UN AVE­NIR AT­TRAYANT

Les quatre com­mis­sions sco­laires de la ré­gion, aux prises avec des be­soins de per­son­nel criants, s’ar­rachent les fu­turs en­sei­gnants

Le Quotidien - - LA UNE - MÉLYSSA GA­GNON mga­[email protected]­quo­ti­dien.com

Ja­mais l’ave­nir n’a été aus­si pro­met­teur pour les fu­turs en­sei­gnants de la ré­gion. Les quatre com­mis­sions sco­laires, aux prises avec des be­soins de per­son­nel criants, s’ar­rachent les fi­nis­sants. Mar­di, lors d’une ac­ti­vi­té com­pa­rable à un exer­cice de sé­duc­tion te­nue à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Chi­cou­ti­mi (UQAC), les em­ployeurs ont tour à tour van­té les mé­rites de leurs or­ga­ni­sa­tions. Dif­fi­cile de croire qu’il y a quelques an­nées, les uni­tés d’enseignement pro­dui­saient beau­coup trop d’étu­diants pour l’offre dis­po­nible. Les jeunes en­sei­gnants pou­vaient at­tendre des an­nées avant d’ob­te­nir une tâche com­plète et la permanence re­le­vait pra­ti­que­ment de l’uto­pie. Cette époque est of­fi­ciel­le­ment ré­vo­lue. La preuve en est qu’à la Com­mis­sion sco­laire du Paysdes-Bleuets, 40 postes per­ma­nents ont été ac­cor­dés au dé­but de l’an­née 2018-2019. À la CS du Lac-SaintJean, qui couvre le sec­teur d’Al­ma et des en­vi­rons, 20 per­ma­nences ont été of­fertes.

«Vous vous de­man­dez sû­re­ment ‘‘va-t-il y avoir de la job en ré­gion au cours des pro­chaines an­nées?’’. La ré­ponse est oui. Il y en a et il va y en avoir. Il faut être réa­liste. Il y au­ra de la sup­pléance et ce ne se­ra pro­ba­ble­ment pas un poste temps plein au dé­part. Mais vous sor­tez dans le bon contexte parce que de l’em­ploi, il y en a», a dé­cla­ré le di­rec­teur ad­joint des res­sources hu­maines à la CS du Lac-Saint-Jean, Jé­rôme Ca­rette. Il s’adres­sait à une cin­quan­taine de fi­nis­sants pro­ve­nant des sept pro­grammes d’enseignement dis­pen­sés à l’UQAC. En­vi­ron 50 pour cent des étu­diants de qua­trième an­née ont par­ti­ci­pé à la séance d’in­for­ma­tion, qui était sui­vie d’ate­liers.

DES PERS­PEC­TIVES EX­CEL­LENTES

Les col­lègues de Jé­rôme Ca­rette pro­ve­nant du Pays-des-Bleuets, des Rives du Sa­gue­nay et de Jon­quière - Au­drey Pi­quette, An­dréanne Ga­gnon et Alexan­dra Cor­mier - ont abon­dé dans le même sens, in­sis­tant sur le fait qu’une pénurie de profs sup­pléants pré­vaut. Les postes sont par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­ciles à pour­voir dans cer­tains do­maines. C’est pour­quoi les pers­pec­tives d’em­ploi sont no­tam­ment ju­gées «ex­cel­lentes» en adap­ta­tion sco­laire et en an­glais, à la fois au pri­maire et au se­con­daire. Dans plu­sieurs autres sec­teurs, ces mêmes pers­pec­tives sont consi­dé­rées comme «bonnes». De l’avis de Jé­rôme Ca­rette, «bonne» si­gni­fie pra­ti­que­ment l’équi­valent d’une tâche temps plein.

«On a vé­cu une dé­crois­sance au se­con­daire, mais avec les en­fants du boom

San­dra Cou­lombe, di­rec­trice du mo­dule d’enseignement se­con­daire et pro­fes­sion­nel de l’UQAC, Claude Ouel­let, co­or­don­na­trice aux stages, Na­dia Co­dy, di­rec­trice du mo­dule pré­sco­laire pri­maire et Ca­role Cô­té, di­rec­trice de l’uni­té enseignement en adap­ta­tion sco­laire n’ont ja­mais vu au­tant de postes per­ma­nents of­ferts en édu­ca­tion. — PHOTO LE PRO­GRÈS, MARIANE L. ST-GELAIS

dé­mo­gra­phique qui sont main­te­nant ren­dus là, ça, c’est fi­ni», a mis en re­lief le res­pon­sable des res­sources hu­maines.

San­dra Cou­lombe confirme. La di­rec­trice du mo­dule d’enseignement se­con­daire et pro­fes­sion­nel de l’UQAC ex­plique que seule­ment 25 étu­diants ont joint le pro­gramme cette an­née. C’est le quart de la ca­pa­ci­té d’ac­cueil du mo­dule, qui ai­me­rait bien pou­voir for­mer as­sez de profs pour com­bler la de­mande.

«Il faut al­ler vers une va­lo­ri­sa­tion de la pro­fes­sion. En enseignement au se­con­daire, on a un nou­veau pro­gramme et de nou­velles orien­ta­tions. Il n’y a pas as­sez de belles his­toires qui cir­culent. Il faut par­ler du rôle so­cial de l’en­sei­gnant plus po­si­ti­ve­ment», note San­dra Cou­lombe, qui est heu­reuse de consta­ter que les pers­pec­tives d’em­ploi sont ré­jouis­santes.

Il y au­ra de la sup­pléance et ce ne se­ra pro­ba­ble­ment pas un poste temps plein au dé­part. Mais vous sor­tez dans le bon contexte parce que de l’em­ploi, il y en a. — Jé­rôme Ca­rette

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