LOOP ré­vo­lu­tionne le jus de fruits

Le Quotidien - - LA UNE - MÉLYSSA GA­GNON mga­[email protected]­quo­ti­dien.com

Dans la plus pure phi­lo­so­phie de l’économie cir­cu­laire, un concept émergent dont l’ob­jec­tif est d’op­ti­mi­ser l’uti­li­sa­tion des res­sources à toutes les étapes du cycle de vie, la Chi­cou­ti­mienne Ju­lie Poi­trasSaul­nier a fon­dé l’en­tre­prise LOOP il y a deux ans. De­puis, la compagnie spé­cia­li­sée dans la fa­bri­ca­tion et la dis­tri­bu­tion de jus de fruits et lé­gumes pres­sés à froid, à par­tir de pro­duits mis de cô­té par l’in­dus­trie ali­men­taire, a le vent dans les voiles. LOOP éveille les consciences puisque la marque fait un vé­ri­table pied de nez au gas­pillage. Les pro­duits de sa gamme sont dis­po­nibles sur les ta­blettes des su­per­mar­chés, de Van­cou­ver à Saint-Jean de Terre-Neuve, et l’ave­nir semble pro­met­teur pour la PME qui em­ploie près d’une ving­taine de per­sonnes.

Dé­ten­trice d’une maî­trise en sciences de l’en­vi­ron­ne­ment et dé­ve­lop­pe­ment du­rable, la pré­si­dente de LOOP a gran­di aux cô­tés d’un père qui était amou­reux de na­ture et de grands es­paces. La Sa­gue­néenne s’est tou­jours sen­tie in­ter­pel­lée par les en­jeux en­vi­ron­ne­men­taux et ani­mée du dé­sir de pro­té­ger la pla­nète. Créer de la va­leur sans tou­te­fois ex­traire de res­sources lui pa­rais­sait le mo­dèle d’af­faires idéal.

Comme le pré­cise Ju­lie Poi­trasSaul­nier, les stan­dards de qua­li­té des su­per­mar­chés obligent leurs di­ri­geants à se dé­par­tir de pro­duits ma­raî­chers alors qu’ils sont en­core riches en po­ten­tiel. La pré­si­dente de LOOP, un mot an­glais qui si­gni­fie boucle, si­gnale que près de la moi­tié des fruits et lé­gumes pro­duits dans le monde sont je­tés, alors qu’ils sont en­core pro­pices à la consom­ma­tion.

Pour créer l’en­tre­prise, la femme d’af­faires et son par­te­naire, Da­vid Cô­té, se sont as­so­ciés au dis­tri­bu­teur Cour­chesne Larose. Grâce à l’ob­ten­tion d’une bourse de 400 000$ dé­cer­née par Re­cyc-Qué­bec en 2017, une nou­velle usine a été amé­na­gée à An­jou. L’en­tre­prise connaît une crois­sance ad­mi­rable. Au cours de la pre­mière an­née, LOOP a gé­né­ré un chiffre d’af­faires d’un mil­lion de dol­lars. Pour l’an 2, Ju­lie Poi­tras-Saul­nier parle de 2,5 mil­lions $. «On vit dans un monde ‘‘pre­mium’’, où l’ac­cent est beau­coup mis sur la qua­li­té des pro­duits. On vise les meilleurs grains de ca­fé, qui ont pous­sé au-des­sus d’une mon­tagne, les meilleures oranges pour le jus. Dans ce contexte-là, on s’est de­man­dé, au dé­but, com­ment les gens re­ce­vraient nos jus fa­bri­qués avec des pro­duits je­tés et si ça fe­rait peur aux consom­ma­teurs. On s’est ren­du compte que ç’a été tout le contraire», ra­conte-t-elle.

DÉ­PART CA­NON

LOOP a connu un dé­part ca­non. Sans même dé­ployer de cam­pagne pro­mo­tion­nelle, l’en­tre­prise d’économie cir­cu­laire a at­ti­ré l’at­ten­tion des mé­dias grâce à sa gamme ins­crite dans un cré­neau de niche et à sa mise en marché no­va­trice.

L’en­goue­ment s’est ré­pan­du

«

On s’est de­man­dé, au dé­but, com­ment les gens re­ce­vraient nos jus fa­bri­qués avec des pro­duits je­tés et si ça fe­rait peur aux consom­ma­teurs. On s’est ren­du compte que ç’a été tout » le contraire. — Ju­lie Poi­tras-Saul­nier

jusque chez les épi­ciers, eux aus­si confron­tés au gas­pillage ali­men­taire. De nom­breuses ban­nières ont li­bé­ré de l’es­pace dans les pri­sés pré­sen­toirs ré­fri­gé­rés pour ac­cueillir les jus LOOP. Quatre sa­veurs ré­sul­tant de l’amal­game d’une di­zaine de fruits et lé­gumes cha­cun forment l’offre de l’en­tre­prise. Ni sucre ni eau ne sont ajou­tés aux pro­duits pres­sés et les jus ne sont pas pas­teu­ri­sés, ce qui per­met de pré­ser­ver leur sa­veur.

Les conte­nants de 355 mil­li­litres se vendent 4,99$, ce qui peut pa­raître cher pour du jus. Or, comme le pré­cise Ju­lie Poi­tras-Saul­nier, il s’agit d’une ca­té­go­rie bien dif­fé­rente des pro­duits concen­trés, qui com­portent des ajouts pour pro­lon­ger leur du­rée de vie. La fon­da­trice de l’en­tre­prise as­sure que dans la ca­té­go­rie des jus pres­sés à froid, les bou­teilles de LOOP sont les moins chères.

Par «jus pressé à froid», on en­tend l’ac­tion de broyer les fruits et lé­gumes et de les pres­ser pour en ex­traire le jus. Dans chaque bou­teille de LOOP se trouve l’équi­valent de 1,5 kg de fruits et lé­gumes «par­fai­te­ment im­par­faits», soit une di­zaine de por­tions. Puis­qu’au­cune cha­leur n’est impliquée dans le pro­ces­sus de fa­bri­ca­tion, les jus ont une du­rée de vie de 60 jours s’ils sont conser­vés fermés et de quatre jours lors­qu’ils sont ou­verts. En­fin, comme le men­tionne Ju­lie Poi­tras-Saul­nier, l’his­toire ne se­rait pas com­plète sans que l’en­tre­prise ait pu trou­ver «une fin heu­reuse» à la pulpe ré­si­duelle.

«Pour bien bou­cler la boucle et com­bler toute la fa­mille, nous don­nons notre pulpe en­core très nu­tri­tive à une en­tre­prise qui la trans­forme en gâ­te­ries pour chiens», met-elle en re­lief.

— COURTOISIE

Les jus LOOP sont un exemple par­fait d’économie cir­cu­laire. L’en­tre­prise af­fiche une pré­sence dans les su­per­mar­chés de par­tout au Ca­na­da et sou­haite per­cer le marché amé­ri­cain.

— COURTOISIE

Frédéric Mo­nette, Ju­lie Poi­tras-Saul­nier et Da­vid Cô­té di­rigent LOOP.

— COURTOISIE

En plus de jus pres­sés à froid, LOOP vient de lan­cer trois bières lé­gères aro­ma­ti­sées faites à par­tir de pain re­jet­té. Comme quoi rien ne se perd, tout se crée.

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