De qui­dam à pres­sen­ti

Le Quotidien - - MISSION -

En l’es­pace d’un mo­ment, cette per­sonne connue de­puis tou­jours, aux al­lures quel­conques et au pro­fil bas, vous est ap­pa­rue au­tre­ment. Telle une ré­vé­la­tion. Aus­si ba­nale elle vous sem­blait en­core hier, aus­si at­trac­tive elle vous ap­pa­raît au­jourd’hui. Sans trop sa­voir pour­quoi, aus­si sou­dain qu’im­pro­bable, plus rien n’est pa­reil.

Rien n’a pour­tant chan­gé. Ni une ré­vi­sion des verres de vos lu­nettes ni toutes fluc­tua­tions de l’image ou de la per­son­na­li­té ne peuvent ex­pli­quer ce bou­le­ver­se­ment im­promp­tu. De qui­dam à pres­sen­ti, voi­ci la pro­mo­tion ob­te­nue par cette per­sonne qui, de­puis tou­jours, ne sus­ci­tait chez vous que l’in­dif­fé­rence. Que s’est-il pas­sé ?

En 2015, via mon blogue, je com­pa­rais le coup de foudre avec l’alerte météo des plus grandes tem­pêtes.

« Telle la tor­nade, l’amour-pas­sion frappe sans crier gare au mo­ment où l’on s’y at­tend le moins. Un re­gard, un seul suf­fit pour al­lu­mer l’étin­celle. Les cha­leurs vous pognent, vos pu­pilles se di­latent, votre coeur ga­lope tel un che­val aux grands vents, votre bouche se trans­forme en dunes du dé­sert. En l’ins­tant d’une mi­cro­se­conde, vous voi­là af­fli­gé par les feux de l’amour ! Au diable pro­jets, conjoint, pro­fes­sion, mai­son et tra­la­la. Une seule chose vous ob­nu­bile : lui ou elle. »

Lui ou elle étant par dé­fi­ni­tion l’étran­ger, l’in­con­nu, le clan­des­tin, conve­nons que cette li­néa­ture colle plus ou moins à cet in­di­vi­du fai­sant par­tie des meubles, comme le di­raient cer­tains.

L’évo­lu­tion, ce pas­sage pro­gres­sif d’un état vers un autre, ça vous in­ter­pelle ? La voi­ci peut être, l’hy­po­thèse ex­pli­quant pour­quoi avant il n’y avait rien et qu’en ce jour, tout y est.

Exit mé­ta­mor­phose, trans­for­ma­tion ex­trême, re­con­fi­gu­ra­tion to­tale du mon­sieur ou de la ma­dame en ques­tion. Se­rait-ce pos­sible que la per­sonne qui ait chan­gé, ou plu­tôt qui a évo­lué, soit en réa­li­té... vous ? Vous, et vous seul, se­riez alors res­pon­sable de la si­tua­tion, très cher.

De la neu­tra­li­té à l’in­té­rêt, de la ca­ma­ra­de­rie à l’ami­tié, du ques­tion­ne­ment à la ta­chy­car­die, il y a de ces choses dans le pro­ces­sus évo­lu­tif qui mènent, sans crier gare, au dé­ve­lop­pe­ment sen­ti­men­tal, voire à l’éveil amou­reux.

Pour ce­ci, par contre, il faut qu’il y ait dis­po­ni­bi­li­té, ou­ver­ture, voire un mi­ni­mum de lâ­cher-prise par rap­port aux autres, mais en­core plus à ses propres res­sen­tis.

Le fan­tasme sexuel est sou­vent le pre­mier à se ma­ni­fes­ter, n’est-ce pas ? Quelle ne fut pas cette surprise d’ima­gi­ner cette per­sonne nue, sous vos draps, ca­pables des plus chauds câ­lins ou, pire, apte à pro­vo­quer chez vous les tré­mo­los phy­siques de l’ex­ci­ta­tion sexuelle. Tout un cham­bar­de­ment !

De la neu­tra­li­té à l’in­té­rêt, de la ca­ma­ra­de­rie à l’ami­tié, du ques­tion­ne­ment à la ta­chy­car­die, il y a de ces choses dans le pro­ces­sus évo­lu­tif qui mènent, sans crier gare, au dé­ve­lop­pe­ment sen­ti­men­tal, voire à l’éveil amou­reux.

Après la surprise suivent les émo­tions trop sou­vent tues, ba­fouées ou re­fou­lées. La bonne idée reste of­fi­ciel­le­ment de les re­con­naître, mais en­core plus de les écou­ter. Que se passe-t-il ? Qu’en est-il ? Où en suis-je ? De bonnes pistes à suivre.

Fi­na­le­ment viennent les sen­ti­ments. Étant de celles qui croient qu’il n’y a ja­mais de fu­mée sans feu, se­rait-ce pos­sible que de vi­rer son ca­pot de bord pour un tiers té­moigne d’un sen­ti­ment, quel qu’il soit, plus pro­fond ? À vous de ré­pondre.

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