De .to à .fi­ni­to

Le Quotidien - - MISSION -

Il y a quelques mois, un ami me ra­con­tait qu’alors qu’il for­mait une nou­velle em­ployée, il lui avait conseillé d’al­ler sur You­Tube pour plus d’in­for­ma­tions au su­jet d’un truc. La dame en ques­tion l’avait re­gar­dé d’un air ahu­ri tout en lui de­man­dant : « C’est quoi ça You­Tube ? »

Je tiens ici à pré­ci­ser qu’il y a à peine dix ans de ce­la, l’anec­dote ne m’au­rait pas fait ri­go­ler au­tant, mais bon, c’est pra­ti­que­ment un ex­ploit de nos jours d’ar­ri­ver à ne pas sa­voir ce qu’est You­Tube.

Mais ri­ra bien qui ri­ra le der­nier, car quelques jours après ce­la, c’était moi qui al­lais hé­ri­ter du rôle du gars qui ne connais­sait pas un truc « pour­tant si évident » lorsque mon ami Da­niel m’avait par­lé pour la toute pre­mière fois du site HDS.to. « Ben voyons, tu connais pas ça ? », qu’il m’avait dit avec le même ni­veau de surprise qui l’au­rait ha­bi­té si je lui avais dit que je com­mu­ni­quais en­core avec des té­lé­grammes.

Gros­so mo­do, pour ceux et celles qui n’ont pas un ami comme Da­niel, HDS pro­po­sait aux in­ter­nautes du conte­nu vi­déo en dif­fu­sion conti­nue, comme le font Net­flix ou tou.tv, or, à la dif­fé­rence de ces deux ser­vices, il le fai­sait de fa­çon illé­gale.

Vous dé­si­riez voir le pre­mier film de Ste­ven Spiel­berg qui est pra­ti­que­ment in­trou­vable sur la plu­part des pla­te­formes ? Vous n’aviez qu’à ta­per le nom du réa­li­sa­teur ou si­non Su­gar­land Ex­press dans la barre de re­cherche et deux se­condes plus tard, vous aviez le choix entre le re­gar­der dans une ver­sion dou­blée ou, si­non, dans sa ver­sion sous-ti­trée. Simple comme ça et com­plè­te­ment gra­tuit en plus.

Et puis hop, les plus fins re­nards l’au­ront de­vi­né étant don­né mon uti­li­sa­tion de l’im­par­fait et du pas­sé simple, mais le site a été fer­mé à la mi-no­vembre. HDS al­lait pas­ser de .to à .fi­ni­to, ou si vous pré­fé­rez, à point fi­nal.

Loin de moi l’idée de vou­loir dé­fendre bec et ongle un site qui dif­fu­sait illé­ga­le­ment du conte­nu, mais à mon humble avis, ce qui ex­pli­quait le suc­cès ful­gu­rant du site ne dé­pen­dait pas né­ces­sai­re­ment de sa gra­tui­té, mais plu­tôt de son offre en ma­tière de conte­nu fran­co­phone et de son ac­ces­si­bi­li­té.

Il faut quand même rendre à Cé­sar ce qui lui re­vient en sou­li­gnant qu’au cours des der­nières an­nées, Net­flix s’est gran­de­ment amé­lio­ré quant à son offre en ma­tière de conte­nu fran­co­phone. Or, en­core au­jourd’hui, il m’ar­rive très sou­vent de par­ler avec des gens qui ont dé­ci­dé de ré­si­lier leur abon­ne­ment, car « tous les bons films et les bonnes sé­ries sont tou­jours en an­glais ».

On peut évi­dem­ment se re­tour­ner vers tou.tv, mais sans vou­loir faire de peine à qui que ce soit, la pla­te­forme ga­gne­rait gran­de­ment à de­ve­nir plus ac­ces­sible. Alors que les pro­prié­taires de Xbox One bé­né­fi­cient d’une ap­pli­ca­tion qui leur per­met de syn­to­ni­ser le conte­nu de Tou.tv di­rec­te­ment sur leur té­lé­vi­seur, les pro­prié­taires de PS4 doivent se re­tour­ner vers leur or­di­na­teur ou leur iPad. Même chose pour les nom­breux uti­li­sa­teurs du dis­po­si­tif Ro­ku.

En fait, plus j’y pense et plus j’ai en­vie de rê­ver à un tou.tv ul­time qui, en plus de four­nir des émis­sions sur de­mande, de­vien­drait une es­pèce de coffre à tré­sors qui nous per­met­trait d’al­ler fouiller dans un ca­ta­logue bien gar­ni du cinéma qué­bé­cois et ca­na­dien.

De toute fa­çon, il fau­dra un jour ou l’autre qu’on se penche sur la ques­tion de l’ac­ces­si­bi­li­té au cinéma qué­bé­cois, car outre le site de l’ONF, il est très dif­fi­cile d’avoir ac­cès sur de­mande à un tel ca­ta­logue.

Il reste que les pro­chains mois s’an­noncent consi­dé­ra­ble­ment tu­mul­tueux quant aux dif­fé­rentes pla­te­formes de dif­fu­sion en conti­nu, car l’ar­ri­vée de Dis­ney sur le marché risque fort bien de di­vi­ser une fois de plus l’offre. Je pense no­tam­ment ici aux fa­milles qui de­vront pro­ba­ble­ment ajou­ter un ser­vice sup­plé­men­taire pour les en­fants.

Mais bon, si vous êtes de ceux et celles qui consi­dèrent en avoir suf­fi­sam­ment pour leur ar­gent avec un ser­vice comme Net­flix, vous re­mar­que­rez qu’à la suite de la ré­cente aug­men­ta­tion de leurs ta­rifs, vous n’en avez pas plus qu’au­pa­ra­vant.

En fait, plus j’y pense et plus j’ai en­vie de rê­ver à un tou.tv ul­time qui, en plus de four­nir des émis­sions sur de­mande, de­vien­drait une es­pèce de coffre à tré­sors qui nous per­met­trait d’al­ler fouiller dans un ca­ta­logue bien gar­ni du cinéma qué­bé­cois et ca­na­dien.

— PHOTO TI­RÉE D’IN­TER­NET

Gros­so mo­do, pour ceux et celles qui n’ont pas un ami comme Da­niel, HDS pro­po­sait aux in­ter­nautes du conte­nu vi­déo en dif­fu­sion conti­nue, comme le font Net­flix ou tou.tv, or à la dif­fé­rence de ces deux ser­vices, il le fai­sait de fa­çon illé­gale.

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