Pe­tites ha­bi­tudes, gros ré­sul­tats

Le Quotidien - - ARTS ET SPECTACLES -

au monde. Oui, la mé­thode du « poin­ter et nom­mer » a l’air un peu niai­seuse. Mais les ré­sul­tats sont au ren­dez-vous.

Elle ré­duit les er­reurs jus­qu’à 85 % et les ac­ci­dents de 30 %.

J’ai ap­pris tout ça ré­cem­ment dans le très utile livre Ato­mic Ha­bits (non tra­duit en fran­çais), du blo­gueur James Clear. Mais ce n’est pas la pre­mière fois que je lis sur ces pe­tites ha­bi­tudes qui donnent de grands ré­sul­tats.

La plus sur­pre­nante concerne le pou­voir des listes à co­cher, qu’on ap­pelle plus com­mu­né­ment les « chek­clists ».

Le chi­rur­gien Atul Ga­wande a écrit il y a quelques an­nées le livre The Che­ck­list Ma­ni­fes­to dans le­quel il plai­dait pour l’uti­li­sa­tion de ce moyen simple pour ré­duire les er­reurs dans des mi­lieux de tra­vail de plus en plus com­plexes.

Les pro­fes­sion­nels de la san­té en sont un bon exemple. Il y a 10 ans, l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té (OMS) es­ti­mait que les connais­sances mé­di­cales per­met­taient d’iden­ti­fier plus de 130 000 syn­dromes, ma­la­dies et bles­sures (ima­gi­nez au­jourd’hui).

Les pro­fes­sion­nels de la san­té doivent en sa­voir tou­jours plus. Cette se­maine, par exemple, le débat sur le bac obli­ga­toire pour les in­fir­mières et re­ve­nu sur la table. Les for­ma­tions sont plus longues, les tech­no­lo­gies de plus en plus avan­cées. Mais au­cune équipe mé­di­cale ne peut être om­ni­sciente.

Le pro­blème, ex­plique Ga­wande, n’en est pas un de sa­voir, mais d’in­ap­ti­tude : on a du mal à se sou­ve­nir, à or­ga­ni­ser et à ap­pli­quer le sa­voir dont on dis­pose. Et on conti­nue à faire des er­reurs, par­fois fa­tales, en mé­de­cine, dans les transports ou ailleurs.

Mais pas be­soin d’in­ves­tir des mil­lions de dol­lars dans la der­nière tech­no­lo­gie pour que les choses s’amé­liorent. Il existe une so­lu­tion plus simple : une liste à co­cher. Celle-ci doit conte­nir les étapes es­sen­tielles que les pro­fes­sion­nels ne doivent sur­tout pas ou­blier. La liste à co­cher d’un chi­rur­gien, par exemple, contient une courte liste d’étapes in­cour­tou­nables à com­plé­ter avant une opé­ra­tion. Par exemple, de de­man­der à un pa­tient la liste de ses al­ler­gies avant de l’opé­rer...

La stra­té­gie est si ef­fi­cace qu’en 2008, l’OMS a dé­ci­dé que l’uti­li­té des « listes de contrôle chi­rur­gi­cales » de­vait faire l’ob­jet d’une éva­lua­tion of­fi­cielle. Un an plus tard, les re­cherches ont confir­mé que la sé­cu­ri­té des pa­tients s’amé­lio­rait si­gni­fi­ca­ti­ve­ment avec l’uti­li­sa­tion d’une che­ck­list.

La stra­té­gie a été adop­tée dans de nom­breux hô­pi­taux à tra­vers le monde. En 2010, l’Hô­pi­tal gé­né­ral juif de Mon­tréal a été le pre­mier hô­pi­tal au Qué­bec à adop­ter la che­ck­list de l’OMS.

Et vous, est-ce qu’une liste à co­cher — ou à nom­mer et poin­ter — pour­rait vous être utile au tra­vail ou même, à la mai­son ? James Clear donne le truc de sa femme qui pointe et nomme les trois ob­jets qu’elle doit ab­so­lu­ment em­por­ter avant de par­tir de chez elle : « J’ai mes clés, mon té­lé­phone, mon por­te­feuille », dit-elle en les mon­trant du doigt.

Elle ne les ou­blie ja­mais.

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