L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle s’in­vite au concert

Le Quotidien - - MISSION -

J’ai eu le pri­vi­lège d’as­sis­ter à la pre­mière mon­diale de l’ex­pé­rience au­dio­vi­suelle Sound of Light pré­sen­té le 28 no­vembre der­nier par la compagnie Hua­wei. C’est au Mu­sik­ve­rein de Vienne que les mé­dias étaient in­vi­tés à voir et en­tendre les ré­sul­tats de cette ex­pé­rience gui­dée par l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

Sound of Light, c’est tout d’abord une ex­pé­rience d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle ayant pour but de dé­mon­trer les ca­pa­ci­tés du nou­veau té­lé­phone Hua­wei Mate 20 pro. La par­tie vi­suelle est créée par le Nor­vé­gien Kje­til Sko­gli qui capte des au­rores bo­réales à l’aide du té­lé­phone. Les images sont en­suite ana­ly­sées par un sys­tème d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle qui dé­code les au­rores sous dif­fé­rents fac­teurs telles la taille, la forme, la vi­tesse et la lu­mi­no­si­té. Le sys­tème fait par la suite une cor­ré­la­tion entre les fac­teurs vi­suels et des fac­teurs mu­si­caux tels l’in­ten­si­té, les ar­ran­ge­ments, le tem­po et les ins­tru­ments. C’est donc dire que l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle d’un té­lé­phone est en me­sure de gé­né­rer des ex­pres­sions mu­si­cales ba­sées sur une com­bi­nai­son d’élé­ments vi­suels et mu­si­caux.

C’est au com­po­si­teur de re­nom­mée in­ter­na­tio­nale Mark Say­fritz que re­vient la tâche de tra­vailler avec le sys­tème d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle afin d’adap­ter ses ré­sul­tats en un mor­ceau de musique li­sible et jouable. Une sym­pho­nie col­la­bo­ra­tive hu­main-ma­chine est alors créée sous forme de ca­ne­vas qui est en­suite trans­mis au chef d’or­chestre du Syn­chron Stage Or­ches­tra, James Shear­man, qui a pour tâche d’or­ga­ni­ser la musique brute en une per­for­mance symphonique en di­rect. Le dé­fi de taille au ni­veau tech­nique est d’ex­ploi­ter les ca­pa­ci­tés pré­cises du pro­ces­seur Ki­rin afin d’uti­li­ser un té­lé­phone à la ma­nière d’un su­per or­di­na­teur ana­ly­sant les images pour en­suite les re­lier à une image so­nore. Par contre, nous ne sa­vons pas quel est le ni­veau d’im­pli­ca­tion de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle dans le pro­ces­sus fi­nal de la sym­pho­nie. La per­for­mance en di­rect a été fort im­pres­sion­nante, mais je dois vous avouer que je suis tout de même scep­tique. D’ailleurs, les en­tre­vues avec les prin­ci­paux ac­teurs de ce pro­jet ont été an­nu­lées à la der­nière mi­nute par Hua­wei et ils ont été rem­pla­cés par un res­pon­sable du mar­ke­ting et un in­té­gra­teur lo­gi­ciel. J’ai es­sayé d’avoir des ré­ponses claires par rap­port au rôle vé­ri­table du té­lé­phone dans la com­po­si­tion de l’oeuvre, mais sans suc­cès, ce qui ne vient pas ré­con­for­ter mon scep­ti­cisme.

Mal­gré toute la contro­verse qui en­toure pré­sen­te­ment le ma­nu­fac­tu­rier Hua­wei [NDLR Une di­ri­geante de la compagnie, re­cher­chée aux États-Unis, a été ar­rê­tée à Van­cou­ver], ce der­nier a mis le pa­quet afin d’ac­cueillir en Au­triche une ky­rielle de membres des mé­dias. Ce n’est pas toutes les se­maines que votre humble chro­ni­queur est in­vi­té «sur le bras» dans les vieux pays. Mais pour­quoi donc avoir dé­rou­lé le ta­pis rouge de si brillante fa­çon si, au fi­nal, les mé­dias n’ont pas ac­cès à l’es­sen­tiel, c’est-à-dire aux ré­sul­tats noir sur blanc de ce sup­po­sé coup de maître en ma­tière d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. L’ex­pé­rience qui s’est éche­lon­née sur une pé­riode de trois mois était-elle si peu concluante que l’on a pré­fé­ré ne pas ex­po­ser les té­nors de cette der­nière aux membres de la presse? Contrôle de l’in­for­ma­tion ou concours cir­cons­tan­ciel, le cré­mage sur le gâ­teau laisse tout de même une lé­gère amer­tume en bouche.

Si je laisse mon scep­ti­cisme au ves­tiaire, il n’en de­meure pas moins que le spec­tacle était fort im­pres­sion­nant d’au­tant plus qu’il se dé­rou­lait dans un lieu my­thique tra­çant en quelque sorte un pa­ral­lèle entre les grands maîtres de la musique clas­sique et le contem­po­rain de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. Le fu­tur n’est pas si loin­tain où la ma­chine com­po­se­ra des suc­cès de la musique pop! Quand l’hu­ma­ni­té de­vien­dra lasse de créa­ti­vi­té, les al­go­rithmes se char­ge­ront de nous faire com­prendre ce que nous de­vrons ai­mer.

Vous pou­vez voir quelques pho­tos de mon es­ca­pade vien­noise. Tous les cli­chés ont été cap­tés avec le Hua­wei Mate 20 Pro et par ses len­tilles Lei­ca. Le ré­sul­tat est im­pres­sion­nant!

PHOTO LE PRO­GRÈS, STEEVE FOR­TIN LE PRO­GRÈS, STEEVE FOR­TIN

Le grand-angle du Hua­wei Mate 20 pro offre un ren­du unique qui se dé­marque gran­de­ment de la com­pé­ti­tion.— Le Syn­chron Or­ches­tra di­ri­gé par James Shear­man a of­fert une im­pres­sion­nante per­for­mance en di­rect de la re­nom­mée Brahms Hall du Mu­sik­ve­rein à Vienne.—PHOTO

— PHOTO LE PRO­GRÈS, STEEVE FOR­TIN

Les mar­chés de Noël sont pré­sents aux 4 coins de Vienne.

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