Un al­ler simple pour sau­ver le monde

Le Quotidien - - ENCORE PLUS - AN­NIE-CLAUDE BRIS­SON ac­bris­son@le­quo­ti­dien.com

J’ai la va­cance fa­cile. Dès que je ne dors pas dans mon lit, que ma vie se ré­sume au conte­nu d’une va­lise ou que je n’ai pas de vais­selle à faire, je me consi­dère en va­cances. Vous com­pren­drez que dans mon cas, faire l’épi­ce­rie re­lève presque de l’aven­ture.

Iro­ni­que­ment, c’est un tra­gique ac­ci­dent d’au­to­car sur une route amé­ri­caine qui m’a ou­vert les yeux sur la beau­té et la fra­gi­li­té de la vie ain­si que sur la chance de pou­voir voya­ger. Voyez-vous, c’est à la fois beau et fas­ci­nant l’être hu­main!

S’agit de pas­ser bien près de lais­ser sa vie sur le bord de la route pour avoir en­vie de re­par­tir en­core plus.

Il y a de ces va­cances plus chan­ceuses, celles qu’on tente d’im­bri­quer dans l’agen­da, au moins, une fois par an­née. Celles qui im­pliquent un vol d’avion, peu im­porte la des­ti­na­tion. En fait deux vols d’avion, faut bien y al­ler et en re­ve­nir.

C’est en met­tant les pieds dans l’aé­ro­port que je vis le plus beau mo­ment de mes voyages. Ce­la peut sem­bler sim­pliste, que vou­lez-vous, j’adore l’uni­vers de l’aé­ro­port.

Je pour­rais vous cas­ser les oreilles en chan­tant: « Il est où le bon­heur, il est où? Il est là le bon­heur, il est là».

Je pro­fite de l’ex­ci­ta­tion re­liée à l’at­tente d’em­bar­quer dans l’avion et de se rap­pro­cher de l’ul­time étape, celle de dé­cro­cher! Il y a aus­si tous ces pe­tites bou­tiques et ca­fés qui meublent l’at­tente et vident le por­te­feuille.

LES HA­BI­TUÉS DE L’AÉ­RO­PORT

Dire que cer­tains fi­nissent par se las­ser de prendre l’avion parce que c’est de­ve­nu aus­si com­mun dans leur quo­ti­dien que de faire la vais­selle.

D’ailleurs, ils font quoi de leur vie? La ci­toyenne de la ban­lieue al­ma­toise que je suis se de­mande bien tout ce que ce beau monde fait, va­lise et pas­se­port à la main.

J’ai peine à conce­voir que des gens prennent l’avion pra­ti­que­ment chaque se­maine, soit presque aus­si sou­vent que je fais la route St-Bru­no–Saguenay.

Pen­dant que je me ques­tionne quant au CV de ceux que je croise à l’aé­ro­port, cer­tains ont le sort de l’uni­vers entre leurs mains ou dans leur ba­gage à main.

Soyons francs! En ves­ton-cra­vate, mar­chant d’un pas d’une vi­tesse digne des Olym­piques, sui­vis de près par une va­lise clai­re­ment plus en forme que la mienne, ces per­sonnes ne sont pas en route vers une belle se­maine à Punta Cana.

Clai­re­ment, ils sont en route pour sau­ver le monde ou bras­ser des af­faires. Mais je pré­fère, de loin, m’ac­cro­cher à la pre­mière op­tion.

C’est Char­le­bois qui chan­tait : « Alors chu r’par­ti / Sur Qué­bec Air / Trans­world, Nord-East, Eas­tern, Wes­tern / Puis Pan-Ame­ri­can / Mais ché pu où chu ren­du ».

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