LES 7 PÉCHÉS CA­PI­TAUX DES CONSEILLER­S

Un code d’éthique re­mis aux élus de Saguenay fait ré­agir

Le Quotidien - - LA UNE - PA­TRI­CIA RAINVILLE prain­[email protected]­quo­ti­dien.com

Un code d’éthique re­mis aux élus de Saguenay et fai­sant ré­fé­rence aux sept péchés ca­pi­taux en a cho­qué plus d’un, il y a quelques se­maines. Cer­tains conseiller­s mu­ni­ci­paux se sont plaints, sur­tout en rai­son du titre à conno­ta­tion re­li­gieuse, ce qui a pro­vo­qué une cer­taine tem­pête à l’in­terne.

L’his­toire s’est pro­duite il y a en­vi­ron un mois et de­mi. Tout a com­men­cé lorsque la gref­fière de Saguenay a pré­sen­té le code aux 15 conseiller­s mu­ni­ci­paux. Le code avait été ini­tia­le­ment ap­prou­vé par la mai­resse Josée Né­ron, qui était tou­te­fois en va­cances lorsque la pré­sen­ta­tion a été or­ga­ni­sée. Si le conte­nu du­dit code n’a pas cho­qué outre me­sure les élus, c’est plu­tôt le titre et les ré­fé­rences à la re­li­gion catholique qui n’ont pas pas­sé. La plu­part d’entre eux se sont d’ailleurs dits fort mal à l’aise.

« Il s’agit d’un aide-mé­moire pour nous évi­ter de nous mettre les pieds dans les plats. Évi­ter les conflits d’in­té­rêts et les abus de confiance par exemple », a ex­pli­qué un conseiller mu­ni­ci­pal de Saguenay, in­ter­ro­gé à ce su­jet par Le Quo­ti­dien. D’ailleurs, nous avons dis­cu­té avec plu­sieurs élus, au cours des der­niers jours, à ce pro­pos. S’ils ont bien vou­lu nous éclai­rer sur cette his­toire, ils ont pré­fé­ré ne pas être ci­tés pu­bli­que­ment.

« Le do­cu­ment dit, par exemple, qu’un conseiller peut ai­der des or­ga­nismes, mais ne peut pas ai­der un in­di­vi­du en par­ti­cu­lier. Ce sont des bases pour qu’on ait une at­ti­tude et des fa­çons de faire qui ré­pondent aux lois mu­ni­ci­pales et c’est bien cor­rect. Mais lors­qu’on voit un titre à conno­ta­tion catholique comme Les sept péchés ca­pi­taux, ça n’a pas de rap­port. On a dé­jà un pas­sé avec l’ex-maire Jean Trem­blay, on n’a pas be­soin de re­ve­nir avec la re­li­gion catholique », a sou­li­gné un élu.

In­utile de rap­pe­ler que la fer­veur re­li­gieuse de l’an­cien maire de Saguenay, Jean Trem­blay, était re­con­nue à l’échelle pro­vin­ciale. Il s’est ren­du jus­qu’en Cour su­prême pour qu’il puisse pra­ti­quer la prière avant la te­nue de la séance du con­seil. Après une ba­taille de plu­sieurs an­nées, il avait fi­na­le­ment été dé­bou­té. « Ça n’est pas la fin du monde, mais dans un contexte de laï­ci­té, c’était plu­tôt mal avi­sé », a ajou­té un autre conseiller ques­tion­né par Le Quo­ti­dien.

Après la pré­sen­ta­tion du code de dé­on­to­lo­gie, des conseiller­s ont ques­tion­né la gref­fière et lui ont fait part de leur mé­con­ten­te­ment. Une lettre, si­gnée par des élus, a éga­le­ment été ache­mi­née au ca­bi­net de la mai­resse de Saguenay, Josée Né­ron, pour que le titre soit chan­gé et ain­si s’en dis­so­cier. Fi­na­le­ment, le guide a été conser­vé in­té­gra­le­ment, mais quelques ren­contres hou­leuses ont eu lieu.

PI­QUÉ AU VIF

Si cer­tains ont par­lé de mal­adresse, d’autres conseiller­s mu­ni­ci­paux ont été da­van­tage pi­qués au vif, cette fois concer­nant le conte­nu du guide. « On n’a plus le droit de rien faire. Par exemple, on n’a plus le droit de par­ler aux fonc­tion­naires », a sou­li­gné un conseiller, ir­ri­té.

Cer­tains se sont sen­tis vi­sés per­son­nel­le­ment par des péchés en par­ti­cu­lier.

EX­TRAITS : «La gou­ver­nance mu­ni­ci­pale et les bonnes pra­tiques de l’élu ou com­ment pré­ve­nir les sept péchés ca­pi­taux!» «Les prin­ci­paux pièges dans les­quels, en toute bonne foi, un élu risque de com­mettre l’un des sept péchés ca­pi­taux.»

— AR­CHIVES LE QUO­TI­DIEN

Un code de dé­on­to­lo­gie a pro­vo­qué une cer­taine tem­pête, il y a quelques mois, à l’hô­tel de ville de Saguenay.

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