit 10 cha­lets Écho chauf­fés pour quatre à six per­sonnes avec cui­sine com­plète, deux chambres, toi­lette, douche et sa­lon avec poêle à bois. Ces cha­lets sont bien pen­sés et fran­che­ment jo­lis. Vous y dor­mi­rez comme un bé­bé, sur­tout après l’éner­gie dé­pen­sée en jour­née. Croyez-moi !

— PHO­TO LE SO­LEIL, JEAN-FRAN­ÇOIS NÉRON

22 Le fat­bike sur la ri­vière est le coup de coeur de notre vi­rée. Entre les deux cy­clistes, on aper­çoit la voie d’es­ca­lade de glace la Pomme d’or, un dé­fi pour les adeptes.

— PHO­TO COURTOISIE, SÉPAQ

1 Des ra­quet­teurs em­pruntent le bar­rage qui per­met la re­te­nue des eaux. 1

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